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AUTOROUTE 73 À SAINT-GEORGES

Le pont et la rivière

Le pont est presque terminé

Le pont que l’on vient de jeter au-dessus de la rivière Famine à Saint-Georges est presque terminé. Il est de toute beauté. Dans un avenir assez prochain, on pourra filer sur l’autoroute toute neuve avec le sourire, du moins pour se rendre au Carrefour Saint-Georges, en regardant droit devant, en oubliant même que l’on traverse une rivière.

Il deviendra un autre pont parmi les autres, remplissant sa fonction de pont, une structure reliant les deux bords d’une rivière, permettant ainsi d’enjamber l’obstacle.

C'est la vue que l'on peut avoir pour observer un véhicule qui arrive du sud, donc du nouveau carrefour giratoire

On n’accordera même pas une pensée fugitive à la quantité imposante de matériel et aux grandes compétences requises pour sa réalisation. Certains marmonneront « qu’au prix que ça a coûté et au temps que ça a pris pour l’avoir… » D’autres, plus philosophes, diront en souriant que « Mieux vaut tard que jamais ».

En le traversant, les passagers jetteront un vague regard de chaque côté sans plus. Après tout, un pont, c’est un pont. On file sans s’arrêter. De toute façon, on n’a pas le droit de s’arrêter sur un pont… à moins que le pont ne soit pas tout à fait terminé et d’avoir la permission de l’entrepreneur. Et ce qu’on voit à ce moment est tout à fait intéressant.

Paysage qui promet déjà. En route vers Beauceville sans arrêt prévu

Ce qu’on voit en amont, à droite

À une autre époque, il y a longtemps, quand les calculatrices étaient inconnues et que l’on trempait sa plume dans l’encre, à moins d’avoir une « Parker » à cartouche, que les petits tests se faisaient sur un quart de feuille, que le Séminaire existait parce que les cégeps n’avaient pas été inventés pour le meilleur ou pour le pire, que le ballon à coup de pied remplaçait la télévision, la vie était plus lente et plus simple.

Ceux qui fréquentaient ledit Séminaire il y a un demi-siècle se rappellent que certains après-midi, on avait droit à une sortie. Quelques classes sortaient en ordre et, marchant à travers champs, se dirigeaient vers ce qui est maintenant la 153e rue.

On pouvait voir que certains transportaient des chaudières de confitures aux framboises ou aux fraises et d’autres du pain, beaucoup, beaucoup de pain. En ces temps anciens, on avait déjà oublié comment les multiplier, donc il fallait les transporter pour la collation qu’on allait déguster en haut des chutes.

On ne pouvait pas descendre. Trop haut et trop dangereux. Mais on pouvait regarder l’eau bouillonnante qui formait un bassin en tombant de la chute avant de s’enfuir dans les rochers. Et tout le monde retournait sagement au séminaire.

Ce qu’on voit en amont, à gauche

C’est la même chute qu’on aperçoit, mais pendant l’été, de petits groupes d’amis, de vrais aventuriers, se rendaient à la « chute à Leclerc » à bicyclette ou à pied, entraient dans le bois, et descendaient la pente très abrupte jusqu’à un arbre à mi-pente auquel une bonne âme avait attaché une corde qui servait à se retenir pour ne pas glisser trop vite vers les rochers.

Il faut transmuter la mémoire pour en faire quelque chose de nouveau, un sentier, un parc, un camping, n'importe quoi

En bas, quand l’eau n’était pas trop haute, on pouvait se baigner, pêcher, allumer un petit feu plus bas et s’asseoir sur les roches pour le regarder brûler, regarder l’eau couler, essayer de « pogner des ménés pour le fun ».

Jamais le propriétaire des lieux n’a causé le moindre problème. D’ailleurs, personne n’avait pensé que ça pouvait être un problème. Il n’y avait personne pour surveiller et tout allait bien.

Il y aurait eu, selon les rumeurs, quelqu’un qui aurait « pêché à la dynamite » et aurait perdu un bras. Les habitués étaient unanimes à trouver ça très triste pour les poissons. Pour l’inconnu qui aurait perpétré l’acte, le politiquement correct n’ayant pas été mis en vigueur, les jugements étaient durs : « Assez innocent pour vouloir tuer tous les poissons et trop innocent pour au moins le faire comme il faut ».

Dire des choses comme ça aujourd’hui, tu te ramasses en prison probablement. On n’a jamais su si tout ça avait un fondement.

Un point de vue unique

Beaucoup de générations sont passées au pied de cette chute. Ce que personne n’a vu, c’est la chute vue du milieu du pont. Une image qui rappelle des souvenirs d’enfances heureuses en pleine nature, tout près de chez soi.

C'est effectivement du pont de la Famine qu'il s'agit. Ce qui est nouveau, c'est que personne n'avait pu jeter son regard sur cet angle particulier auparavant. Des générations se sont succédées pour s'amuser au pied de cette chute

C’est le genre d’image qu’on voit sur les cartes postales ou dans les PPS qu’on reçoit si souvent. C’est un peu dommage que si peu de gens peuvent en profiter.

En aval

Quand on contemple la rivière d’une telle hauteur, ayant été habitué de la voir de la rive ou en sautant d’une roche à l’autre — d’égal à égal en quelque sorte — on ne peut s’empêcher de penser que si un sentier partait de la fin du parc industriel, il pourrait facilement suivre la rivière en la surplombant, passer sous le pont, pour se rendre à la chute de nos enfances.

Dans le fond, si une région veut développer son tourisme, il faut mettre en valeur ce qui mérite de l’être et faire en sorte que le tout s’autofinance ou même devient rentable.

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