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JOYEUX 95e ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE ZDZISLAWA SOLECKA

Par: Yvon Thibodeau, collaboration spéciale

Yvon Thibodeau, collaboration spéciale

Zdzislawa Solecka ou Ghislaine Baillargeon, une vie, un voyage à travers le temps. De 25 à 95 ans. Photo Zdzislawa 25 ans : courtoisie. 2e photo : Yvon Thibodeau

En ce 29 mai 2017, je suis allé rendre visite à ma vieille Amie polonaise Zdzislawa Solecka (Ghislaine Baillargeon). Alors qu’elle n’était âgée que de 22 ans, Ghislaine a passé plus d’une année dans quatre Camps de concentration, dont le tristement célèbre Auschwitz. 

Lorsque je suis arrivé à la Résidence pour personnes en perte d’autonomie où elle demeure, elle se rendait prendre son repas. Même si depuis l’an dernier ses capacités physiques et cognitives ont beaucoup diminué, elle a semblé me reconnaître, car elle m’a enlacé, m’a pris la main et y a déposé un baiser. Je vous avoue que n’ayant pas encore été canonisé et étant loin de me prendre pour le Pape François, cela m’a un peu mis mal à l’aise devant la Préposée qui l’accompagnait. Mais comme dirait Jean Chrétien : « Que voulez-vous ? »

Toujours est-il qu’en attendant qu’elle revienne de la salle à dîner, je suis allé l’attendre dans le petit salon adjacent à sa chambre. À son retour, elle m’a à nouveau pris dans ses bras, et s’est mise à pleurer en essayant de me dire quelque chose. Malheureusement, elle ne parle pratiquement plus, se contentant de marmonner des sons inaudibles. Nous sommes entrés dans sa chambre ; je l’ai aidé à s’asseoir sur sa berçante, car elle a terriblement mal au dos, suite à une chute faite il y a quelques années. Je lui ai alors remis la carte de souhaits que je lui avais apportée. À ma grande surprise, elle m’a lancé : « CARTE ? », et m’a adressé un beau sourire. Elle a commencé à la lire et semblait très émotive en prenant connaissance de ce que je lui avais écrit, que notre première rencontre datait d’une quarantaine d’années, que depuis j’avais trouvé en elle une de mes meilleures Amies, et que je lui souhaitais de vivre jusqu’à… 100 ans !

Durant l’heure passée en sa compagnie, elle n’a pas prononcé d’autres mots, se contentant de me montrer la fenêtre, d’où on pouvait apercevoir quelques arbres aux couleurs éclatantes, suite à la pluie des derniers jours. Puis elle tendait la main vers sa table, où j’avais déposé sa carte de souhaits. Je l’ai alors invitée à se rendre dans le petit salon où je l’avais attendue. Après lui avoir avancé sa marchette, nous sommes partis nous asseoir à cet endroit, entouré de fenêtres. Je l’ai de nouveau aidée à s’asseoir sur une des berçantes. Zdzislawa était contente de me montrer les superbes lilas en fleurs qu’on pouvait apercevoir près des maisons avoisinantes. Ayant toujours développé une passion pour les fleurs, ayant confectionné au cours de sa vie des milliers de petits arrangements floraux qu’elle vendait aux Touristes qui se rendaient dans la petite Boutique qu’elle possédait face à l’Auberge Arnold ( aujourd’hui l’École d’Entrepreneurship de la Beauce), la vue des lilas lui rappelait peut-être l’époque où elle vivait son roman d’Amour avec son cher Jules, dont elle m’a si souvent vanté les multiples qualités.

J’ai pris quelques photos de Zdzislawa. En regardant cette photo, le regard perdu et semblant se remémorer son passé, je n’ai pu m’empêcher d’avoir la pensée suivante : « Imaginons tout ce que ces yeux ont pu voir alors que mon Amie était prisonnière des nazis ! » Ghislaine m’a déjà confié que lorsqu’elle vivait en Pologne, elle avait vu Adolf Hitler paradant dans les rues de Varsovie. « Je me rappelle qu’il se tenait debout dans sa grosse limousine noire, et lorsqu’il tournait la tête, sa petite mèche de cheveux noirs allait dans tous les sens », m’avait-elle raconté. Ghislaine a également connu le non moins tristement célèbre Dr. Mengele, qui pratiquait des expériences médicales sur les prisonniers(ères), notamment sur les jumeaux.

Comme je devais revenir à la maison, je lui ai dit que je reviendrais la revoir. Comme à chaque visite, elle m’a raccompagné jusqu’à la porte et son regard est devenu triste. Elle m’a à nouveau serré dans ses bras, m’a donné un petit bec sur les deux joues et je suis sorti. Lorsque je me suis retourné, Zdzislawa m’a regardé, a approché ses doigts à sa bouche et m’a envoyé un beau gros bec avec la main. Je suis très heureux qu’un jour, elle soit entrée dans ma vie, et moi dans la sienne. À chaque fois que je vais la rencontrer, j’ai comme le sentiment de lui apporter un peu de bonheur. Après avoir connu la méchanceté du genre humain, elle mérite certainement qu’on lui démontre que la vie vaut quand même la peine d’être vécue ! Longue vie à toi mon Amie Zdzislawa Solecka.

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