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Débat sur l’agriculture

Samuel Poulin de la Coalition avenir Québec, Paul Busque du Parti libéral et Diane Vincent de Québec solidaire lors du débat de l’UPA.

L’UPA recevait le premier de deux débats sur l’agriculture ce jeudi 6 septembre, dans le cadre de la campagne électorale provinciale. Le deuxième volet sera dans Beauce-Nord. Ce premier débat était tenu à Saint-Georges pour Beauce-Sud, et trois candidats présentaient la position de leur parti respectif. Il s’agissait de Paul Busque député sortant et candidat du Parti libéral, Samuel Poulin, de la Coalition Avenir Québec, et Diane Vincent, de Québec solidaire.

Le modérateur Jean-Denis Morin a permis une courte intervention de cinq minutes de Milan Jovanovic du Parti conservateur du Québec, où il s’est notamment prononcé contre la gestion de l’offre, brisant ainsi l’unanimité des trois autres partis qui ont promis de la défendre bec et ongles.

La soirée s’est déroulée dans une grande courtoisie des candidats et de l’assistance, une assistance dont, pour la grande majorité, les membres étaient loin d’être à leur premier débat. 

Les candidats s’adressaient donc à des « experts » dans leur domaine, et devaient expliquer leurs positions, leurs solutions, positions et solutions qui devaient être en accord avec leur ligne de parti et leur position personnelle. Avouons que l’exercice n’était pas facile. Personne, d’ailleurs, n’a dit que la politique était facile.

Les sujets

Les trois candidats avaient reçu à l’avance trois questions; ils auraient à répondre en 5 minutes maximum par question. Précédait une brève introduction d’une minute et suivait un résumé de leurs positions, pour finir avec une très courte conclusion en quelques mots, pour laisser place aux questions des agriculteurs présents qui emplissaient presque la salle du restaurant Le Bec-Fin qui les accueillait.  

Questions

Les trois aspirants devaient se prononcer sur 1 — la taxation foncière 2 — la relève agricole 3 — les milieux humides et le moratoire sur les superficies en culture

Le modérateur Jean-Denis Morin a eu l’excellente idée de présenter chaque question dans son contexte, ce qui était très éclairant sur la position des producteurs, en plus de fournir des précisions très éclairantes sur d’étonnants méandres de certaines réglementations qui semblent quelquefois avoir fui la logique.  

Question 1 : la taxation foncière

Mis en place il y a plusieurs décennies, le programme de taxes foncières n’est plus adapté. Depuis 10 ans, l’évaluation a grimpé en flèche. La part payée aux municipalités par les producteurs agricoles est passée de 25 %, soit 35,7 M$ en 2007, à 30 %, donc 60 M$ en 2016. Si rien ne change, cela pourrait doubler en 2020, ce qui représenterait entre 10 et 25 % de leur revenu net.

La question de J-G Morin. « Quelle solution pérenne comptez-vous mettre en place rapidement à la suite de votre élection afin de régler la problématique de la fiscalité foncière agricole ? »

Les réponses

« Il y a eu différents travaux… ce sera la priorité du nouveau ministre de l’Agriculture dans les premiers mois de son mandat… en partenariat », avance Paul Busque(PL).

Samuel Poulin(CAQ). « Avoir un nouveau programme qui est fiable, efficace, et qui va remplacer, et qui va régler le problème d’une façon durable ».

Diane Vincent(QS). « On ne devrait pas payer pour son outil de travail… la terre c’est l’outil de travail » des agriculteurs. « On a une proposition à faire aux municipalités ». Elles tiraient en moyennes 60,3 % de leurs revenus des taxes foncières en 2016. Il s’agirait de « donner des points d’impôts sur le revenu pour remplacer les montants issus des taxes foncières ». Il n’y aurait de taxes foncières que sur les terres non exploitées.

Question 2 : la relève agricole

Le prix des terres augmente sans cesse. En 2016, la valeur moyenne s’établissait à 21 898 $ l’hectare. Situation difficile pour les jeunes qui souhaitent démarrer leur entreprise agricole. Est-ce que votre parti souhaite s’attaquer à cette problématique, et si oui, comment ?

Le modérateur Jean-Denis Morin

Les réponses

Une question de choix financiers, avance Samuel Poulin(CAQ). Au lieu de financer des cimenteries (allusion à Port-Daniel), il faut bonifier l’aide à la financière agricole et ajouter du soutien et de l’accompagnement aux agriculteurs.

Pour Diane Vincent(QS) il faut favoriser la relève familiale, apparentés ou non avec des avantages fiscaux, avec congé d’intérêts sur les prêts, le temps que la ferme prospère. Le gouvernement pourrait aussi avoir une banque de quotas pour la relève. Le tout assorti d’un soutien technique et financier.

Paul Busque (PL) : La ferme familiale « c’est le modèle qu’on privilégie au Québec » martèle le député sortant. « La relève est donc extrêmement importante ». Le fonds d’investissement de la relève agricole… on a besoin de plus de souplesse. » Il faut adapter aux besoins d’aujourd’hui.

Question 3

En Chaudière-Appalaches, depuis 2004, il n’est plus possible d’augmenter les superficies en culture. De plus, chaque milieu humide perdu devra être compensé. Avec la formule actuelle, cela « exigera des sommes énormes pour quiconque voudra intervenir dans un milieu humide. » Les municipalités se dirigeront donc vers les terres « sèches » pour leur développement, « et qui dit terres sèches, dit terres agricoles. » La question, assène Jean-Denis Morin « Êtes-vous prêts, êtes vous prêts à lever l’interdiction d’augmenter les superficies en culture, et à revoir la loi sur la conservation des milieux humides, afin d’exempter la compensation des activités agricoles et forestières ? »  Et le modérateur ajoute:  « je vous rappelle que la question est très précise. »

Les réponses

Diane Vincent (QS) « Un milieu humide est un endroit qu’il faut protéger ». Pour Québec solidaire, « la compensation, on la garderait ». Pour contrer l’expansion des municipalités vers les terres agricoles, QS prône plutôt une densification des municipalités, ce qui veut dire placer les services plus près des citoyens ruraux. QS désire conserver le moratoire sur l’augmentation des terres agricoles.

Le modérateur intervient ici pour amener une situation précise, un de ces étonnants méandres de certaines réglementations qui semblent avoir fui la logique. Si un agriculteur veut enterrer « une digue de roches », il ne peut ensuite l’utiliser comme terre cultivable. 

Madame Vincent précise qu’il n’y a rien dans le programme du parti sur ce point, mais que le gros bon sens…

Concernant prendre de l’expansion avec le boisé, continue Jean-Denis Morin si certaines régions n’ont que très peu de boisés, en Chaudière-Appalaches, il y a 70 %, 75 % et même 80 % de boisés dans certaines municipalités. En prendre 10 %…

« L’environnement est important, mais le fonctionnement de l’économie c’est aussi important et que le travail que nos agriculteurs font en production agricole, c’est aussi important… On doit rechercher l’équilibre… L’environnement ne doit pas constituer un frein… Les méthodes de production ont évolué et se sont très bien adaptées pour respecter des normes plus vertes et plus environnementales ». L’objectif est de maintenir le secteur en santé et qui demeure compétitif. La problématique dans la loi était dans les détails et dans l’écriture, dans les règlements. Dans les nouveaux règlements parus dans la gazette, les milieux forestiers privés et maraîchers sont exemptés de compensation. 

Sur le moratoire de 2004.

Les pratiques ont évolué dans le bon sens et « je pense que le moratoire devrait tout simplement être suspendu », tranche le député sortant.

Réponse de Samuel Poulin (CAQ)

Le mot flexibilité est important. Les régions sont différentes, il y a beaucoup de boisés dans Beauce-Sud, il faudrait un projet pilote pour « permettre à nos agriculteurs de se développer. » 

Sur les milieux humides, il faut se pencher sur l’application des règlements et « oui, on est pour la protection de l’environnement, mais il ne faut pas bloquer le développement économique. » Pour le moratoire, « une mise à jour doit être faite, je suis d’accord avec monsieur Busque là-dessus. »

Les engagements des trois candidats en rafale

Les trois candidats ont fait l’exposition en rafale de leurs intentions, intentions que l’on pourra entendre répétés au cours de la campagne. La défense de la gestion de l’offre était prioritaire pour les deux premiers intervenants. Pour la candidate de Québec solidaire, cependant, un autre son de cloche. Presque un autre monde. 

Il est « insensé de vouloir toujours grossir, grossir, grossir… l’économie ne peut pas toujours monter à perpétuité. Un moment donné, il va falloir trouver une autre façon. » « Les denrées alimentaires ne devraient pas être cotées en bourse ni faire l’objet de spéculations financières. Le prix au détail n’a plus rien à voir avec le coût de la production. »

Les détails des promesses détaillées peuvent être trouvés sur les différents sites des partis. 

Questions éclairantes

La période de questions des producteurs qui a suivi abordait la banque du sirop, l’agrandissement des terres en coupant de la forêt, les surplus de « pitounes » et quoi faire avec, une bioraffinerie possible, le fait que le producteur reçoit 0,65 $ du litre alors qu’au détail, c’est entre 1,74 et 1,90 $; quelle est la définition d’un milieu humide ? Il n’y a que 3 grandes usines laitières au Québec auxquelles on peut vendre. 

Débat numéro 2

Il y aura un deuxième débat tenu dans Beauce-Nord le mercredi 12 septembre de 10 h à 12 h à Sainte-Marie Aux Fruits de la colline, avec Daniel Perron (Parti Québécois, Beauce-Nord), Samuel Poulin (Coalition avenir Québec, Beauce-Sud), Pierre-Luc Daigle (Parti libéral du Québec, Lotbinière-Frontenac) et Diane Vincent (Québec Solidaire, Beauce-Sud).

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