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TIRONS SUR TOUT CE QUI BOUGE

Quelques mots éviscérés en vrac

Par: Joffre Grondin

La langue de bois tend à tuer la communication naturelle entre les êtres humains pour la remplacer par de la bouillie pour les chats. Le phénomène est plus grave qu'il ne parait.

Il a depuis longtemps été développé une façon de mettre les mots bouts à bouts pour qu’ils opèrent à l’inverse de ce pourquoi ils ont été conçus. Au lieu de servir à transmettre un message d’une tête à une autre le plus clairement possible, ils servent à introduire des brouillards de toutes les couleurs et d’opacités variés dans le ciboulot.

On entend constamment des phrases comme « On a les deux mains sur le volant » ; « on travaille pour tous les Canadiens » ; « on peut compter sur des retombées économiques importantes» ; « cet (n’importe quoi) là, c’est une nécessité pour le développement de (n’importe où) » et combien d’autres.

Les adeptes de ce sport verbal extrême sont d’une vanité consommée. Persuadés que leurs interlocuteurs ne peuvent percer leurs pirouettes oratoires pitoyables et qu’ils sont incapables de constater l’amoncellement de gravats verbal inutile éructé, ces gens de tout acabit continuent de leur ton posé et pompeux à pondre de perpétuels prolégomènes et présentent une prétendue prolepse perverse dans leurs propos putrides.

Pouache ! Les mots creux et les têtes vides, ça va si bien ensemble.

Autrement dit, ces gens pensent qu’on est trop caves pour ne pas voir qu’ils parlent pour ne rien dire, soit parce qu’ils ne savent rien ou pire qu’il y a quelque chose qu’ils ne veulent pas nous dire.

Mensonge : Affirmation contraire à la vérité faite dans l’intention de tromper, tromperie, illusion.  Satan, dit l’évangile, est le père du mensonge; le mal ne veut jamais porter son nom et s’offense mortellement de l’entendre prononcer (Amiel, Journal, 1866, p.66). Source CNRTL

Désinformation, mensonge, menterie sont simplement des retenues d’informations sous tous les prétextes imaginables n’ayant aucun rapport avec la réelle transmission de l’information, mais qui n’ont comme but que de s’approprier le plus de pouvoir possible. Poubelle pour les trois mots.

On nous ment effrontément de tous bords tous côtés. Ça devient irritant.

À peu près tout le monde a réalisé l’omniprésence des trois mots que la poubelle vient d’accueillir avec la résultante qu’une grande proportion de la population a cessé, soit d’écouter, soit de croire, soit les deux, et est tombé soit dans une sorte d’état second qui attend sa chance comme quelqu’un qui sait que tôt ou tard, la mouche va se poser quelque part, soit dans un agréable engourdissement mental qui lui assure que tout n’est pas parfait, mais qu’on est pas si mal que ça.

Quelques mots maltraités 

Il y a la fierté d’être Québécois, la fierté d’être Canadiens et la fierté gaie. Il y a les gais tristes et les gais gais et les deux sont gais. Un hétéro gai ça n’existe pas. Tous les hétéros doivent être tristes. On va envoyer le mot gai et fierté à la poubelle avec les nains, les chaises roulantes, les handicapés, les fous, les menteurs, les vieux, les racistes, les xénophobes, les étrangers qui n’aiment pas les xénophobes, les racistes qui ne sont pas racistes pour les mêmes races, les purs et durs qui ne le sont pas et les impurs et mous qui n’ont jamais existé. Il y a aussi les extrémistes qui sont tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.

Dans la poubelle le mot normal – tout est devenu normal ; respect – qui veut dire c’est moi qui ai raison, tais-toi ; principe -si un principe est invoqué, c’est fatal, tu te fais fourrer. Il y a de quoi s’insurger contre le mot insurgé ou se rebeller. L’usage doit dépendre de la présence ou non de pétrole.

Des mots dont il ne reste que la coquille, des mots exprimant des réalités qu’on ne veut ni voir ni entendre et qu’on veut camoufler parce tout doit être rose, des mots quasi-vides qui sont utilisés comme l’insulte suprême et utilisés comme fléaux pour assassiner les nuances.

Certains mots ne veulent maintenant à peu près rien dire, ou dire quelque chose et son contraire en même temps; ils ont été tellement galvaudés qu’on les a vidé de tout contenu, on les a dilués à un point tel que rien de précis ne peut être transmis avec ces coquilles vides. La novlangue d’Orwell, qui visait à favoriser la parole officielle et empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques est en bonne voie d’être atteinte. Une langue de bois sans échardes. Vidés de sens ou qui ont tous les sens. Mots vides, mots pleins de vide pollué. C’est l’enfer !

Les mots en habits de motoneige. L’habit cache à peu près tout, on ne sait plus qui est à l’intérieur. Monopole habillé en gestion de l’offre.

Le bougonnage est momentanément suspendu. Ce moment de grand calme vous est offert par Beauce Magazine. Photo gracieuseté Alexandre Piché

Qui dans le monde a pris le  « modèle québécois » comme modèle?

Quand les mots deviennent une phrase, ça empire. Les Québécois forment un peuple… sans pays. Si jamais quelqu’un déclarait « nous sommes un petit peuple », exprimant l’évidence la plus évidente, petit en nombre, vous pouvez être sûr que les vautours à la langue de bois vont se précipiter à la curée et que pour se défendre le mot « mais » suivra. « Nous sommes un petit peuple,  mais… » ce qui suivra voudra montrer sa supériorité sur vous. C’est fatal. Chacun son tour à la curée. Pitoyable des deux côtés.

Y’a des gens plus égaux que d’autres.

Contrairement à certaines mauvaises langues, Jean Charest n’a pas perdu le Nord, il l’a simplement donné ou presque. Dix cents l’hectare ça devrait suffire. Comme Duplessis pour le minerai de fer et qui d’autre pour les forêts, le gaz de schiste qui ne polluera pas bien entendu, question de principe évidemment. L’eau ? Ça s’en vient. Après tout, l’accès à l’eau c’est un droit pour tous sur la planète. Une multinationale va être assez bonne pour se charger de la « répartition » équitable pour tous, à peu de frais soyez-en assurés.

Dire que des emplois seront créés est utilisé pour tout justifier, même si la planète devait en mourir. En faisant oublier que l’emploi n’est qu’une conséquence du travail à faire.

Nationaliser l’éolien, les mines et la forêt comme on a fait pour l’électricité. Inutile d’y penser, personne y compris le vérificateur général n’a le droit de vérifier l’hydro. La vérificatrice, son épouse, non plus, je crois.

Retombées, exception faite de retomber enceinte, est un mot vague dont la seule certitude est que les profits ne retomberont pas sur vous, mais qui a probablement été financé par vos taxes.

Investir, garrocher de l’argent des autres n’importe où. Rentabilité non incluse.

Coupable. Les preuves sont accablantes. Pas de problèmes, c’est un complot. Soyons des gens bons, la vie des pourris n’a pas de prix. Celles des victimes… doivent être au ciel.

Réhabiliter, investir temps, argent et efforts pour former des récidivistes qu’on va réhabiliter en investissant….

Emplir au lieu de vider

Par contre, on peut dire beaucoup en peu de mots. Le couple princhier est arrivé. Vous avez tout compris.

Le RRQ était là, « armé de pancartes », comme le disait une commentateuse d’une radio des tas le 2 juillet. On a saisi sa position.

Un ancien premier-clopant qui simule l’indignation et utilise une expression ramassée dans les poubelles de l’histoire pour convaincre le peuple de rendre le sous-sol aussi pollué que son propre mental vaniteux, tordu et frustré… en espérant que ce n’est pas de famille.

Frustrant !  Que faire ?

La mouche finira bien par se poser. Espérons que tout le monde ne sera pas dans un profond sommeil à ce moment là.

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