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Les Cinq chapelles de Sainte-Marie

Chapelle Turcotte, Rang Saint-Gabriel Nord, Sainte-Marie (Photo : Rolland Bouffard)

Par : Rolland Bouffard, collaboration spéciale.

Au cours des années 1800, début 1900, il est de pratique courante d’ériger une chapelle votive, située soit à la sortie d’un village, bien souvent nommée chapelle de procession, ou dans un rang. Ces chapelles répondent souvent à un vœu exaucé ou une promesse comblée.

Il y a une couple d’années, M. Marcel Marcoux m’a proposé de visiter les chapelles de Sainte-Marie et prendre des photos. Depuis ce temps, les photos dormaient dans mon ordinateur. 

Mais voici qu’en pleine tempête de neige de février 2020, je retourne au clavier pour sélectionner différentes photos, les traiter avec Photoshop et Picture Manager, et finalement terminer avec un logiciel de montage vidéo. Résultat, une douzaine d’heures devant l’écran d’ordinateur.

À la fin de cet article, on peut prendre connaissance d’un montage vidéo de photos sur YouTube en cliquant sur le lien indiqué.

La sixième chapelle, démolie

On compte cinq chapelles à Sainte-Marie. Par contre dans son livre intitulé; Sainte-Marie de la Nouvelle Beauce, Histoire religieuse, édition 1967, à la page 173, l’abbé Honorius Provost parle d’une sixième chapelle, la chapelle Tardif.

Il écrit : « La chapelle Tardif se trouve sur la route nationale, à environ trois milles au sud-est de l’Église. Elle est dédiée à l’Immaculée-Conception et on a prétendu qu’un écolier du collège, avec un frère des Écoles Chrétiennes, y aurait été témoin, certain jour, d’un prodige semblable à celui de Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine. 

L’édifice, placé d’abord trop près de la rivière Chaudière, fut renversé par les glaces, en 1896. En 1905, M. Octave Tardif la transporta, sur le haut de l’écore, le long du talus du chemin de fer ».

Mais on ne retrouve pas cette chapelle. C’est en parlant avec des Né-Natifs, que j’apprends que la chapelle était située sur la route 173, entre Sainte-Marie et Vallée-Jonction. Elle a été démolie.

Les archives de Marcel Marcoux

J’ai eu l’idée de contacter M. Marcoux pour avoir plus de détails. J’ai réalisé que les chapelles n’avaient pas de secret pour lui. Il avait même une photo de la chapelle Tardif, que Madame Rita Tardif lui avait remise alors que la chapelle était située dans la région du 1950, Route du Président Kennedy, avant qu’elle ne soit démolie, le 17 octobre 1980. Probablement une des seules photos de cette chapelle, que j’ai pu numériser.

Photo prêtée par Marcel Marcoux pour numérisation. Chapelle Tardif avant la démolition.

D’abord construite près de la rivière Chaudière en 1885-86, exposée trop souvent aux inondations annuelles. Elle est déplacée plus au Sud, côté Est de la route Lévis-Jackman en 1905, près du rocher.

Capture d’écran Google Maps juillet 2018, Le rocher où était la chapelle Tardif.

C’est le propriétaire, lui-même, Alexandre Tardif de Richmond, qui ordonne la démolition de cette petite chapelle qui avait été construite par son grand-père, Octave Tardif, maître voiturier. La chapelle est bénie par M. le curé Chaperon, en hommage à l’Immaculée-Conception. Alexandre considère qu’il en coûte trop cher (3 000$) pour procéder à la rénovation de cet oratoire qui a vraiment besoin de réparations.

Alexandre Tardif fait don des objets de culte qui s’y trouvent à un prêtre qui les destine à une chapelle en Abitibi.

Article tiré du livre de François Drouin, p. 205. Le Passé Toujours Présent Sainte-Marie de Beauce (1940-90)

Chapelle Cliche, Rang Saint-Étienne Sud. (Photo Rolland Bouffard)

La chapelle Cliche

Située au 2015 Rang Saint-Étienne Sud, elle est construite en 1885, d’après le vœu de monsieur Charles Cliche. Celui-ci avait trouvé une croix sur sa terre et il prit la décision, avec d’autres habitants du rang, d’ériger une chapelle sur les lieux de sa découverte. Son fils monsieur Thomas Cliche reprend la terre un peu plus tard. Il épouse Madame Laura Jacques en 1911, ils ont huit enfants.

La chapelle est dédiée à Notre-Dame de Pitié.

Un incendie fatal

Dans la nuit du 5 mars 1928, un terrible incendie éclate dans la maison familiale. Le grand-père Charles Cliche, Madame Jacques et huit enfants périssent dans l’incendie. Seulement M. Thomas Cliche peut échapper aux flammes.

La maison, ainsi que tous les bâtiments de la ferme sont rasés. La chapelle située de l’autre côté de la rue est épargnée.

Selon les désirs de M. Thomas Cliche, la chapelle est déplacée sur les restes des fondations de la maison incendiée. Selon lui, il n’y a rien de mieux pour conserver le souvenir de ses disparus. Aujourd’hui, la chapelle Cliche est encore située sur les lieux de la tragédie.

Chapelle Hébert, Rang Saint-Gabriel Sud (Photos : Rolland Bouffard)

La chapelle Hébert

Située au 940, Rang Saint-Gabriel Sud, la chapelle Hébert est construite en 1835 par Louis Hébert, charpentier. Elle est érigée pour faveur obtenue par Jean et Maria Hébert. 

La chapelle est dédiée à Notre-Dame de la Protection.

Chapelle Turcotte, Rang Saint-Gabriel Nord (Photo : Rolland Bouffard)

La chapelle Turcotte

Située au 500, Rang Saint-Gabriel Nord, la chapelle est érigée en 1924 par Joseph Turcotte, en hommage au Sacré-Cœur.

M. Turcotte avait trois garçons. C’était à l’époque de la guerre alors que des « Squatters » parcouraient les paroisses et visitaient les maisons afin de recruter des jeunes hommes pour aller à la guerre.

Pour ne pas être dépistés par les recruteurs et enrôlés, les garçons se sont sauvés dans les bois du rang Saint-Gabriel et sont restés cachés trois ou quatre semaines. M. Turcotte avait fait une promesse à savoir que si les garçons n’étaient pas recrutés et obligés d’aller à la guerre, il construirait une chapelle votive en hommage au Sacré-Cœur.

Chapelle du cimetière Sainte-Marie (Photos : Rolland Bouffard)

 La chapelle du cimetière

La chapelle du cimetière, érigée en 1879, est située sur la rue Notre-Dame Sud. Elle sert de charnier l’hiver. 

À l’intérieur de la chapelle du cimetière, l’autel provient de la chapelle du couvent de Sainte-Marie, démoli en une fin de semaine de décembre 1975. Les Sœurs qui habitaient le couvent étaient déménagées quelques mois plus tôt.

La chapelle du cimetière est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus.

 Chapelle Sainte-Anne (photo : Rolland Bouffard)

La chapelle Sainte-Anne

Située sur la rue Notre-Dame Nord, la chapelle Sainte-Anne est la troisième chapelle située au même endroit. La première, en bois, construite en 1778, est remplacée en 1832 par une nouvelle, en pierre des champs. La chapelle actuelle est construite en 1890, selon les plans de l’architecte Georges-Émile Tanguay.

De dimensions plus importantes, elle est construite par-dessus l’ancienne chapelle qui est démolie par la suite pour compléter l’intérieur de la chapelle que nous connaissons. La chapelle est dédiée à Sainte-Anne. 

Parmi les premiers colons venus s’établir à Sainte-Marie, plusieurs proviennent de la région de Sainte-Anne de Beaupré et d’origine bretonne. Ils vouent un culte à Sainte-Anne. L’établissement de la chapelle Sainte-Anne en Beauce a pour but principal de satisfaire la piété des habitants en supprimant une importante distance, soit le trajet entre Sainte-Marie et Sainte-Anne de Beaupré.

Un autre motif, plus particulier, spécifié par les fondateurs de la chapelle, est d’être préservé des ravages des inondations de la rivière Chaudière.

Montage vidéo

Pour compléter : Une courte visite de trois minutes trente sur vidéo. Il est possible de faire une pause pour voir plus de détails. Voici un montage de photos des chapelles en fichier vidéo MP4 sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=HWt2gZFLN3I&feature=youtu.be

 

Raymond Vachon
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