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SUPPLÉMENTAIRE À GUICHETS FERMÉS

Nos racines, nos amours

Par: Joffre Grondin

Une partie des chanteurs, Richard Dion, Jean Poulin, Jean Bouchard, Louise-Rachel Dion, Anne Bouchard et Lucie Paré vers la fin du spectacle, chantant en rappel l’Heure exquise et Partons, la mer est belle, très appréciés du public.

C’est un superbe dimanche matin début septembre, un dimanche tout 9 de 2012. On peut voir des gens qui sortent du jardin Harbottle monter la colline qui mène à la chapelle Saint-Paul de Cumberland, où ils sont accueillis par des gens très chics, les hommes sont en tuxedo. De la classe. Après tout, un beau cadeau se doit d’être bien emballé.

La chapelle s’emplit lentement pour cette prestation supplémentaire donnée par une dizaine d’artistes régionaux de talent. On comprend facilement que pour des artistes, l’annonce d’une prestation supplémentaire est on ne peut plus agréable. Et quand la salle est pleine à craquer, comme c’était le cas, c’est encore mieux.

Il y avait même plein de fantômes d’Irlandais qui flottaient au plafond, ravis de pouvoir écouter ce qu’ils n’avaient pu entendre de si beau de leur vivant. Même Maggie était là.

Accueil

Avant le début du spectacle deux violons et un violoncelle jouent de la musique d’ambiance, des airs connus, quand soudain, la mélodie sur laquelle, tout jeune, on chantait As-tu reçu ma carte postale avec mon portrait dessus résonne. Sourire. Nous connaissions des airs classiques sans le savoir. Encore aucune idée à ce jour du titre de la pièce, mais ça met la salle dans une ambiance réceptive.

« Une heure et demie d’émotions », annonce le présentateur. On prend l’annonce avec un grain de sel évidemment. Grosse erreur, car plus tard, à de multiples reprises, les papiers mouchoirs seront en vedette. La qualité des prestations est au rendez-vous, tous ces artistes ont pris et prennent des cours et sont très dédiés au bel canto, mais il y a plus. Des liens familiaux, des amis de longue date, le choix judicieux des pièces et une complicité générale à la fois entre artistes et avec la salle font que « ça clique ».

Un départ en douceur

C’est Carine Poulin qui a lancé le spectacle avec la chanson thème du film Les Plouffe, Il était une fois des gens heureux, avec un accompagnement minimaliste dont on aurait pu penser qu’il rêvait d’a capella. Un peu comme si elle voulait se lancer un défi… qu’elle a relevé. Potin beauceron. Carine est la fille d’Yvan Poulin, le président de la corporation de la conservation du Patrimoine de Saint-Simon-les-Mines.

On ne sait pas qui chante, mais on voit qu’ils écoutent avec autant d’intensité qu’ils chantent

Richard Dion relève aussi un défi à sa façon. Il interprète une de ses compositions, qui lui est descendue « par morceaux » comme il le dit. On y sent les influences de sa formation classique et des nombreuses opérettes auxquelles il a participé.

Modulation de Sol à Sib, Il y a des jours de pluie passe du 6/8 au 3/4, et fait une incursion dans un rythme de tango tout en conservant mouvement et cohérence, violons inclus.

La pièce a-t-elle pu « tenir son bout » avec la compétition des autres pièces, dont Perhaps Love, le célèbre Hymne à l’amour ou Le credo du paysan (interprété avec aisance par Jean Bouchard d’une voix très juste) ou encore Youkalie, dont le registre étendu de Louise-Rachel Dion n’a fait qu’une bouchée? La réponse est oui. Défi relevé.

Autre potin, Louise-Rachel est la soeur de Richard.

Les styles sont différents, mais suivent tous le thème de Nos racines, nos amours. Anne Bouchard (ben oui, fille de Jean, cité plus haut), présente une romance écrite par Riboutté au milieu du XVIIIe siècle, sur un vieil air, Que ne suis-je la fougère, qui raconte une charmante idylle qu’elle interprète d’une voix pure et bien posée.

Jean Poulin était tellement à l’aise avec son matériel et avec le public, qu’il a confié à notre source (très fiable) qu’il allait « chanter dans ses pantoufles ». Image poétique pour décrire son bien-être. Il a dû décider au dernier moment que les pantoufles n’allaient pas avec un tuxedo, car en chantant Danny Boy il portait des souliers. Et quelle interprétation !

Mes deux coups de coeur

On entend surtout Danny Boy par des ténors. Cependant, chanté par un baryton-basse à la voix qui emplit totalement l’église et fait presque flotter les cheveux des premières rangées, l’expérience est totalement différente. Dit simplement, c’était très beau. Il aurait été possible de vous faire jouer un extrait, mais le sombre idiot qui s’occupait de l’enregistrement (moi) a pesé sur le mauvais piton. C’est la vie.

Lucie Paré est une alto qui a un CD à son actif. Elle a interprété un des airs les plus connus de Michel Conte, Évangéline. Une histoire d’amour crève-coeur tellement bien écrite, qu’on se voit au chevet du mourant. Mouchoirs. Cette fois-ci, le bon piton a été poussé.

Il serait malotru de ne pas souligner le travail des instrumentistes, Marlène Maheux, violoncelle et piano et sa fille Audrey Cloutier au violon, de même qu’une Parisienne paraît-il, Aurélia Giusti, également au violon.

La saison est terminée à l’église Saint-Paul de Cumberland. On se revoit pour la Féérie de Noël. Grâce aux rénovations, l’église est maintenant chauffée. Quel bonheur ! Je me rappelle d’une année ou la température oscillait autour de trente sous zéro… c’était pas chaud pour la pompe à l’eau.

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