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LA FOLIE NE PORTE PAS TOUJOURS À TUER

Les 1,000 mots cachés d’Albert

Par: Joffre Grondin

La folie douce d'Albert

Un nombre effarant de Québécois de tous les âges joue à la loto. Parmi tous ces avides amateurs d’émotions fortes, un nombre minime, pour ne pas dire quasi inexistant de joueurs colligent les données, font des tableaux, des graphiques, étudient les statistiques et passent autant de temps à compter qu’à gratter. Ils sont rares, heureusement.

L’oeil d’aigle de Beauce Magazine, à qui n’échappe ni le bizarre ni l’incongru, a réussi à déceler l’activité d’un de ces méchants malades, que nous appellerons Albert pour préserver son anonymat. Il sera ainsi à l’abri des psychiatres qui voudraient, on peut y compter, se pencher sur son cas et le disséquer jusqu’à l’achever et aussi le préserver de la publicité qui pourrait aggraver son penchant vers une folie statisticienne insatiable et nuire à une brillante carrière « au service du public » où il « travaille pour tous les Québécoises et les Québécois » bien sûr. Assez dit. L’anonymat doit être préservé.

Le dérapage d’Albert

C’était si simple de gratter, la concentration transférée au huard entre le pouce et l’index, cerveau ballant. La vraie relaxation. Le cerveau vide. Mais non, pas pour Albert.

Notre ami Albert jouait à la bourse. Pas n’importe quoi, très pointu, uniquement des options et pas n’importe lesquelles, seulement sur la monnaie et plus précisément entre le dollar US et l’euro.

Deux ordinateurs, trois moniteurs, des puts et des calls, des programmes, des nouvelles, des graphiques, des signaux d’entrés et de sortis, la fièvre du lundi matin pour voir si son ordre allait passer et celle du vendredi 15 minutes avant la fermeture, en plus de celle du troisième vendredi quand ses options s’éteignaient. Les yeux fixés sur ses écrans de 9 à 4.

Si vous croyez que c’est facile, essayez. (Inclure un rire démoniaque ici)

Fallait relaxer avant de craquer. Mais Albert ne pouvait pas relaxer simplement,

Mais, quoi de mieux pour relaxer que quelque chose sur laquelle on n’a aucun contrôle : un gratteux. Faut quand même pas gratter n’importe quoi se dit Albert. Restons spécialisé : mot caché seulement.

En plus, faut pas devenir fou non plus et gratter n’importe comment. On va entrer les données pour voir où on s’en va avec ça. Mais c’est juste pour relaxer.

C’est ainsi qu’Albert a écrit chaque mot caché gratté, la date, le résultat, les coûts par paquet de cent, les pourcentages et tout pour mille mots cachés. Mille parce que c’était un beau chiffre rond facile à calculer dans sa tête. Pas besoin d’ordinateur. Et voici ce que les chiffres ont donné.

Un des graphiques d'Albert

Les conclusions d’Albert

L’investissement de 2,000 dollars, c’est-à-dire 1,000 unités, a été fait du 24 juillet 2008 au 1er mars 2011, donc sur une période de 949 jours, 2 ans et 8 mois en gros.

L’investissement entraine une perte de 554 $ sur 2,000 $, donc de 27,7 %. Plus du quart de l’investissement perdu. À moins d’être un organisme gouvernemental, aucun investisseur ne peut supporter de telles pertes longtemps.

Gratter un mot caché par jour coûte…

En analysant les pertes par mot, 554.00 $ de pertes sur 1,000 mots veulent dire que chaque mot revient à 0,55. 4 $

Si on regarde le temps, la perte répartie en jour revient à 554 $ divisés par 949 jours, ce qui donne 0,58. 37 $ par jour.

Encore dans le temps, gratter un mot caché prend environ 6 minutes. Mille mots prennent 6,000 minutes, donc 100 heures, autrement dit 4 jours et 4 heures. Mais…

…gratter un mot par jour ne prend que 6 minutes et les lumières rouges nous prennent beaucoup plus longtemps que ça par jour pour la majorité.

On peut conclure que quelqu’un qui gratte un mot caché par jour peut s’attendre à payer environ 60 cents par jour. À moins qu’il n’ait la « bad luck » de gagner un montant de 100 $ et plus.

Comme relaxation, on peut dire qu’Albert n’est pas la source ultime de comment relaxer.

Et loto-Québec dans tout ça !

Le rapport de 2011 donne 3,674,862 milliards de dollars de revenus cette année. Comparez les montants des lots attribués aux frais d’exploitation dans la capture d’écran du rapport de Loto-Québec montré plus bas. Faites comme Albert, comparez, comptez.  Des heures de plaisir.

Voici des citations diverses et amusantes tirées du site de loto-Québec

Notre mission

Gérer l’offre de jeux de hasard et d’argent de façon responsable en favorisant l’ordre, la mesure et l’intérêt de la collectivité québécoise.

Loto-Québec retourne entièrement le fruit de ses activités à la collectivité québécoise.

Avec des revenus de 3,675 milliards de dollars, dont 1,247 milliard de dollars remis directement au gouvernement du Québec en dividendes, Loto-Québec participe de façon importante au développement de la société québécoise. 

L’étude estime que les Québécois dépensent annuellement en moyenne 483 $ en jeux de hasard et d’argent. Selon des données recueillies par Loto-Québec, il s’agit de la dépense la plus faible par habitant au Canada.

Oubliez les lots attribués et les frais d’exploitations. Ne vous en faites pas. Tout va bien. N’oubliez pas d’arroser vos plantes. Le gouvernement s’occupe de tout. Dormons bien!

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