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La petite histoire de la rue Saint-Albert, future 121e rue

Par: André Garant

C’est ce qu’avait l’air la 121e Rue de Saint-Georges, le 2 avril 2016, vue du viaduc Josaphat-Poulin. Elle n’a l’air de rien comme ça, mais elle a une histoire. Avant d’être la 121e, c’était la 21e, et il y a bien longtemps, plus d’un demi-siècle en fait, c’était la rue St-Albert. Voici un peu de son histoire.

C’est ce qu’avait l’air la 121e Rue de Saint-Georges, le 2 avril 2016, vue du viaduc Josaphat-Poulin. Elle n’a l’air de rien comme ça, mais elle a une histoire. Avant d’être la 121e, c’était la 21e, et il y a bien longtemps, plus d’un demi-siècle en fait, c’était la rue St-Albert. Voici un peu de son histoire.

Par André Garant

À l’arrière des fonds de cours de cette rue de Saint-Georges, le petit ruisseau d’Ardoise coule doucement. Dans la décennie 1950, les eaux usées domestiques et les eaux colorées de la shop de laine d’Édouard Lacroix y sont directement déversées. Certains riverains se servaient du petit cours d’eau comme dépotoir quotidien… centre-ville nauséabond. Plus tard, les rats sont chassés, car on cimentera le lit de cet affluent de la Chaudière. Le silence des ans a relégué dans l’oubli le passé de ce coin de l’est de Saint-Georges-de-Beauce.

Cette rue est appelée d’abord rue Saint-Albert, car Albert Rodrigue à Léon (1876-1960) y faisait l’élevage de visons. Aussi, Albert Rhéaume (1889-1980) y habitait. Le gérant de la Banque Canadienne Nationale, prédécesseur d’Origène Lemieux (1905-1975), Gaston Dontigny (1910-1990) habitera la maison de M. Rhéaume.

Vue de la 121e rue vers 1960, à partir du viaduc, construit en 1955. À droite, l’auto de Henri-Paul Garant (1913-1974) fils de William, face à la maison paternelle. En arrière-fond, la propriété de Marcel Houde à Edgar(1922-1994). Ensuite : maison de Lucien Garant, Lucien Poulin, Edmond Morin, Henri Morin, Jos C. Roberge, futur entrepôt Labatt et Hôtel de ville (1920-1965). On remarque la tour du bureau municipal qui sert à sécher et entreposer les boyaux d’arrosage des pompiers. Photo : Fonds André Garant

Vue de la 121e rue vers 1960, à partir du viaduc, construit en 1955. À droite, l’auto de Henri-Paul Garant (1913-1974) fils de William, face à la maison paternelle. En arrière-fond, la propriété de Marcel Houde à Edgar(1922-1994). Ensuite : maison de Lucien Garant, Lucien Poulin, Edmond Morin, Henri Morin, Jos C. Roberge, futur entrepôt Labatt et Hôtel de ville (1920-1965). On remarque la tour du bureau municipal qui sert à sécher et entreposer les boyaux d’arrosage des pompiers. Photo : Fonds André Garant

La rue de l’Hôtel de Ville

Cette rue se nommera 21e rue, et ensuite 121e rue. En 1920, suite au grand feu de 1 915, les autorités municipales construisent un Hôtel de Ville à l’intersection de la 2e avenue et de la future 121e rue. On se rappelle des chefs de police, Randall Pozer (1928-1964), Arnold Bonenfant (1917-1988) et Lucien Poulin (1917-1976). L’apeurante sirène des incendies et des couvre-feux des débuts de soirée exhortant les jeunes à retourner à la maison. Plus tard, on lèvera un escalier vers le 2e étage du Bureau municipal, menant à la salle du conseil. Les petites cellules de prisonniers en transit, le camion-pompe et le logis du chef de police sont au rez-de-chaussée.

Suite à la conflagration de 1915, une station de feu de 30 x 50 pieds avec deux cellules est construite en 1920 par Hormidas Poulin, sur la route nationale dite 2e avenue, au coin de la future 121e rue. Le coût d’époque : 6 600 $. Ce bureau municipal, dit Hôtel de Ville, loge le conseil municipal et les bureaux administratifs jusqu’en 1965. Révolu le temps où les élus municipaux siégeaient à la Salle des Forestiers Indépendants. Photo : Fonds André Garant

Suite à la conflagration de 1915, une station de feu de 30 x 50 pieds avec deux cellules est construite en 1920 par Hormidas Poulin, sur la route nationale dite 2e avenue, au coin de la future 121e rue. Le coût d’époque : 6 600 $. Ce bureau municipal, dit Hôtel de Ville, loge le conseil municipal et les bureaux administratifs jusqu’en 1965. Révolu le temps où les élus municipaux siégeaient à la Salle des Forestiers Indépendants.

En 1965, Hervé Pomerleau inc. construit un nouvel Hôtel de Ville, sur le Boulevard Lacroix. Pomerleau vient tout juste de commencer ses activités en 1964… il y a plus de 50 ans. Sur la 2e avenue, tout près de la 21e rue, le Restaurant Monaco attire. Il est ouvert vers 1956, année où Grace Kelly épouse le roi de Monaco.

Vers 1956, le petit et populaire Restaurant Monaco (jadis commerce d’un nettoyeur) en haut de la côte d’Adalbert Gagné (1898-1963), sur la 2e avenue, voisin de la petite épicerie-boucherie de Rémi Binet (1917-2007), de biais avec l’Hôtel de Ville et la 121e rue. Photo : Fonds André Garant

Vers 1956, le petit et populaire Restaurant Monaco (jadis commerce d’un nettoyeur) en haut de la côte d’Adalbert Gagné (1898-1963), sur la 2e avenue, voisin de la petite épicerie-boucherie de Rémi Binet (1917-2007), de biais avec l’Hôtel de Ville et la 121e rue.

La maison de briques de Donat Gilbert (1917-2008) et de Jeanne Paquet (1927-2014) aura abrité un certain temps le bureau de la compagnie de téléphone de Saint-Georges. En face de cette dernière vit la famille d’Edmond Morin (1892-1966), contracteur. M. Morin sera responsable du premier terrassement du terrain de la nouvelle église de l’Assomption, construite en 1950-1952. Près d’un garage, de la machinerie lourde vrombit en pleine rue familiale du centre-ville. Bruno Bélanger (1910-1986) de la 122e rue opère une petite industrie de filage sur la 121e rue, à l’arrière de chez lui, voisin du garage Morin et de Mme Fortunat Poulin.

La rue des débuts du Séminaire

Le petit pont, toujours là en 2016, entre les 120 et 121e rues.

Le petit pont, toujours là en 2016, entre les 120 et 121e rues.

Pour accéder à la 120e rue, un petit pont piétonnier est aménagé entre l’édifice-appartements de Joseph-Camil Roberge dit Jos C. (1 914 — ?), fils d’Eugène et la maison d’Eddy Poulin, fabriquant de violons.

La maison de cet artisan appartiendra plus tard au bijoutier Gervais Poulin (1919-2007), ensuite à Henri Morin (1922-1987) à Edmond. Au rez-de-chaussée avant de l’édifice Roberge : les premiers cours du Séminaire de Saint-Georges y seront dispensés, suivi de United Auto Parts de Marcel St-Hilaire (1925-2013), de Francia de Jacques Pinon (1914-1969), résident de la 120e rue, de Guy-Claude Morin (1941-2009) commerçant de livres et même de ce local loué par Joffre Grondin pour la Boutique Relire.

La rue de la Labatt

De 1 943 à 1 958, entre l’Hôtel de Ville et le bloc à Roberge, Lionel Morin (1914-2002), tient son commerce d’épicerie en gros. Par après, au rez-de-chaussée de ce grand entrepôt, la Brasserie Labatt de Nelson Jalbert (1928-1995) grouille d’activités. Un violent incendie fera disparaître cet immeuble, reconverti en appartements. Nelson Larivière-Jalbert sera aussi actionnaire de CKRB, Radio Beauce.

Le « bloc à Roberge », en 2016

Le « bloc à Roberge », en 2016

Quant à lui, l’homme d’affaires Syllas Berberi (1911-2006) habite alors face à l’édifice Roberge. Il sera hôtelier à Beauceville : Hôtel Beaurivage, incendié en 1942 et en 1949, copropriétaire de l’Hôtel Beauceville avec Beaudoin Poulin. En 1950, à Saint-Georges, il a des intérêts dans l’Hôtel Hermandi d’Armand Veilleux. D’abord voisin de Lucien Garant, Lucien Poulin (1916-2006) à Ernest achètera la maison Berberi. On se rappelle que M. Poulin fut représentant pour Jos Côté de Saint-Éphrem et ensuite propriétaire de Comact. À l’arrière de Lucien Poulin (1916-2006), voisin des Garant, le Salon du Meuble de Jean-Paul Veilleux (1922-2011), beau-frère de Lucien Poulin, comptait sur un entrepôt de bonne dimension.

La rue des Garant

Cette rue sera aussi habitée par William Garant (1890-1950), Marie Grondin (1888-1980) et leurs douze enfants. De 1 912 à 1 938, les Garant demeurent au coin de la future 123e rue, voisin du Dr Jean-Marie-Chamberland (1919-2004). Les enfants du quartier glissent à partir de la butte de Joseph-Alfred Rodrigue (1884-1958), futur site de l’église paroissiale de L’Assomption. M. Garant est charretier, taxi et d’abord commis au magasin général de son bon ami, Joseph Gagné (1866-1933), 1er maire du Village Est en 1907. Aussi, il fut un temps où William Garant opérait une petite grange abritant des bocks de location pour chevaux. Aussi, William se rend fréquemment à l’arrivée des trains et y achète, pour revente de rue en rue, de grandes quantités de patates, de fraises, etc.

Le restaurant Monaco se trouvait sur cet espace maintenant vide (2016) en haut de la côte d’Adalbert Gagné, près de la maison d’Albert Veilleux, en face de la rue Saint-Albert.

Le restaurant Monaco se trouvait sur cet espace maintenant vide (2016) en haut de la côte d’Adalbert Gagné, près de la maison d’Albert Veilleux, en face de la rue Saint-Albert.

À l’étage supérieur de sa future demeure de la 21e rue, Marie Grondin-Garant (1888-1980), une pionnière georgienne du commerce local, tient un atelier de réparation et de confection de fourrures. À remarquer que Mme William Garant, modiste, avait pignon sur rue, soit sur la 1re avenue, avant le grand feu de 1 915 du centre du village. Vers 1900, elle aura appris son métier dans le New Hampshire. Souvenance des lainages Victor des Duval de Saint-Victor qui ratissaient les rues du voisinage, à la recherche de lainages inutiles.

La rue du viaduc

Enfin, jadis, le ruisseau d’Ardoise empêchait la circulation automobile de passer du nouveau boulevard Lacroix à la 20e rue, sauf par la 2e avenue, face au Restaurant Pit, devenu vers 1939 le Café Royal d’Henri-Louis Méthot (1916-1988) de la 21e rue. Par contre, on peut avoir accès à la manufacture St. Georges Woolen Mills d’Édouard Lacroix (1889-1963), ouverte en 1928, via un petit pont de bois qui longe la rive de l’Ardoise, près du barrage du moulin d’Alphonse Brochu à Maxime (1878-1957), et emprunte un petit pont menant à cette industrie de Lacroix. Cette usine a créé un véritable quartier ouvrier tout autour. En 1950, quelques attelages de chevaux de commerçants de légumes, de blocs de glace, de pain et de lait passent dans notre quartier, sur les coteaux de l’Ardoise. Vestiges du passé.

Le viaduc Josaphat-Poulin

Le viaduc Josaphat-Poulin

Ainsi, en 1955, on inaugure un viaduc qui enjambe le ruisseau d’Ardoise. Signe de modernité. Le viaduc aura été amené par la construction du Séminaire de Saint-Georges à la fin de la décennie 1940 et l’église l’Assomption en 1950. Quelques maisons seront déménagées. On pourra dorénavant descendre de la 123e rue en longeant le coin de la 122e rue de la maison d’Armand Catellier (1907-1978), future maison de Joseph Saint-Hilaire (1905-1981), jusqu’à la rue de l’Hôtel de Ville, la 121e rue. Le bruit des grues de Comeau construction y ont grondé plusieurs mois. Certains baptiseront la 21e rue Est du nom de rue du viaduc. Fleuron de l’administration municipale du maire Josaphat Poulin (1903-1977). Place au boulevard Lacroix.

Jadis, la 121e rue avait une vocation familiale, une rue pleine de jeunes enfants. Souvenir de mémorables parties de hockey sur une glace raboteuse d’une petite patinoire dans la cour arrière de la maison familiale de mon père Lucien et de ma mère Simone Bourque (1921-1994). Pleines chaudières d’eau puisées à même le ruisseau d’Ardoise… le bout de la rue, la 2e et la 1re avenue représentait le bout du monde. La petite patrie de notre enfance… La petite patrie de plusieurs enfances… Félix Leclerc disait, à juste titre : « Le temps passe, nous aussi. »

Les familles de trois des filles de William Garant habitèrent cette 121e rue : familles Blaise Gagnon (1920-1982) et Jeannette Garant (1916-2012), Mario Désautels (1916-1970) et Madeleine Garant (1918-1984), Henri Morissette (1926-2002) et Thérèse Garant (1930-).

Né en 1946 sur cette 121e rue, André Garant, fils du jack of all trade, journalier, camionneur, taxi, commis, vendeur de Coca-Cola, de Liqueurs St-Georges, d’employé de garage, Lucien Garant (1914-1965) à William (1890-1950).

Raymond Vachon
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