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POLITIQUE POUR LES AÎNÉS (2)

« Y’a des vieux qui l’ont l’affaire! »

Par: Joffre Grondin

Une trentaine de personnes assistaient pour représenter les aînés

Une trentaine de personnes assistaient pour représenter les aînés

La trentaine d’aînés à l’Hôtel de Ville de Saint-Georges, le 27 mars, étaient sous un feu roulant de questions. L’équipe réunie par la ville et animée par Carole Paquet cherchait à réunir des informations de ces aînés dans le but d’écrire un plan d’action pour la politique des aînés de Saint-Georges, comme il se fait dans à peu près toutes les municipalités ces temps-ci.

En 2011, 16 % de la population québécoise avait plus de 65 ans, alors que ce sera le cas de 26 % de la population en 2031. On ne peut pas déterminer si les gens présents représentaient un échantillonnage de la population en général, mais d’après les réponses, on peut supposer que non. Ces personnes — entre 60 et 75 ans environ — conduisaient presque toutes un véhicule et la variété d’activités qu’ils pratiquaient était presque stupéfiante.

Surprise et stupéfaction

Beaucoup de points étonnants ont été soulevés, dont la résurrection de l’idée que l’Église l’Assomption pourrait être transformée en Centre culturel, mais le doctorat es stupéfaction est décerné à cette dame d’une soixantaine d’années dont un des loisirs est de couper du bois en 6 et en 12 pieds sur sa terre à bois.

L’échantillonnage n’était peut-être pas représentatif de toute la société, mais l’était parfaitement de la couche active et allumée de ce qu’on pourrait appeler une nouvelle race d’aînés actifs, informés, curieux, qui ont « sorti » comme on dit, et qui ont, durant la réunion, « sorti » beaucoup de suggestions et d’idées qui allaient très au-delà des questions, justifiées évidemment. Quand on veut des données, il faut poser des questions. Voici des exemples, avant de revenir au « très au-delà ».

Questions avant l’au-delà

Sur l’implication sociale: faites-vous du  bénévolat dans des organismes, dans la famille ou dans le voisinage ? La moitié environ répond positivement à chaque question. Déduction rapide, à peu près tout le monde fait du bénévolat. Où prenez-vous vos informations ? Tous lisent les journaux, 12 sur 30 à la radio et la moitié sur internet. Sautons la glace sur les trottoirs, les passages pour piétons et l’éclairage. Les installations sportives (parfa!), sécuritaire comme ville (oui quasi unanime) et autres.

Sylvie Lessard, Line Turgeon, la conseillère Manon Bougie et Yves K Laflamme formaient l'équipe formée par la Ville. Une écoute attentive.

Sylvie Lessard, Line Turgeon, la conseillère Manon Bougie et Yves K Laflamme formaient l’équipe formée par la Ville. Une écoute attentive.

L’au-delà, c’est l’échange

Ce qui devient vraiment intéressant se passe un peu entre les questions, ou comme réponse qui va plus loin que la réponse attendue. On constate que malgré toutes les activités, la solitude est présente et ce qu’on veut vraiment, que l’on exprime très différemment, c’est l’échange. Les réflexions rappellent cette chanson de Claude Dubois qui dit « seul dans la foule comme en forêt ».

On cherche l’échange, l’impalpable échange. En fait, on sait qu’il y a eu échange seulement après coup, alors qu’on se sent un peu comme un verre que l’on vient d’emplir d’eau, comme si le verre se désaltérait lui-même de l’eau qu’il contient.

Des lieux de rencontre

Voici des citations qui pointent dans cette direction de recherche d’échange. « Ce qui manque, c’est un lieu de rencontre, d’échange ». Et plus, « Une maison des aînés comme à Saint-Joseph, un lieu neutre où on peut socialiser, ou simplement regarder la TV ». Des interrogations « Pourquoi les deux Fadoq ne sont-ils pas ensemble ? On dirait que la rivière divise encore la ville ». Comme à Lac-Etchemin, « un grand centre communautaire qui réunit tous les organismes ». Il faut « des activités intergénérationnelles pour partager ce qu’on sait ».

Pratique

Et ce superbement pratico-pratique de celle qui peut le faire, mais qui s’ennuie de le faire seule, « On voudrait de la cuisine collective ». Et dans la même veine, il faudrait avoir « accès à des services quand on a des problèmes à la maison, des réparations ». Ces deux interventions à elles seules mériteraient une étude plus poussée. Tout le monde mange. Des talents de cuisinière se perdent, par manque de contexte qui les ferait refleurir. Et combien de bricoleurs avec 50 ans et plus d’expérience ne demandent qu’à agir ou conseiller. Exploitons nos richesses humaines.

Un dossier qui couvait sous la cendre

« Dans le domaine des équipements socioculturels, les infrastructures sont à revoir, et il faut prendre le temps de…. » lance quelqu’un de particulièrement articulé. Et comme en écho, « il ne faut pas oublier l’église l’Assomption qui pourrait faire un Centre culturel », complète un autre.

On aurait pu penser que quelques brèves paroles d’un homme d’affaires connu auraient fait long feu, mais on dirait que les visionnaires ont une audience de minivisionnaires dans lesquels le bon grain pousse.

Carole Paquet

Carole Paquet

Un récent sondage Crop plaçait les Québécois à 57 % à se déclarer catholiques. Seulement 12 % était pratiquant. Pour le reste, ce n’était que baptêmes, mariages et funérailles. Un peu comme du folklore.

Les paroisses sont en transition. Une ville comme Saint-Georges avec deux églises, l’une étant clairement un monument historique, un site patrimonial qui doit être conservé, et l’autre que la population dans un avenir prochain devra se résoudre à prendre une décision à savoir comment l’entretenir.

Les différents évêchés ont déjà transformé des églises à travers la province. Il y a déjà des plans à consulter. Le 57 %, qui est peut-être plus élevé, est favorable à l’idée de garder ces lieux de culte qui font partie de notre histoire, mais de les adapter.

« Ce qui manque, c’est un lieu de rencontre, d’échange », a mentionné quelqu’un. Les églises ont été dans l’histoire du Québec un lieu de rencontre. Le perron de l’église, un lieu d’échange. Le temps est venu, en tout respect de la tradition, d’en faire une extension adapté au monde moderne.

Et si…

…tout d’un coup que tous ceux qui prétendent que les Québécois ont abandonné la religion se trompaient. Et si, tout doucement et tout simplement, ils avaient absorbé les principes fondamentaux de ce que l’Église prônait, à un degré élevé, au-delà des « signes sensibles », assez élevé pour en appliquer les principes dans leur quotidien.  De bons citoyens. Oubliez la commission Charbonneau, je parle du peuple, du citoyen, pourquoi pas de ceux qu’on appelle de souche, les Québécois, dont certains sont de 11 ou 12e génération, le « bon monde » quoi.

Ne venez pas me dire qu’il y en a d’autres, on le sait, c’est connu. On peut quand même se donner le droit de parler de nous de temps en temps, du Québec profond, de la Beauce profonde.

Et tout ce monde qui ne fréquente plus l’église, dont beaucoup d’aînés, mais qui la reconnait comme lieu de rencontre, pourquoi ne se mettraient-ils pas ensemble pour continuer le travail de nos ancêtres, version 21e siècle.

Excusez-la !

On peut lire la première partie ici : http://beaucemagazine.com/?p=10368

 

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