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LE THÉÂTRE AU SERVICE DU RÉTABLISSEMENT

De l’originalité : Les Merveilleuses Têtes Heureuses

Par: Joffre Grondin

Dans le système médical, attendre ça peut être long, long, long

Comme c’est la semaine de la santé mentale du 6 au 12 mai, jeudi dernier, comme pour servir d’introduction à cette semaine, la troupe-école de théâtre portant le nom tout à fait original Les Merveilleuses Têtes Heureuses était à la polyvalente Saint-François de Beauceville pour présenter la création collective, « Parle pas de t’ça », une pièce interactive et assez spéciale.

Il faut savoir que la Troupe était là grâce au groupe d’entraide Le Murmure dont on parlera plus loin.

Parle pas de t’ça

La pièce réussit à brosser un tableau saisissant de réalité de ce que c’est de vivre avec un trouble mental au quotidien. Quatre acteurs seulement incarnent chacun plusieurs personnages et leur donnent vie, avec un minimum d’artifices et un maximum d’impact.

La quinzaine de personnages sont très variés et sûrement inspirés de cas réels. Un point commun semble les unir; à un moment de leur vie, un choc a créé une sorte de surcharge émotive, une tension qui les a fait basculer. Un peu à la façon d’un élastique ou d’un ressort qui a été trop étiré pour pouvoir reprendre sa forme originale. Il n’est pas brisé, mais a perdu son tonus.

Souvent, c’est un manque de communication qui a empêché le surplus de tension de sortir. Le travail de reconstruction est immense et la communication, l’échange sont indispensables.

La salle, très réceptive, se rend compte des stéréotypes et des préjugés auxquels ces personnes ont à faire face. On peut presque parler de stigmatisation. À deux occasions, les acteurs posent des questions à l’assistance et vice-versa. Une sorte de jeux de rôle où la salle « embarque ».

Dans le livret de présentation qui est remis à la porte, on affirme que c’est « une création collective qui fait réfléchir et où vous ne verrez plus jamais la maladie mentale du même oeil ». Avant de voir la pièce, on peut douter de l’affirmation, mais pas après.

Techniques efficaces

Le décor de la pièce est très dépouillé : deux fauteuils, quelques chaises, trois valises, une patère sur laquelle sont accrochés les vêtements des différents personnages qui se succèdent. Les changements sont très rapides et très simples. On les note à peine, car de chaque côté de la scène deux écrans où sont projetées des images regardent le public.

Pendant les changements de personnages, ou comme transition, des images très pertinentes défilent, en relation directe avec ce qui se passe sur scène. Des masques, des tableaux, des paysages se suivent, toujours collé sur le texte et les sentiments qu’il fait passer.

Des textes lus par une voix off et quelquefois des musiques extrêmement bien choisies rendent les transitions indissociables de la pièce et qui transportent une grande charge émotive. Mentionnons pour exemple : Toujours vivant de Gerry Boulet, Mes blues passent pu dans porte, Jamais assez loin, d’Isabelle Boulay, et bien sûr Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, pour la finale.

Quelques phrases-chocs

Deux phrases reviennent de temps à autre « Quand té pas d’dans, tu peux pas comprendre » et « Té une personne, pas un diagnostic pour leurs statistiques ». Une troisième donne une piste de solution, un message d’espoir. Il faut « développer notre pouvoir d’agir sur nos vies », lancera un des personnages.

Fait troublant. 

Parmi les personnages se trouve une soldate que l’on utilise pour introduire le suicide. On apprend avec stupeur que dans l’armée canadienne, il y a plus de soldats qui se suicident qu’il y en a qui meurent au combat et que 1 sur 3 souffre de troubles mentaux.

Bref, une pièce qui ne fait pas dans la guimauve, mais qui démystifie et qu’on ne peut que conseiller de voir si vous en avez l’occasion. Presque indispensable, si dans votre environnement proche se retrouvent des personnes qui ont ce genre de problème. Très instructif. Terminons avec un mot sur la pertinence du Murmure.

Une belle performance des comédiens Lucie Tardif, Louis-François Gagné, Christine Trottier, Alexandre Giguère et le technicien Paul Poirier.

Le Murmure

Le Murmure est un groupe d’entraide dont la mission est de regrouper des personnes ayant ou ayant eu des problèmes de santé mentale en vue d’améliorer leur qualité de vie et — très important — de favoriser leur intégration sociale en les sortant de l’isolement.

St-Côme
Raymond Vachon
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