Robert Busque, un Beauceron rendu ailleurs. Voici quatre générations, saisies en février 2000. Robert, 58 ans, avec sa mère Marie-Rose qui tient Félix sur ses genoux et Esther, fille de Robert.

Dans les années 50, beaucoup de Québécois ne trouvaient pas évident de prendre la relève de la ferme familiale. L’appel de la grande ville jouait beaucoup dans le cœur des jeunes de la campagne. En Beauce, la situation était la même.
Pour les parents de l’époque cependant, Montréal était synonyme de perdition et de débauche. Ne l’avait-on pas assez souvent entendu en chaire ? Mais l’avenir est aux audacieux.
Pour Robert Busque, l’appel de la grande ville a été entendu en 1958.
Deux gars, deux copains, Robert Busque, fils d’Arthur et son copain Jean-Guy Poulin, de Beauceville, échafaudent un plan afin de convaincre leurs parents respectifs de les laisser partir, non pas pour Montréal, mais plutôt pour Saint-Denis-sur-Richelieu où le travail ne manque pas pour des garçons vaillants et forts qui viennent de la campagne. Les Beaucerons ont déjà la réputation d’être robustes et solides.

C’est donc sans difficulté que nos deux gaillards quittent la Beauce pour se rendre travailler dans la région du Richelieu, où ils demeureront quelques mois, pour ensuite mettre leur plan à exécution, en filant, sur le pouce, vers Montréal où ils se sont trouvés un emploi assez rapidement. Voici d’ailleurs comment Robert s’en rappelle dans cet extrait.[audio:https://beaucemagazine.com/wp-content/uploads/2012/05/Extrait-dentrevue-Robert-Busque1.mp3|titles=Extrait d’entrevue Robert Busque]
Cinquante-quatre ans plus tard, nous avons rencontré l’ex-fugueur à Laval où il réside maintenant. Il nous souligne que ses passages en Beauce ont toujours été réguliers.

Robert Busque vient d’une famille assez connue dans le secteur de Beauceville. Son père était Arthur Busque à Alphonse, un cultivateur, qui restait en haut de la côte du raccourci, dans le rang Saint-Alexandre à Beauceville, où était la ferme familiale. Aîné de 10 enfants. Deux sont morts en bas âge. Robert, Jeannine, Éphrem, Francine, Monique, Marielle, Jacinthe et Serge. Ce dernier avait repris la ferme familiale, il est décédé récemment.
Robert a épousé, en 1968, une enseignante, Thérèse Déry, originaire de Saint-Adelphe, en Mauricie. Le couple a eu deux filles, dont l’une est policière à Laval.

Opérateur de pelle, ou plus précisément excavateur, Robert Busque a pris sa retraite récemment. Il a eu aussi son entreprise sous la raison sociale des Entreprises MABU Inc. Au début des années 1980, durant la crise financière, il est retourné dans la Beauce avec sa conjointe et ils sont retournés vers Montréal quelques années plus tard.
Avec des membres de sa famille, Robert est propriétaire d’une érablière qui porte le nom de SMER inc., dans le rang Saint-Alexandre Ouest. SMER pour les noms de Serge, Marcel, Éphrem et Robert.

Ce n’est pas parce qu’il est à sa retraite que Robert se tourne les pouces, oh non, il s’implique entre autres dans les œuvres des Chevaliers de Colomb, Conseil 6035, de Fabre où il a été honoré l’automne dernier comme Chevalier du mois pour son bénévolat.


