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À LA RECHERCHE D’INDIANA JONES BEAUCERONS

Pourquoi pas des fouilles archéologiques en Beauce ?

Par: André Garant, collaboration spéciale

L’arpenteur Gérard Jacques, l’assistante de l’archéologue Patrick Eid à ses côtés et André Garant, historien. (Juin 2004, site de la Calway, André Garant)

L’arpenteur Gérard Jacques, l’assistante de l’archéologue Patrick Eid à ses côtés et André Garant, historien. (Juin 2004, site de la Calway, André Garant)

Par André Garant

Depuis quelques années, août est le mois de l’archéologie. La Beauce est le pays des Marius Barbeau, Luc Lacourcière, Madeleine Doyon et Honorius Provost. Or, plusieurs monographies ont déjà été publiées en Beauce. Des photos et parfois des vidéos ont capté des scènes-témoins de l’histoire beauceronne. Ne serait-il pas temps de faire des démarches pour attirer des entreprises privées d’archéologie sur le territoire de la Beauce ? 

Le Ministère de la Culture et des Communications du Québec ne pourrait-il pas être sollicité pour fouiller enfin des sites importants comme ceux de la rivière Famine et du blockhaus de 1778 à Beauceville, par exemple ?

Vers 1650, le Père Gabriel Druillettes (1610-1681) aurait remonté la rivière Famine pour se rendre aux sources de la rivière Saint-Jean. C’est bien connu, la Beauce a été fondée il y a plus de 275 ans, soit en 1737. Avant l’arrivée des Blancs, des autochtones se servaient de la Chaudière comme couloir de transit pour la chasse et le commerce. Un peu en aval du confluent de la Chaudière et du Saint-Laurent, des Amérindiens campaient, il y a 10 000 ans, sur le site lévisien actuel du boisé Longwood, voisin de la Côte Rouge, à Saint-Romuald.

Du Lac Mégantic au Saint-Laurent, la Chaudière coule sur 200 km, avec 400 mètres de dénivellation. Les Chutes de la Chaudière, à Charny atteignent 36 mètres de hauteur et ses eaux se fracassent dans des marmites ou chaudières creusées par l’érosion dans le roc. L’ensemble de ces roches remonterait à 570 millions d’années !

Fossiles à La Station

Qu’en est-il des traces de peuplement amérindien laissées à la rivière des Fermes de Saint-Joseph, vers la rivière Le Bras à Beauceville, à la rivière Famine de Saint-Georges-de-Beauce ? Le bien connu Henri-Louis Larochelle (1917-2004) a longtemps ramassé des artefacts, des fossiles au lieu dit La Station, à Saint-Georges. Certes, depuis 2008, avec le circuit des sites de mémoire en Beauce, le Musée Marius-Barbeau réussit à nous faire déplacer dans dix municipalités. Reste l’animation archéologique à mettre en place.

La Beauce, un potentiel archéologique préhistorique ?

On ne peut ignorer le verrou glaciaire du Rapide du diable à Beauceville. Parcourir les monographies beauceronnes et les archives locales est révélateur. Entre autres, en 1795, à Saint-François-de-Beauce, Étienne le Sauvage est recensé au lot 29, voisin de Jean-Baptiste le Sauvage. D’ailleurs, en 1817, on procède, à Saint-François, à l’inhumation du chef abénaquis, Étienne Wênanguenet, âgé d’environ 80 ans. En 1842, dans cette même localité beauceronne, le grand chef huron, Maurice Bastien (1822-1897) épouse Marie-Louise Loubier (1824-1903). Aussi, l’Abénaquis Pierre Athanase Makatagondo (vers 1752-1789), époux de la Huronne Marie Vincent, vend, en 1782, sa terre à la Fabrique de Saint-François-de-Beauce.

Une vue sur le verrou glaciaire des Rapides du diable à Beauceville.

Une vue sur le verrou glaciaire des Rapides du diable à Beauceville.

Des sites de la Haute-Beauce, des cantons de Tring, de Shenley, de Forsyth, de Spalding seraient sans doute d’un grand intérêt. Les sentiers, des trails de contrebande via Saint-Théophile et Armstrong regorgent de facettes de l’histoire régionale de la Beauce. Près du Barrage Sartigan, un cimetière protestant croupit dans l’anonymat : en 1967, où sont passées les pierres tombales ?

Peut-on bientôt situer précisément le fameux blockhaus de la rive est de Beauceville, levé en 1778, en vue de contrer une éventuelle réattaque américaine contre la Province of Quebec ? Pourquoi le site aurifère de la drague Séraphin-Bolduc dans la localité de Saint-Simon-les-Mines ne pourrait-il pas être fouillé par des archéologues ? Tout près, la rivière Gilbert, à Notre-Dame-des-Pins, est le théâtre vers 1846 de la première fièvre de l’or au  Canada ; on y trouve en 1866, les fameuses pépites d’or Kilgour et McDonald.

La borne de Noël… Beaupré

En 1994, l’arpenteur Gérard Jacques de Saint-Georges me confie la présence d’une borne dite seigneuriale entre les seigneuries Fleury de la Gorgendière (Saint-Joseph) et celle de Rigaud-Vaudreuil (Saint-François-de-Beauce). Ce site est connu sous le nom de rivière Calway. En 2004, une entreprise privée d’archéologie étudie ladite roche, exposée depuis en permanence au Musée Marius-Barbeau de Saint-Joseph-de-Beauce.

Cette roche seigneuriale aurait été installée en décembre 1737 par Noël Beaupré, arpenteur royal. « Elle mesure 60 cm de longueur, par 29 à 31 cm de largeur, et 10 cm d’épaisseur au sommet. » Patrick Eid, archéologue en charge du projet conclut : « Il ne faut pas non plus mettre de côté tout le potentiel préhistorique, encore peu connu dans la région qui pourtant constitue un lieu de passage et d’établissement privilégié notamment en raison de ses voies navigables. »

Après restauration de la borne seigneuriale : Johanne Lessard, directrice générale du Musée Marius-Barbeau  et André Garant au Musée Marius-Barbeau, Saint-Joseph-de-Beauce. (2005, borne seigneuriale de 1737, André Garant)

Après restauration de la borne seigneuriale : Johanne Lessard, directrice générale du Musée Marius-Barbeau  et André Garant au Musée Marius-Barbeau, Saint-Joseph-de-Beauce. (2005, borne seigneuriale de 1737, André Garant)

Le territoire de fouille archéologique est immense en Beauce.

Voici comment on présente le mois d’août au Québec, le mois de l’archéologie :

« L’Archéologie québécoise révèle des pages inédites de notre histoire et de notre préhistoire, pages fascinantes qui méritent qu’on s’arrête pour les lire. L’archéologie d’ici est basée principalement sur l’humain. Elle permet de reconstituer l’univers environnemental, économique, religieux, social et politique des gens qui ont vécu sur ce grand territoire depuis au moins 12 000 ans ! »

« Le réseau Archéo-Québec rassemble des individus et des organismes de toutes les régions du Québec. Il regroupe les forces vives de l’archéologie au Québec, et forme un point d’ancrage, un groupe de sensibilisation et une masse critique de compétences professionnelles. »

En cet été 2014, en Chaudière-Appalaches, seule la seigneurie des Aulnaies participe. Pourtant, depuis 1737, la Beauce a été le témoin de plusieurs faits d’importance. Pourquoi ne pas utiliser une nouvelle façon de fouiller les origines beauceronnes ?

Une volonté régionale municipale, de groupes de citoyens, d’organismes touristiques et de sociétés d’histoire, est nécessaire :

http://www.archeoquebec.com/fr/membres/soumettre-une-activite 

Enfin, pendant la saison de vacances du mois d’août, Archéo-Québec permet au public intéressé de voir des sites de fouilles, même d’y participer d’une certaine façon, de poser des questions :

« Une quarantaine d’archéologues et spécialistes vont plonger petits et grands dans leur univers au gré de fouilles archéologiques, de visites de réserves, d’excursions et d’autres activités authentiques pour qu’ils vivent une expérience hors du commun ! »

http://www.archeoquebec.com/fr/larcheologie-au-quebec 

Suite à ces activités de sensibilisation à l’archéologie, qui sait si de véritables fouilles professionnelles ne pourraient se dérouler en Beauce, dans un avenir très prochain ?

Pour les intéressés : pages 49 à 81, L’aube des temps, Barry Rodrigue et al, Histoire de Beauce-Etchemin-Amiante, IQRC, Presses de l’Université Laval, 2003

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