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LA SOCIÉTÉ DU PATRIMOINE DES BEAUCERONS

Bel après-midi en vérité !

Par: Joffre Grondin

Sourires de gens heureux de leur travail : Daniel Carrier, directeur général et Rolland Bouffard, président de la Société du Patrimoine des Beaucerons.

Au quatrième étage de la Maison de la culture à Saint-Joseph-de-Beauce, une équipe veille à la classification des données temporelles structurant la continuité des transitions en mouvance de l’espace-temps qui rend les différents passés quasi concomitants aux futurs.

Je vous jure que ça veut dire quelque chose. Désolé, je me suis laissé aller. Recommençons avec une mise en contexte.

 Il s’agissait de faire une recherche pour un article sur le frère Éloi-Gérard Talbot, un des pionniers de la généalogie au Québec. J’avais appris à travers les branches que le fonds Éloi-Gérard se trouvait à Saint-Joseph. J’avais donc pris rendez-vous et ce bel après-midi me retrouvait au quatrième étage de la Maison de la culture, dans les locaux de la société du Patrimoine des Beaucerons.

La société du Patrimoine des Beaucerons est une société d’histoire, de généalogie et un centre d’archives. On peut y trouver — très bien classés — des livres, des manuscrits, des photos et différents objets, témoins que nos ancêtres ont bâtis, montés, assemblés, inventés, combinés, structurés des éléments maintenant indispensables à notre présent, éléments qui nous permettent d’avancer vers le futur. C’est à peu près ça que le premier paragraphe avait l’intention d’exprimer.

 Je ne m’en doutais pas, mais j’allais entrer dans les méandres de l’histoire, pour quelques heures.

 Sortie de l’ascenseur

L’accueil de Rolland Bouffard, le président et de Daniel Carrier, directeur général est chaleureux. Une conversation à bâtons rompus s’engage. Les locaux de cette société historique sont faits d’histoire concentrée. Dans les documents, sur les murs, dans les objets qu’on vous place entre les mains, en regardant simplement par la fenêtre on peut apercevoir… vous verrez plus tard.

 Don

J’apprends presque immédiatement que la famille de Raoul Poulin a fait don de ses discours à la société. Il faut savoir que le docteur Poulin était un orateur connu dans tout le Canada. Raoul Poulin, originaire de Saint-Martin fut médecin et député de Beauce à Ottawa comme indépendant de 1949 à 1958.

Passer un projet de loi privé est extrêmement difficile à Ottawa. Raoul Poulin a réussi à passer le sien et les chèques sont depuis ce temps bilingue au fédéral.

Pendant ce temps, son frère aîné Georges-Octave était député au provincial pour l’Union Nationale pendant 15 ans, de 1945 à 1960.

Ça s’est passé en Beauce.

 Léger Boutin entre en scène

Rolland Bouffard, une étincelle amusée dans les yeux, raconte l’histoire de son grand-oncle, Léger Boutin, qui avait déménagé à Prince Albert en Saskatchewan. « La loi disait que le français était enseigné une heure par jour au maximum. Cependant, étant donné que les francophones étaient majoritaires, Léger demanda plus d’heures. Il a dû aller en procès et il l’a perdu. Il a même été condamné à 16 $ d’amende. Furieux, il décide de faire appel ».

C’est ici qu’on commence à voir quelle est la connexion entre Raoul Poulin, député à Ottawa et la saga de Léger Boutin.

« Léger a engagé un jeune avocat qui avait un cabinet près de Prince Albert. Il s’appelait John Diefenbaker et il a gagné la cause. C’est Diefenbaker qui a défendu la cause française ».

Il faut mentionner comme Wikipédia que « John Diefenbaker, lui, aspirait à une identité canadienne englobant les autres cultures », incluant les autochtones qui votèrent pour la première fois au fédéral. Il était donc dans ses convictions de défendre les droits des peuples fondateurs.

Autre don

La société a reçu un cahier assez volumineux de découpures de journaux, en voie de numérisation, se rapportant à Henri-Séverin Béland (1869-1935). Qui était cet homme qui fut maire de Saint-Joseph ?

Beaucoup a été écrit sur Henri-Séverin Béland

Médecin, député de Beauce, ministre des Postes, du rétablissement des soldats à la vie civile, de la Santé, sénateur, élu par acclamation en 1900, médecin d’hôpital capturé par les Allemands il écrit un livre en prison, le roi de la Belgique lui conféra le titre de Chevalier de l’Ordre très distingué de la Couronne de la Belgique.

En bref, c’était quelqu’un.

Et mes deux hôtes, en alternance, me racontent la suite. Un beau jour, les petits enfants de Henri-Séverin Béland qui vivent en Ontario se présentent à la Maison de la culture pour voir s’il reste quelque chose de leur célèbre ancêtre.

Henri-Séverin Béland, ministre du rétablissement des soldats

Daniel Carrier se rappelle les avoir reçus dans son bureau du quatrième étage. On y pénètre et il revit la scène. « Je me suis tourné vers la fenêtre et j’ai pointé vers la maison paternelle, coin Ste-Thérèse ». Le large mouvement du bras présente la très belle maison comme sur un plateau.

Il y a aussi la plaque commémorative en face de la Maison de la culture, un gros monument au cimetière.

« Les enfants n’en revenaient pas », se rappellent les deux compères avec de larges sourires.

 Mouvement et croix

Chaque point est une croix de chemin. Il en a fallu de la patience.

« Y’a quelque chose qu’il faut que je te montre »!  On y va, mais en passant la porte j’aperçois une carte. « C’est quoi ça » ? Réponse, « Chaque point est une croix de chemin ». Toutes les croix de chemin ont été recensées avec des couleurs différentes, indiquant divers facteurs. J’ai oublié quoi. « Ça a pris du temps, mais… »

 Le premier livre en Beauce

Il y a une drôle d’odeur dans l’air. On m’informe que c’est une réaction chimique des vieux documents. Ça sent pas bon, mais c‘est normal.

Le premier livre en Beauce; il date de 1720

Et voici la chose. Environ 14-15 pouces, mettons 36 cm. C’est le gros livre qu’il y avait sur l’autel, le missel romain, Missale Romanum. Celui-ci a été imprimé à Paris en MDCCXX (revision rapide de mes chiffres romains en cours) mille sept cent vingt. 1720. La Beauce a été créée en 1736. Le livre fut retrouvé à la première chapelle de Saint-Joseph, située de 500 à 1,000 pieds en amont du pont, côté ouest.

 Clothilde Gilbert en bonus

En jetant un coup d’oeil vers ma gauche, j’aperçois une image qui illustrait les catéchismes de jadis.  Et juste à côté, j’aperçois soudain LA photo. Il s’agit de la représentation de Clothilde Gilbert, celle qui a trouvé la première pépite d’or en Beauce, par l’artiste G.A.  Cuthbertson. ET C’EST L’ORIGINAL.

Le dessin original de la découverte de la première pépite d'or en Beauce

Daniel me révèle que la Canadian Mining Journal, qui employait l’artiste, avait donné le dessin original (environ 30 X40 pouces) à Paul Allard, ministre des richesses naturelles. L’histoire ou la légende prétend que la frustration de la défaite aux élections lui aurait fait oublier le tableau dans son bureau.

La version de Hugues Nolet-Voyer de la découverte de la première pépite d'or en Beauce.Collection privée de l'auteur

Quelle coïncidence, il y a de nombreuses années, en voyant ce dessin, j’avais eu l’idée de demander à l’artiste Hugues Nolet-Voyer de créer une interprétation personnelle. La jeune fille représentée sur le tableau est la petite petite fille de Clothilde Gilbert. Connaissant les chevaux, c’est elle qui a suggéré la petite chaudière avec laquelle on attire l’animal en brassant le contenant de graines.

Devenez membre

Pour avoir accès à ces trésors, il suffit, pour un montant minime, de devenir membre. Un moyen à la portée de chacun d’aider la société à garder vivant notre patrimoine.

 Et Éloi-Gérard Talbot dans tout ça ! C’est pour bientôt.

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