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Anecdotes et drôleries de jadis

Par: André Garant

Les deux légendes : Fabien Roy joue aux dames contre le snoro , le truculent  Père Gédéon. Une peinture d'Henri-Louis Larochelle.

Les deux légendes : Fabien Roy joue aux dames contre le snoro , le truculent Père Gédéon. Une peinture d’Henri-Louis Larochelle.

NDLR. L’ami André Garant nous envoie ce texte de faits cocasses d’autrefois, tiré d’un temps où les gens prenaient le temps de prendre leur temps. Jeune ou vieux, d’ici ou d’ailleurs, vous allez apprécier, mais si vous avez 65 ans et plus, et surtout si vous êtes de Saint-Georges, c’est une sorte de texte interactif. Vous lisez et lisez et soudain, un commentaire surgit de votre mémoire, et vous faites comme compléter le texte. Prenons le portefeuille perdu du paragraphe qui suit comme exemple. Vous dites «, ah ! oui, il était attaché à un fil très fin, et, quand le quidam tentait de le saisir, les garnements le tiraient hors de portée, à l’hilarité générale ». D’autres comme Hourra pour le ministre au lieu de Ora… je vous laisse la découverte. Savourez le texte, et parlez-en à vos vieux amis, ça vous rappellera des souvenirs de jeunesse. Bonne lecture.

Par André Garant

Notre petite histoire est parsemée de petits faits intéressants, oubliés. Aussi, de savoureuses anecdotes s’y glissent souvent. Passons sous silence les tire-pois de notre enfance qui visent les grosses fesses d’une voisine. Oublions le portefeuille perdu sur un trottoir achalandé, près de la Banque Royale de Saint-Georges. 

En Beauce, au début de la décennie 1950, des petits joueurs de hockey de rues se servaient parfois d’une crotte de cheval, une pomme de route gelée, comme rondelle, car les laitiers et les boulangers livraient encore avec des attelages de chevaux. Jetons un clin d’œil par-dessus notre épaule…

Ah! ces traditions disparues

Paraît-il que du temps des seigneuries de la Nouvelle-Beauce, le seigneur avait droit de cuissage. Autrement dit, lors de la première nuit de noces de ses sujettes, ce droit de jambage sexuel lui revenait. Certains racontars rapportent que le seigneur de Saint-Joseph-de-Beauce, Joseph Fleury de la Gorgendière (1676-1755), serait le père d’au moins 33 enfants… Médisance, calomnie ou pernicieuse légende urbaine ?

Le 1er seigneur de la rive ouest de Saint-Georges est une femme. Marie-Thérèse de Lalande Gayon (1691-1738). Elle est la veuve de François Aubert de la Chesnaye (1669-1725), membre du Conseil supérieur de la Nouvelle-France. À l’automne 1724, il fit pourtant faillite. Leur succession hérite rapidement de cette seigneurie.

Au pays des Jarrets Noirs, les Poulin prennent les surnoms de Lazie, Cotchon Goril Balafre, Bedon, Zacharné, Bœuf blanc, Pierrette, Ti-Guidine, Pit, Pappé, Boudour. Un Bolduc Jos Grillé, un autre Bobette, un Mathieu Chocolat, Senon, Siffleux, un Giroux pape, Roy Mazor, Thibodeau Cayen, Rancourt la météo, Bernard Got…. La risée va jusqu’à se moquer des familles dites pissettes électriques, des fesses de tôle, des souris d’étoffe, des trous jaunes, des truites. Cocasse, on répertorie plus de 130 surnoms sur la 127e rue à Saint-Georges-de-Beauce. Ainsi, à la hauteur du rang Saint-Nicolas, se reconnaîtont les Bazou, le Sroune, Jésus, le Martyre, le Tatouffe, le Black, le 400, Tchouk, Guidoune, la Grosse Bine, le Nal, le Joflu, le Poèle, Smal, Bishop, Mascotte… Plaisanterie, familiarité d’une époque peu à peu oubliée et parfois mesquine.

Ils ont levé les feutres… R.I.P.

Le 6 juin 1775, on retrouve dans le bois, la moitié du corps d’un jeune chasseur amérindien de 18 ans. On le ramène au cimetière de Saint-Joseph-de-Beauce. Laurent est le fils de Marie de l’Acadie.

Aussi, au temps de la colonisation, les personnes décédées pendant l’hiver, les défunts des neiges, reposaient jusqu’au printemps dans la tasserie des granges. Certains allaient jusqu’à faire leur propre cercueil de leur vivant. Pas d’embaumement. Tombes avec vitre sur le visage. Cadavres sur les planches. On retrouve parfois, dans des photos de famille, un mort sorti sur la galerie pour une dernière photo… à la lumière du jour !

De 1861 à 1865, la guerre de Sécession gronde aux États-Unis. Parti à la récolte des patates aux États, un jeune Georgien s’enrôle. Pendant ce conflit meurtrier, il déserte. Un bon jour, le jeune Poulin revient par la forêt et on se surprend de le revoir chez lui, au rang Saint-Antoine. Il avoue candidement : « Avoir su que l’on tirait de vraies balles, je ne n’y aurais jamais été. »

Au cimetière de l’ouest de Saint-Georges, la pierre tombale la plus ancienne est celle de Martine Veilleux décédée en 1876, épouse du forgeron Zéphirin Loignon (1813-1893). M. Durnais, un soldat français de la Guerre de Sécession, grava au poinçon l’ardoise, enchâssée dans du bois de cèdre. Albert Jacquart écrivait : « C’est parce qu’il y a la mort au bout qu’il faut que je fasse bon usage de la vie (…) Ce que je suis, ce n’est pas ce que vous voyez, mais les liens que je tisse avec les autres. Même quand le fil que je joue dans la toile aura disparu, la toile sera toujours là… »

Folles superstitions, présages populaires : deux personnes tirent vers eux l’aile du brochet de poulet séché, le premier qui la casse mourra le premier. Un oiseau qui frappe une vitre annonce la mort.

Pas possible !

Le journal L’Éclaireur nous en apprend de bien bonnes : en 1910, un cadavre passe au feu, quand les cierges, brûlant près du corps, mettent feu aux tentures. Incinération…

Le Georgien Denis Bourque à Alfred (1928-2005) se souvenait d’un certain Tete à Jos Simon, engagé pour brailler à l’arrière du corbillard. Une pleureuse l’accompagnait. William Beake image la mort ainsi : parti de ma vue, c’est tout.

Vers 1952, au début de la paroisse L’Assomption de Saint-Georges, le fossoyeur Hormidas Veilleux enterre pendant la nuit. L’hiver, de la dynamite est utilisée. Enfin, autrefois, on séparait le cimetière des adultes et celui des enfants.

En 1957, le corps d’Anna Poulin (1890-1944), 1re épouse d’Édouard Lacroix (1889-1963), et celui de leur fils Marcellin (1914-1917), sont transférés du cimetière de l’ouest de Saint-Georges à celui de l’Est georgien. Avec le temps, on enlève certaines barrières de cimetière ; la mort fait partie de la vie.

Prendre un verre de bière mon minou… et encore des morts !

Vers 1928, la boisson était légale au Canada et la prohibition sévissait aux États-Unis. Pauvres inspecteurs ! Un débit de boisson, dit Line House, au canton Marlow, avait son bar sur la frontière même : on entrait du côté américain et on buvait au Canada. De plus, en 1927, Jimmy Sands  avait mis sa boisson sur des chariots. À la visite des inspecteurs canadiens, Sands roulait sa boisson aux États !

Fait vécu, aux frontières canadiennes, un individu déclare que son épouse et lui sont trois dans l’auto. Insistant, déboussolé, le douanier se fait enfin répondre : « Bien voyons donc, mon père est dans le coffre de l’auto… dans une urne funéraire. »

Merde alors !

Jadis, perdant leur élection, des contribuables sacraient en empoignant leurs poignées de portes enduites de… merde. On recommandait aussi de manger du fromage pour éviter les diarrhées de losers ! Certains candidats aux élections ne se gênaient pas pour distribuer de la bière, du gin et des flacons de whisky. D’autre part, lors de descentes policières, un certain hôtelier de Saint-Georges était averti d’avance…

Un train du Québec Central à Saint-Georges, vers 1907. Entre le train et la gare, derrière le poteau du télégraphe, on aperçoit le Freight Shed, endroit où tous les commerçant des environs se rendaient pour recevoir leur marchandise, jusqu’à Saint-Martin et Saint-Théophile.

Un train du Québec Central à Saint-Georges, vers 1907. Entre le train et la gare, derrière le poteau du télégraphe, on aperçoit le Freight Shed, endroit où tous les commerçant des environs se rendaient pour recevoir leur marchandise, jusqu’à Saint-Martin et Saint-Théophile.

La gare stoppe à Saint-Georges en 1907. L’activité ferroviaire n’était pas sans attirer des gamins de l’arrondissement du quartier de la Station. De jeunes membres d’une famille de néo-Québécois, question de tuer le temps, s’amusaient à se chamailler avec des couteaux. Autres temps, autres mœurs. De plus, à l’arrivage de boissons alcooliques, paraît-il que des bootleggers y avaient leurs antennes.

De 1950 à 1952, la chapelle temporaire de la nouvelle paroisse de l’Est georgien se situe sur la 1re avenue, en haut de l’édifice Lacroix. La Fabrique de l’Assomption décide de ne pas investir dans un petit carillon. On opte plutôt pour un disque diffusant le carillon de Saint-Pierre de Rome… ce qui n’est pas à mépriser ! Attablés au bar de l’Hôtel Albéric Rhéaume, face à la chapelle, des abonnés de la grosse bière surprennent la population. À l’Angélus du soir, le haut-parleur diffuse sur les environs, à travers le tout petit clocheton, l’air bien connu de : « Prendre un verre de bière, mon minou… »

En 1923 : une publicité  s’affiche ainsi : Dieu créa d’abord l’homme, puis il fit la femme… et pour le dédommager, il créa le tabac Old Chum !

Le 12 juillet 1934 : l’hebdo beauceron écrit : La bière Champlain, le porter est l’aliment qui mérite bien le nom donné de pain liquide.

Vers 1935, le très connu Père Lelièvre venait prêcher des retraites à Saint-Georges. Personnage coloré, il n’hésitait pas à mettre en place tout un scénario pour apeurer la galerie. Haussant le ton, menaçant, ses bras moulinent de bas en haut, le Père Lapin, de son surnom, avait placé dans le chœur un monument funéraire de carton, sur lequel une grosse bière trônait… « Buvez, buvez, voici la fin prochaine de votre vie d’excès!! »

La conservation du patrimoine perd parfois de ses plumes ! Il y a plusieurs curés de ça, des pierres tombales non entretenues du cimetière de l’Ouest de Saint-Georges furent oubliées (?) par des familles supposément disparues. Ces monuments se sont retrouvés près d’un chalet, bâti sur le haut du ruisseau de l’Ardoise. Aussi, au chalet, une famille utilise toujours le dossier d’une chaise qui n’est rien de moins que la pierre tombale d’un aïeul paternel. Enfin, de jeunes rigolos, septuagénaires d’aujourd’hui se cachaient à proximité du salon funéraire Gédéon Roy du secteur ouest de Saint-Georges. Leur but coupable : apeurer, le soir venu, des personnes sortant dudit funérarium.

On a pu lire sur une carte mortuaire qu’untel est décédé mortellement ! De plus, la réputée ethnologue beauceronne Madeleine Doyon (1912-1978) a vu, au cimetière de Beauceville, la pitoyable et amusante inscription suivante : Ici repose en pet (paix)… Ne déformait-on pas les traditionnelles litanies regina patriarchorum en regina patria charogne… vas spiritualae devient vas où c’que tu pourras aller… et sedes sapientiae qui se déforme en c’est assez à pincer.

Du jus de chaussettes, Baptiste Béland, une mitaine et des animaux à la messe

En 1933, un journaliste de la Beauce publie qu’Émile Lessard de Saint-Joseph-de-Beauce a parcouru à pied la distance de La Nouvelle-Orléans à Québec. Il a usé 286 paires de chaussettes et 8 paires de bottes sur 12 900 milles, soit 47 milles par jour.

En Beauce, certaines routes de la Beauce et des environs restaient fermées à cause… de la neige ! En 1940, Léopold Dumas de Saint-Côme assure l’ouverture de la route Lévis-Jackman. Le Club des Automobilistes du comté de Beauce relèguera les snowmobiles au rancart.

À Saint-Georges, un hardi adepte de l’aviation a été longtemps connu sous le pseudo de Crazy, car il avait déjà osé passer sous le pont de fer de Saint-Georges ! Un courageux téméraire.

Autrefois, une piste de course étirait son rond vers la 32e rue de Saint-Georges-Ouest. Flairant la bonne affaire, un Georgien confectionne des petits coussins protège-foufounes à cinq cennes l’unité… qui s’avèrent huileux. Rapide abandon des affaires de Bill Bilodeau !

Jean-Baptiste Béland, l'homme-cheval de la Beauce, vers 1960 Il en a promené du monde ! Vous reconnaissez-vous ?

Jean-Baptiste Béland, l’homme-cheval de la Beauce, vers 1960 Il en a promené du monde ! Vous reconnaissez-vous ?

Quant à lui, en 1932, Baptiste Béland (1904-1996) aurait établi un record beauceron en parcourant les 57 milles entre Lévis et Beauceville, en 5 heures et demie. Contre trente coureurs, Poney Fast Béland a déjà parcouru huit milles en 41 minutes. En 1954, à Saint-Georges, l’homme-cheval bat un cheval trotteur sur un demi-mille. L’Université d’Ottawa l’a déjà soumis à des tests physiques. Adopté par la Beauce, où est né Jean-Baptiste Béland : dans Portneuf, dans Charlevoix ou dans une réserve montagnaise ?

En 1938, Joseph Jolicoeur et Napoléon Grondin de Saint-Victor ont tué un orignal de 450 lb à 15 arpents de l’église. Aussi, vers 1935, la forêt s’étend aux environs du cimetière Saint-Georges. Une jeune fille, se dirigeant à la messe de six heures du matin, prend peur à la vue soudaine d’une mère ourse, couchée sur le perron de l’église, avec ses deux petits. Aujourd’hui, ce sont les fidèles qui hibernent.

Cré Maurice !

Ratoureux renard, Maurice Duplessis camouflait des réalités sociales sous le couvert de l’humour : « La meilleure assurance contre la maladie, c’est la santé… Électeurs, électrices, électricité… Un vieux chapeau, ça rapproche du peuple. » Aujourd’hui, le truc du bébé dans les bras donne-t-il toujours un air sympathique au politicien ?

La crise économique de la décennie 1930, les restrictions de la guerre, ont forgé l’imagination. Alors, quand venait le temps de se vêtir certains usaient de débrouillardise. Un joueur de baseball de Saint-Georges se confectionna un habit de baseballeur avec… des poches de sucre ! Nos jeunes d’aujourd’hui apprécient-ils à sa juste mesure l’abondance de notre vie actuelle ?

Le petit Benoit se souvient des messes où il entendait toujours Hourra pour le ministre. Faut-il rappeler que la chapelle Pozer se situait dans le voisinage de l’église catholique de Saint-Georges. Un lieu de meeting, de rencontre ou une mitaine en jargon beauceron. Sa mère lui fait alors comprendre que le prêtre disait plutôt en latin : Ora pro nobis (priez pour nous). Au fil des ans, le latin a amené le désintérêt de plusieurs fidèles.

En 1952, dans la paroisse beauceronne de l’Assomption, on commande un chemin de la croix pour remplacer celui de la chapelle de la 1re avenue. Paraît-il que le Judas de la station no 1 était le frère jumeau d’un Néo-Canadien de Saint-Georges…

Vers 1958, mœurs d’époque obligent, J. Adalbert Gagné, maire de Saint-Georges, autorise des permis de danse seulement pour des fêtes familiales, des retours de noces ou des anniversaires.

 

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