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LES ÉBATS DES CHEFS

Une bouillabaisse

Par: Joffre Grondin

Le premier débat des chefs pour l’élection provinciale de 2012.

Si vous n’avez pas écouté le premier débat des chefs le 19 août 2012, lors de la campagne électorale, il est inutile de lire ceci. Si vous l’avez regardé… pas sûr si ça vaut la peine, mais c’est sûrement moins souffrant que les deux heures sans pauses publicitaires. Vessie y aller ou non ?

Pour ce premier débat des chefs, la bouillabaisse était au menu. C’était le dimanche 19 fous. Les invitées étaient deux grand-mères et deux malins. L’une des grand-mères en était à sa première expérience, et après un départ un peu lent avec les marmites, elle a réussi sa sauce sans rien renverser.

Une grand-mère bien fine qu’on aimerait avoir parce qu’elle est pas mal bien informée et qui doit être plaisante à jaser. Difficile de saisir ce qu’elle venait faire dans cette galère, mais vous aurez reconnu Françoise David.

L’autre grand-mère parle doucement et doit se prendre pour un boxeur, car elle affirme qu’il ne « faut jamais baisser les bras ». Elle a présenté et tranché tous ses ingrédients avec une grande efficacité et un grand calme. « Je me présente comme je suis », a-t-elle affirmé après une tentative avortée de trancher très délicatement la gorge d’un des malins, qui lui avait reproché d’avoir coupé des médecins. Des choses qui ne se font pas!

Deux grand-mères

Les malins

Pas difficile de démêler les deux malins. Il y en a un qui est malin, dans le sens que tu sens qu’il pourrait se fâcher (on voit ça facilement quand tu n’as pas mis le son) et l’autre, un malin, de genre goupil, dans le sens qu’il est futé, et souriant. Si un renard pouvait rire, c’est ce genre d’ineffable sourire qu’il pourrait arborer, même si les raisins sont amers.

L’inventeur des blocs Lego, si mes informations sont justes, a réussi ses fines herbes, mais le plat principal, ses pâtes, sont restées al dentelées. On a cru comprendre qu’il tentait de partir une compagnie de concierges pour l’entretient des commissions scolaires, car il parlait régulièrement de « faire le ménage ».

Le cheuf des chefs

Renart le goupil, (oui c’est un t) quant à lui, était dans son élément. Personne ne saurait distinguer s’il s’agissait de fruits, de légumes ou de quelles sortes de viandes, de poissons ou d’épices il a utilisé. Était-ce même comestible ? Un rustre aurait prétendu qu’à un moment donné, ça sentait le moisan, ou le moisi, mais pourquoi croire un rustre fruste ou un russe fruste et rustre tant qu’à y être.

Le goupil fut magnifique. Il parla avec éloquence de mettre l’accent sur l’emploi et l’économie et se vida le coeur en nous confiant ce qui l’avait blessé. Il devait en avoir parlé avec le comique français Dieudonné, qui doit être un de ses proches amis, car il l’appelle par son prénom. Visiblement ému, le malin déplora : « Et Dieu sait qu’on a eu droit à des insinuations et des accusations non fondées ».

Le médium est le message

Marshall McLuhan, auteur canadien, disait que le médium est le message, voulant dire par là que le véhicule peut être plus important que ce qu’il transporte. Le visage de Jean Charest, son sourire, ses mimiques expressives, ses cheveux, tout lui convient à la télévision, pour que la façon de passer son message — dont il a la maîtrise — passe parfaitement. Le contenu, ce qu’il dit, est transporté facilement par le véhicule qu’est la télévision.

Les deux malins

En vrac

Ceci dit, il y a plusieurs constatations et réflexions très variées que l’on peut faire sur les deux heures en général.

— L’animatrice Emmanuelle se retenait de rire, me semble, et souvent.

— Très curieux de savoir ce que Jean Charest va dire demain. C’est décidé, demain je  monte le son.

— Faites une colère grand-mères

— Il n’y avait pas de pauses publicitaires. S’il y en avait eu, on aurait pu se lever et s’en aller ailleurs.

Finalement, le rôle d’un chef d’État doit-il se rapprocher de celui d’un acteur, ou de celui d’un administrateur, d’un gestionnaire peut-être «drabe», mais efficace et effacé des ressources du peuple, pour le peuple, par le peuple, en se fiant sur l’appui de fonctionnaires fiers d’être des rouages indispensables au bon fonctionnement de leur pays ?

Fixez un carré rouge et rêvez, mais comptez pas su’ moé pour le deuxième débat, faut que j’affile ma lame de tondeuse et que je brasse mon compost.

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Raymond Vachon

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