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Joyeux 97e anniversaire à l’ex-caporal, Lucien Bourque

L’ex-Caporal Lucien Bourque, originaire de Notre-Dame-des-Pins célèbre aujourd’hui son 97e anniversaire de naissance. Photo de gauche prise en 2014 et celle de droite en 1944.

Yvon Thibodeau, collaboration spéciale

C’est aujourd’hui, mercredi 5 septembre 2017 que l’ex-caporal Lucien Bourque, tireur d’élite au cours de la Deuxième Guerre mondiale, fête son 97e anniversaire de naissance. À l’âge de 19 ans, ce jeune fils de cultivateur de Notre-Dame-des-Pins, frère de l’ex-curé de Saint-Benoît Labre Arsène Bourque, s’enrôlait au sein du Régiment de la Chaudière. Quelques années plus tard, il faisait partie des 14 000 soldats canadiens qui ont foulé les côtes de la Normandie le 6 juin 1944. 

L’ex-caporal Lucien Bourque, qui demeure dans la région de Sudbury depuis plus de 70 ans, était de passage en Beauce le 7 juillet 2014, et j’avais alors eu le plaisir de le rencontrer et de recevoir ses confidences.

Il ne reste présentement que deux militaires nés en Beauce, qui ont combattu en Europe au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Il m’arrive parfois de m’entretenir avec l’un d’eux, soit l’ex-caporal Bertrand Grenier, âgé de 93 ans, qui habite Saint-Georges et qui lui, faisait partie du Régiment des Fusiliers Mont-Royal. L’autre ancien combattant s’appelle Lucien Bourque, et en ce 6 septembre 2017, il célèbre son 97e anniversaire de naissance.

L’ex-caporal Lucien Bourque nous montre deux photos datant de 1942 et 1944, alors qu’il faisait partie du Régiment de la Chaudière

Même si Lucien Bourque m’avait avoué, au cours de l’heure que j’avais passée avec lui il y a trois ans, qu’il n’aimait pas revenir sur les événements tragiques dont il fut témoin, et c’est avec une émotion palpable que l’ex-caporal m’avait raconté quelques épisodes de sa vie comme soldat. Enrôlé comme volontaire à l’âge de 19 ans, il suivit son « basic training » en Nouvelle-Écosse avant de s’embarquer pour l’Angleterre. Après avoir agi comme cordonnier ou tailleur, c’est en tant que tireur d’élite (sniper) qu’il fit ses preuves dans les Forces armées canadiennes.

Le jeune militaire se souvient que la consigne était alors très claire « Si vous faites des prisonniers, vous devrez leur donner votre ration. C’est pour çà qu’on ne faisait pas beaucoup de prisonniers », se souvient-il.

Des souvenirs qui ne s’effaceront jamais

Laissons parler celui qui nous raconte son histoire comme s’il effectuait un véritable retour vers un passé qu’il ne pourra jamais oublier. « Avant de nous rendre en Normandie, nous avons traversé la Manche sur un gros bateau, puis nous avons transféré sur un des 37 bateaux plus petits. Au moment où nous approchions du rivage, une bombe lancée par les Allemands est tombée sur la péniche dans laquelle je me trouvais et l’a coupée en deux, tuant plusieurs d’entre nous. Les autres ont dû sauter à l’eau et courir rapidement jusqu’à la plage, sous le feu ennemi. Le ciel était noir d’avions, et nous entendions les tirs des canons et des mitrailleuses ».

Il y a trois ans, l’ex-Sergent Colomb Talbot, alors Officier d’entraide de la Légion royale canadienne Filiale La Beauce, était très fier d’accueillir l’ex-caporal Lucien Bourque à l’exposition « Patrimoine militaire beauceron », qui fut présentée durant près de deux années au 4e étage du Centre culturel Marie-Fitzbach.

L’ex-caporal me parle de la fois où la fatigue accumulée lui a en quelque sorte sauvé la vie « Je me souviens que quelque temps après le Débarquement, nous devions aller combattre une patrouille allemande. Plutôt que de les affronter de face, nous avons marché durant 12 heures afin de tenter de les encercler. J’étais tellement épuisé que j’ai perdu connaissance et me suis profondément endormi. Durant la nuit, les Allemands nous ont attaqués, tuant plusieurs de mes camarades. Ma patrouille a dû fuir en vitesse, me laissant sur place en pensant que j’étais mort. Nos ennemis ont pensé la même chose, et c’est ce qui m’a sauvé la vie. J’ai réussi plus tard à rejoindre mon unité, avec l’aide des membres du Queens Own Rifles. » L’ex-caporal fait une pause et me parle de la belle Hollandaise qu’il avait rencontrée, et dont il était tombé amoureux. La guerre étant terminée et devant revenir au pays, on l’avertit que s’il ne s’embarquait pas sur le Queen Elizabeth I, comme 12 000 de ses Frères d’Armes, il devrait défrayer entièrement le coût du billet de retour, s’il jamais il changeait d’idée. Il décida donc de quitter sa belle Hollandaise, et une fois de retour au Canada, épousa Madeleine Bélanger, avec qui il correspondait durant la guerre. « Lorsque nous combattions en France, nous devions toujours faire attention aux filles qu’on fréquentait, car il y avait des Françaises qui étaient tombées en amour avec des Allemands, certaines ayant même eu des enfants avec ces derniers ».

Une fois la guerre terminée, Lucien Bourque choisit d’aller vivre à Sudbury. « À mon retour dans la Beauce, après la guerre, j’ai décidé de m’établir en Ontario parce que je savais que si je restais par ici, les gens n’arrêteraient pas de me demander de leur raconter ce qui s’était passé là-bas. Et moi, je voulais oublier çà et ne plus jamais en parler ».

La joie se lisait dans les yeux de l’ex-caporal Lucien Bourque, lorsqu’il avait visité l’exposition « Patrimoine militaire beauceron », il y a de ça quelques années.

Selon ce que m’a confié sa fille Suzanne, même après plus de 70 ans après ces tragiques événements, il arrive encore que son père se réveille durant la nuit, victime de cauchemars qui le hanteront jusqu’à la fin de sa vie. Il semble que ce soit le prix que doivent payer plusieurs militaires, qui ont combattu afin de tenter d’améliorer le monde dans lequel nous évoluons.

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