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Le cimetière Marlow

Par: Joffre Grondin

Quoique ce fut assez tôt dans la journée, il ne manquait que les hiboux, les corbeaux et quelques éclairs pour une atmosphère de film d’horreur. Le cimetière s’abritait dans le boisé sur la colline. Heureusement, le vent s’est levé.

Quoique ce fut assez tôt dans la journée, il ne manquait que les hiboux, les corbeaux et quelques éclairs pour une atmosphère de film d’horreur. Le cimetière s’abritait dans le boisé sur la colline. Heureusement, le vent s’est levé.

Pour certains, c’est comme un pèlerinage annuel, d’autres y sont venus quelques fois, et d’autres encore découvrent l’endroit pour la première fois, informés par un ami ou une connaissance ; certains ont aperçu le discret petit encart placé dans le journal par la Société historique de Saint-Côme de Kennebec et de Linière.

Depuis sa fondation en 1984, la Société a eu à son actif plusieurs expositions, publications, collections. Il s’agissait cette fois d’une visite guidée et commentée du petit cimetière Marlow à Armstrong.

Dans le petit autobus parti de Saint-Côme par cette journée alternant entre ensoleillement et ennuagement de printemps, le guide, Jean-Guy Lessard est volubile ; source intarissable, il semble connaître l’histoire et les histoires de chaque maison, présente ou disparue, et des habitants qui y sont nés, y ont vécu, travaillé, rit, pleuré, avant de se retirer dans les brumes de la petite histoire qui forme l’Histoire.

L’autobus de la Voie 9 3/4

Clin d’œil à Harry Potter, notre autobus navigue au présent sur les courants du passé, un peu entre deux mondes, alors que notre guide parsème le trajet de capsules intemporelles : « je suis venu à 15 ans, en bicycle » ; un Ray, marié avec une des jumelles Cathcart, dans les années 60 ; à gauche, le moulin à bois des Cahill ; le moulin à farine était à droite, presque en face ; ça, c’était le gros hôtel de trois étages d’Alvin Ray, il faisait des traîneaux, des sleighs pour les chantiers ; regardez les paysages qui donnent sur la rivière du Loup, ils rappellent un peu l’Irlande d’où ils venaient…

Quelques courtes minutes plus tard, la petite troupe s’avançait parapluies fermés.

Quelques courtes minutes plus tard, la petite troupe s’avançait parapluies fermés.

…Et les souvenirs prennent vie. On peut presque les voir. La maison des Thompson, là, c’était le bureau de poste des Marlow, Ritchie Hughes pas loin, les Owens, une très grosse famille, les Moore, Joseph Stafford (maintenant, on sait d’où vient le nom de la rivière), David M. Cathcart a été maire de Saint-Côme, Wilson, Armstrong…

Une trentaine de familles dont les Owens, Ray, Armstrong et Breakey, au parcours sinueux. Les Breakey, par exemple, seraient des huguenots français, originalement De Brequart ou De Brequet, qui seraient passés en Hollande, puis en Écosse, et ensuite en Irlande avant d’arriver au Canada ; plusieurs y étaient forcés par les guerres de religion.

En Beauce, au 19e siècle, les entrepreneurs avaient pour noms Cathcart, Cahill et Loreyson, lance Jean-Guy Lessard.

Mais, le véhicule ralentit ; nous y sommes. Ce sera sous un ciel sombre que pedibus cum jambis nous ferons le trajet. Mais, l’Histoire veille au grain.

Hors de l’autobus

Pendant les brèves minutes du trajet, il semble qu’on ait décidé en haut lieu que le ciel allait se dégager.

Le lieu vers lequel la petite troupe se dirige n’en est pas un de tristesse, mais un musée à ciel ouvert, ou un lieu historique. Il n’a rien à voir avec la douleur récente de perdre un être cher. C’est plutôt une visite de politesse pour saluer des ancêtres dont le pool génétique a contribué à mettre au monde le Québec.

 Le guide, Jean-Guy Lessard, devant la grille du cimetière Marlow, qui proclame que l’entretien est fait par l’Association du cimetière Marlow.

Le guide, Jean-Guy Lessard, devant la grille du cimetière Marlow, qui proclame que l’entretien est fait par l’Association du cimetière Marlow.

Chemin faisant quelqu’un s’informe à notre guide pourquoi « ils » sont disparus. La réponse tient dans la trop grande dispersion des colons qui s’étaient établis le long de la Kennebec Road, de la frontière américaine jusqu’à Saint-Georges et même plus loin. Il aurait fallu une plus grande concentration nous assure Jean-Guy Lessard.

Ces lieux rappellent également les vies assez aventureuses de nos ancêtres. Ce qui nous mène à Rena Bartley.

Rena Bartley

Une visite respectueuse et en même temps joyeuse. Son arrière-grand-père Thomas Woodrouffe Bartley arrive d’Angleterre en 1830 avec son épouse et son jeune fils George. Celui-ci, le grand-père de Rena, aura une vie pleine de rebondissements, où il est question de vente illégale de boisson de poursuite dans les bois, d’arrestation, et où le héros est innocenté à la fin, et terminera sa vie à l’âge vénérable de 89 ans. L’historien André Garant en a décrit les grands traits ici : http://www.patrimoine-beauceville.ca/au-temps-jadis-par-andre-garant/tarragonville

Vous pouvez voir un site (en anglais) sur le cimetière Marlow, qui contient des photos http://marlowcemetery.org notamment celles de la famille Bartley.

Rena Bartley devant les monuments de ses ancêtres. La réfection de cimetière n’est pas encore terminée. On a quelquefois regroupé les pierres tombales par familles, appuyées les unes sur les autres.

Rena Bartley devant les monuments de ses ancêtres. La réfection de cimetière n’est pas encore terminée. On a quelquefois regroupé les pierres tombales par familles, appuyées les unes sur les autres.

L’auteur mentionne également un cimetière qui existait, mais qui a été déménagé vers la fin du 19e siècle par un certain William Wilson. C’est celui qui se trouve près du barrage Sartigan, envahi par la végétation, rongé par la route, où une pierre solitaire clame en silence [sic] « Jersey Cimetery ».

Autres endroits

Le cimetière Cathcart est un cimetière de la Congrégation presbytérienne de Jersey Mills situé sur la 2e Avenue à Saint-Georges, sur l’ancien tronçon entre Saint-Georges et Saint-Côme). Cette congrégation presbytérienne fut active de 1859 à 1958.

En l’honneur des arrivants irlandais, écossais et anglais, une croix Celtique a été érigée à l’entrée sud de Saint-Côme en 2007. À l’inauguration, les descendants ont convergé vers Saint-Côme, venus d’un peu partout : Vancouver, États-Unis, Terre-Neuve, etc. On peut y lire les noms de toutes les familles d’arrivants irlandais, écossais et anglais.

La croix celtique de 2007

La croix celtique de 2007

Visitez le site de la société historique de Saint-Côme de Kennebec et de Linière ici :

http://www.societehistoriquestcome.com/index.php

Raymond Vachon
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