Le président des TASBI, M. Pascal Jacques a apporté plusieurs arguments.

Les Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce inc. (TASBI) organisme qui dessert les territoires de la Beauce, de Bellechasse et des Etchemins a dénoncé, à l’occasion d’une conférence de presse, au Journel de Saint-Joseph, jeudi matin l’iniquité en matière de services ambulanciers pour les citoyens de la région, qui sont moins bien desservis comparativement à d’autres milieux ruraux dans la province.
Les 120 travailleurs sont regroupés dans les services ambulanciers CAMBI de Beauceville et Marlow à Saint-Gédéon de Beauce.

Selon le président de l’organisme, M. Pascal Jacques, lui-même paramédic, les horaires de faction expliquent le délai de réponse inacceptable et les conséquences trop souvent malheureuses pour les malades en situation d’urgence. « Nous voulons que les citoyens de la région connaissent le portrait réel de la situation.
On peut aussi entendre un extrait de l’intervention de M. Pascal Jacques en cliquant sur le lien suivant:
[audio:https://beaucemagazine.com/wp-content/uploads/2011/11/Pascal-Jacques.mp3|titles=Pascal Jacques]
Le départ de l’ambulance après un appel se fait en moins d’une minute sur un horaire de travail régulier. Pourtant dans la région, en raison des horaires de faction, on parle plutôt d’un départ 8 minutes après l’appel environ. Quand on sait qu’en situation d’urgence, les premières minutes d’intervention sont précieuses, cela fait la différence entre un patient sauvé ou sans séquelles et un patient décédé ou avec des séquelles graves. La situation serait très différente si le paramédic travaillait sur un quart de travail à l’heure. il serait prêt à intervenir en tout temps », a expliqué Pascal Jacques.

Le docteur Steeve Couillard a également apporté un témoignage lors de la conférence de presse en apportant des précisions sur les conséquences des délais qui pouvaient se produire lors d’un retard dans l’arrivée d’une ambulance. On peut l’écouter en cliquant sur la vidéo suivante :
httpv://www.youtube.com/watch?v=bS-cGybb0oU
Au travail, mais à la maison
Les horaires de faction auxquels sont soumis les paramédics impliquent qu’ils doivent être disponibles 24 heures sur 24 pendant 7 jours. S’ils sont appelés d’urgence, ils doivent s’habiller, quitter leur domicile, aller récupérer leur ambulance et se rendre sur les lieux de l’appel. En hiver, le délai de réponse est considérablement augmenté, car le paramédic doit aussi tenir compte des situations climatiques. « On ne parle ici que des horaires de faction, mais il y a aussi les cas où, en raison du manque d’effectifs, aucune ambulance n’est disponible dans un territoire pour répondre à un appel d’urgence », a ajouté M. Jacques.
À l’avant-garde en innovation, mais pas en matière de services
Les paramédics sont d’autant plus déçus de la situation que les membres de TASBI ont appliqué au cours des dernières années plusieurs projets-pilotes.

« Nous avons investi dans des projets innovateurs et plusieurs nouveautés et améliorations des services ambulanciers ont d’abord été testées dans notre région. Nous sommes reconnus comme une organisation dynamique, innovatrice et, pourtant, nos citoyens sont parmi les moins bien desservis au Québec. C’est incompréhensible », a indiqué Alain Busque, paramédic depuis plus de 30 ans.

« C’est frustrant de ne pas pouvoir donner un service adéquat à la population. On fait ce métier-là pour aider les gens et sauver des vies. Nous devons sans cesse améliorer nos compétences et nous perfectionner par de la formation continue. Par contre, nous n’avons pas suffisamment de moyens pour répondre plus rapidement à un appel d’urgence. Au lieu de mettre en pratique ce qu’on apprend, on doit plutôt aller annoncer à des familles que, malheureusement, on n’a rien pu faire parce qu’on est arrivé trop tard », a précisé Christian Duperron, paramédic depuis 2005.
Les paramédics souhaitent se faire entendre auprès du gouvernement afin de trouver une solution équitable pour tous les résidents de la Beauce, de Bellechasse et des Etchemins. « Nous déplorons la situation, d’autant plus que dans d’autres régions rurales, comme la Gaspésie et le Saguenay/Lac-Saint-Jean, les paramédics ont des horaires de travail réguliers et sont donc en mesure de répondre aux appels dans un délai rapide. Nous lançons un appel aux élus des différentes municipalités et aux citoyens : joignez votre voix à la nôtre! Vous avez droit à des services d’urgence dans des délais acceptables », a conclu Pascal Jacques.
À propos de TASBI
TASBI (Travailleurs ambulanciers de Beauce inc.) a été fondée à l’été 1987 par Denis Bergeron, Gilbert Perreault et Jacques Roy. Exclusivement composés de paramédics, le conseil d’administration et le conseil exécutif de l’organisation comprennent bien la réalité du terrain et sont en mesure de prendre les bonnes décisions en faveur des paramédics. TASBI compte près de 120 membres dans deux compagnies ambulancières distinctes de la grande région de Chaudière-Appalaches.
