Ajoutez ce site comme page de démarrage

Programme communautaire des bénévoles en matière d’impôt

Une année record, un programme essentiel

Par: Joffre Grondin

Un travail d'équipe. Michel Longchamps et sa bénévole préférée, son épouse Marielle. Les photos sont une gracieuseté de Jean Jibouleau

Le Programme communautaire des bénévoles en matière d’impôt (PCBMI) est un partenariat fédéral et provincial, formé en 1988, qui vise à aider les personnes admissibles qui ne peuvent, pour différentes raisons, remplir elles-mêmes leur déclaration de revenus et de prestation.

Le milieu de l’enseignement y est impliqué depuis le tout début dans la région et l’Association des Retraités de l’Enseignement du Québec (AREQ) depuis de nombreuses années. Il apparaît pertinent de brosser un petit tableau pour informer ou rappeler ce qu’est le programme, ses débuts et l’extrême importance du travail des bénévoles pour les « personnes admissibles ».

Technique et humanité

Michel Longchamps s’occupe du programme depuis une dizaine années pour Saint-Georges et les environs. Rencontré à son domicile — qui offre une vue imprenable sur la ville —, il nous révèle fièrement que cette année, les bénévoles du PCBMI devraient atteindre ou dépasser les 700 déclarations remplies, ce qui est un record.

De cent à cent-vingt-cinq déclarations au début, une montée graduelle a mené à 625 en 2009, déjà dépassée cette année. « On aurait besoin de quelques bénévoles », déclare Michel Longchamps, presque étonné de la performance.

Petit rapport sur le parcours

Le programme existe depuis maintenant 22 ans au Québec, mais ici, qui a commencé ? « Au début, c’est Gaston Talbot qui a eu vent du programme et il faisait seul les rapports quand les gens se présentaient » et Monsieur Longchamps ajoute avec le sourire : « Il a été débordé, ça n’a pas été long ».

L’idée brillante d’associer les étudiants en commerce permit de combiner aide et apprentissage pour un temps. Michel lui-même est entré dans la danse un peu plus tard, ainsi que le polyvalent Denis Poulin qui a mené le bal pour deux autres  années. Des bénévoles retraités de l’enseignement se sont ajoutés graduellement.

Les déclarations sont amassées dans le local de l’organisation pour être ensuite distribuées aux bénévoles qui les rempliront.

Ayant décidé « d’essayer ça », il tient la barre depuis une décade, mais avoue que mars et avril sont assez intenses. Les collaborateurs viennent surtout de l’AREQ. Ils ont une formation, sont bien supportés par le ministère et outillés du logiciel Impôt Expert. Les documents sont ramassés en un point central et ensuite distribués aux bénévoles qui travaillent à la maison. Confidentialité assurée.

Le pourquoi du programme

Le ministère a réalisé qu’un nombre non négligeable de gens ne faisaient pas leur rapport d’impôt, souvent par manque d’argent, sans réaliser qu’ils se privaient ainsi du retour de TPS et de TVQ ainsi que d’autres avantages. Michel Longchamps parle d’expérience, « pour les petits salariés, ça veut souvent dire un retour de 1,500- 2,000 $ ».

Humanité : Anecdotes en vrac

Il y a ce vieux monsieur qui arrive avec un sac plein de toutes sortes de papiers. Il ne sait pas trop quoi apporter, alors il ramasse tout. On démêle le tout avec le sourire.

Il y a aussi le « filou » qui donne une fausse adresse et un faux numéro de téléphone sans réaliser qu’on vérifie et que sa déclaration ne peut pas être envoyée, elle ne peut lui revenir, l’adresse n’existe pas.

Également des histoires d’horreurs de petits travailleurs limités à 18 ou 20 heures par semaine au salaire minimum, ou pire, sur appel pour le même nombre d’heures. 20 x 9.50 = 190 $ par semaine. Tu vas où avec ça ?

Le 1er juillet 2011, terminé les chèques. Un nouveau programme versera TPS et TVQ tous les mois dans un compte à une institution financière. Et dans certaines, moins de 1,000 $ dans un compte peut vouloir dire des frais sur chaque transaction.

« Travailler ou non, c’est ce que les gens finissent par se demander ». Certains dépriment et n’en peuvent plus. Par contre, « Les gens apprécient ce que nous faisons et sont généreux, la plupart sont fiers, ils essaient de se débrouiller », lance-t-il en conclusion.

Au-delà des mots, on sent facilement qu’ayant perçu la situation difficile dans laquelle des gens moins favorisés sont placés, ces bénévoles discrets ont décidé de donner un coup de main par simple humanité. Ils sont indispensables et presque inaperçus, car c’est connu, le bien ne fait pas de bruit.

Les écarts pauvres/riches se creusent depuis trente ans

Une courte recherche préliminaire à cet interview (faut faire ses devoirs) me stupéfie. Le ministère des Finances du Québec révèle qu’en 2001, 50 % de la population était sous la barre des 20,000 $ par année.1 Je me dis qu’il doit y avoir eu amélioration depuis ce temps. Le dernier rapport de l’institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS)2 de mars 2011 nous apprend à la page 3 qu’« Au cours du dernier quart de siècle… pour les salariés du bas de l’échelle, il y a eu diminution de 20,6 % » de leurs gains. Nous reviendrons dans un autre article sur les détails de ce rapport.

1 Québec, ministère des Finances, Statistiques fiscales des particuliers — année d’imposition 2001, Québec, 2003 b; ADRC (2003)

2 http://www.iris-recherche.qc.ca/ À qui profite l’endettement des ménages ?

 

CarteVetementsSevigny
PBeauceville
CarteDanaki
St-Côme
Raymond Vachon
SHSartigan

Chercher dans les archives

Chercher par date
Chercher par catégorie
Chercher avec Google

Galerie photo