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Fátima, au Portugal, le 13 octobre

Basilique de Notre-Dame du Rosaire de Fatima, début de la construction 1928 (Photo : Rolland Bouffard)

Par : Rolland Bouffard, collaboration spéciale

Nous sommes en 1917, à l’époque de la Première Guerre mondiale, trois jeunes bergers sont témoin d’un événement religieux qui marquera l’histoire de Fátima, un petit village du Portugal, soit l’apparition de la Vierge Marie, le 13 mai, la première fois, et à tous les 13 du mois jusqu’à octobre 1917. Elle confie des secrets à Lucia dos Santos âgée de 10 ans, à ses cousins Francisco Marto, 8 ans, et Jacinta Marto, 7 ans. 

Les enfants sont témoins de six apparitions et la dernière a lieu le 13 octobre 1917. Quelques milliers de personnes les accompagnent lors de cette journée pluvieuse. Soudain, le temps s’éclaircit, le soleil apparaît avec un effet plus lumineux que d’habitude, mais il n’y a que les trois enfants qui voient apparaitre la Vierge Marie. Chaque année, le 13 octobre, des dizaines de milliers de pèlerins se rassemblent à cet endroit. 

En septembre dernier on planifiait de faire un voyage au Portugal. Il était prévu d’arriver à Lisbonne, de se rendre à Porto et Sintra en train et de louer une auto pour une visite à Fatima et Coimbra, les 12 et 13 octobre. Mais au moment de réserver un hôtel à Fatima par Internet, le 13 octobre, on indiquait complet presque partout. C’est par hasard, en regardant un reportage à la télévision, à propos de l’histoire de Fatima, que j’apprends que cette journée correspond à l’anniversaire de la dernière apparition. On y tient des cérémonies religieuses marquant l’anniversaire de cet événement, ce qui attire beaucoup de pèlerins. On modifie l’agenda et on avance la date de visite.

Un petit village, et pourquoi le nom de Fatima?

Fatima est une petite ville touristique, située en pleine campagne, à l’intérieur des terres au Portugal, à 130 kilomètres au nord de Lisbonne. Elle compte 12 000 habitants, quarante-huit hôtels, une trentaine d’auberges et deux basiliques, dont l’une peut contenir 9 000 personnes. Plus de quatre millions de visiteurs s’y rendent chaque année, la plupart étant des pèlerins qui fréquentent le sanctuaire.

Direction

Fêtée le 13 mai, date de la première apparition, Notre-Dame de Fatima est mondialement connue et vénérée. On pourrait être surpris par la toponymie peu catholique de ce village portugais où est apparue la Sainte Vierge en 1917. Fatima est en effet un prénom musulman, celui de la fille préférée du prophète Mahomet, raison pour laquelle de nombreuses femmes musulmanes sont prénommées ainsi.

Il y a quelques centaines d’années, les musulmans se sont établis en Afrique du Nord et par la suite se sont déplacés vers la péninsule ibérique. Mais sous son règne, la très catholique Isabelle, reine de Castille, fait la guerre aux musulmans de façon assez énergique, ils partent vers d’autres endroits. 

Le Portugal est donc devenu un royaume catholique, tellement qu’en visitant Porto ou Lisbonne, on a l’impression qu’il y a une église à tous les coins de rue.

Le Pape Jean-Paul II

Ce pape d’origine polonaise visite la ville de Québec en septembre 1984, il célèbre une messe sur l’estrade construite par les employés du Groupe Canam de Saint-Gédéon de Beauce. Le 11 septembre, il se rend au Stade olympique à Montréal alors que Céline Dion chante « Ma colombe » lors d’une cérémonie et, finalement, il se dirige vers Ottawa et Midland en Ontario.

L’estrade pour la célébration à l’Université Laval, réinstallée à Saint-Gédéon de Beauce. (Photo : Rolland Bouffard)

L’événement qui a marqué le monde

L’événement qui a fait le tour du monde en quelques minutes est cet attentat alors que le pape circule parmi la foule de gens réunis sur la place Saint-Pierre au Vatican.

Le 13 mai 1981, Mehmet Ali Ağca, membre de l’organisation islamiste turque, tente d’assassiner le pape Jean-Paul II. Le pape est touché plusieurs fois mais survit à l’attentat. Le monde entier est sous le choc.

Ce que le tireur ne sait pas, c’est que le 13 mai correspond au jour de la première apparition à Fatima. Suite à cet événement, le pape dit : « Une main a tiré et une autre a dirigé la balle », la première main étant celle du tireur et la seconde celle de la Vierge Marie. Pour lui, la main de la Vierge est intervenue pour lui sauver la vie.

Statue du pape Jean-Paul II, située près de la basilique de la très Sainte Trinité. (Photo : Rolland Bouffard, le 11 octobre 2019).

Depuis cet événement, le pape Jean Paul II voue un culte sans borne à Fatima. Il est convaincu qu’il a eu la vie sauve lors de l’attentat du 13 mai 1981 grâce à l’action de Notre-Dame de Fatima. En signe de remerciement pour avoir survécu à l’attentat, il se rend à Fatima l’année suivante, le 13 mai 1982.

Notre-Dame-du-Rosaire de Fátima (Photo: Rolland Bouffard)

Les chirurgiens lui ont remis la balle qui aurait pu lui être fatale. Il l’apporte à Fatima, au Portugal, pour remercier la Vierge de lui avoir sauvé la vie. Cette balle est incrustée dans la précieuse couronne en or, pesant 1,2 kg, et contenant 3 000 perles et pierres précieuses de Notre-Dame du Rosaire de Fatima. Elle est utilisée pour les jours de grands pèlerinages

La précieuse couronne (Photo: Source Wikipedia)

Les trois parties du secret

Les deux premières parties du secret de la Vierge Marie aux trois enfants ont été dévoilées suite aux apparitions. Le premier était une vision de l’enfer comme étant une mer de feu. Le deuxième, la conversion de la Russie pour éviter la guerre et conserver la paix. Mais le troisième a été conservé par Lucia. Elle a relaté le secret par une lettre remise en 1957 à son évêque dans une enveloppe scellée et conservée aux archives du Vatican. Après l’attentat, Jean-Paul II demande de voir la lettre. Il en prend connaissance et la retourne aux archives du Vatican. En juin 2000, le Vatican publie officiellement la troisième partie du secret, rédigée dans la lettre en 1944 par Lucia.     

La troisième partie du secret, selon l’interprétation, prévoit la fin de l’Église catholique et l’assassinat de son chef, rappelant aussi une prédiction du prophète Saint-Malachie dans les années 1500. La tentative d’assassinat de Jean-Paul II aurait pu être un signe de l’exécution de la prophétie.

Suite aux événements de l’attentat dont il a été victime, Jean-Paul II y voit « une main maternelle (de la Vierge Marie) pour guider la trajectoire du projectile », évitant, de ce fait, la mort du pape vue par les enfants de Fatima, le troisième secret ne se réalisant pas jusqu’au bout.

La définition théologique du secret de Fatima et l’interprétation des documents faits par le Vatican contiennent plusieurs pages de texte.

Les trois enfants

Comme beaucoup d’autres, la famille Marto est victime de la grippe espagnole en 1918. Francisco ne réussit pas à survivre et décède le 9 avril 1919, à l’âge de 10 ans. Sa sœur Jacinta décède quelques mois plus tard, le 20 février 1920.

Jacinta et Francisco canonisés. (Photo : Rolland Bouffard)

Quant à Lucia, elle termine ses études à Porto. Elle entre chez les Carmélites, d’abord en Espagne, et revient à Coimbra, au Portugal, une ville située à une centaine de kilomètres au nord de Fatima. C’est à Coimbra que l’on retrouve la première Université du monde. Fondée en 1290, par le roi du Portugal, on y enseigne le droit et la théologie.

Lucia a l’occasion de revenir à Fatima quelques fois, lors de pèlerinages organisés par les papes: D’abord, lors de la visite de Paul VI en 1967, puis de Jean-Paul II en 1982 et en 1991 et finalement en 2000, lors de la béatification de ses cousins, Francisco et Jacinta.

Lucia dos Santos décède à l’âge de 97 ans, le 13 février 2005.

Les canonisations

Jacinta et Francisco Marto sont déclarés vénérables le 13 mai 1989, puis béatifiés le 13 mai 2000, à Fatima, par le pape Jean-Paul II.

Le pape François se rend à Fatima. Le 13 mai 2017, lors du centième anniversaire de la première apparition, il canonise deux des trois enfants témoin des apparitions, Jacinta et Francisco; Lucia étant décédée récemment.

Même les non-croyants présents dans le sanctuaire ne peuvent rester indifférents au caractère grandiose, à la sensation de spiritualité et au symbolisme de cet endroit. C’est une expérience d’être là pour l’événement.

On pourrait écrire des pages de textes. Par contre, un montage de photos en fichier PowerPoint démontre l’envergure des lieux.   http://beaucemagazine.com/wp-content/uploads/2019/12/Fatima-Portugal-2019-Web.pps


Raymond Vachon
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