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AUTOROUTE 73

Une ouverture en catimini

Par: Joffre Grondin

Vue de la route de contournement de la 73

Vue de la route de contournement de la 73

La section d’autoroute qui se termine à la route du Golf à Beauceville est ouverte depuis le 15 novembre 2007. Il a fallu attendre le 21 novembre 2013, 6 ans plus tard, pour qu’un nouveau segment de l’autoroute 73 contournant Saint-Georges soit ouvert subrepticement jeudi dernier. En retard en plus… Une décevante non-inauguration.

Retard imputable à Hydro-Québec qui n’avait pas branché les lampadaires. Les interventions de Robert Dutil, député de Beauce-Sud tout d’abord, en Chambre par André Spénard de Beauce-Nord et ensuite de la ministre Ouellet ont été nécessaires pour avoir le courant.

Un peu comme un énorme bulldozer pour ouvrir une petite entrée de cour. Les contribuables seraient pleinement justifiés de se demander quelles sont les chances de voir nos élus régler des situations graves et complexes, s’il faut deux députés et une ministre pour avoir un simple branchement électrique… en retard.

Prix de consolation, libéraux, caquistes et péquistes ont collaboré. Positif man, positif!

C’est la fin

Revenons à notre tronçon. Il s’étend sur 4,3 km. Du sud au nord, il comprend le carrefour giratoire à deux voies à l’intersection de la route 204, l’imposant pont enjambant la rivière Famine, le pont d’étagement à la hauteur de la 90e Rue, ainsi que l’échangeur de la 74e Rue. Il marque la fin de l’autoroute qui n’est pas finie.

Pas la moindre cérémonie.

Un simple communiqué de Telbec, le diffuseur officiel des communiqués émis par le gouvernement du Québec, le 20 novembre, provenant du ministère de Transports avisait les usagers… « Qu’un premier tronçon du projet de prolongement de l’autoroute 73 en Beauce sera ouvert à la circulation au cours de la journée du jeudi 21 novembre 2013. L’ouverture de cette portion d’autoroute, située au sud du projet, permettra aux usagers de circuler à Saint-Georges entre la route 204 et la 74e Rue ».

Sans tampette ni trombour

Lorsqu’un tronçon de l’autoroute 73 s’ouvre, ne serait-ce qu’une section qui devient à quatre voies, il est d’usage depuis des générations, et j’exagère à peine, de réunir les élus, des notables, ceux qui ont travaillé à ce grand projet — ceux qui sont encore vivants, du moins — d’informer les médias à l’avance évidemment, de monter une tente en cas de mauvais temps, et de faire une belle petite cérémonie avec coupure de ruban, quelques discours, plusieurs photos, et au prochain tronçon tout le monde.

Un autre ti-boutte de fait, tout le monde est heureux.

Le tronçon le plus spécial ne s’est pas fait tout seul.

Pourtant, l’ouverture de la portion de l’autoroute 73 qui contourne Saint-Georges est une étape importante. Très importante en fait. Imaginez un instant si l’autoroute 73 était partie de Québec vers Saint-Georges uniquement. La 73 serait bloquée à Beauceville comme elle l’est actuellement, mais sans la quasi-complétion des autres tronçons. Rien n’aurait été fait, tout serait arrêté, bloqué, stoppé, jammé, barré, discontinué, cessé, bref, routus interruptus. Que d’années perdues!

Voyage dans le passé : les dessous de

L’autoroute 73 se terminait à la 57e Rue dans le plan original. Grâce à des négociations acharnées, elle a été allongée de quelques kilomètres, jusqu’à la 127e Rue. C’était une victoire majeure, car ces quelques kilomètres contournaient la ville de Saint-Georges.

Encore fallait-il que les pouvoirs en place activent le dossier.

Julie Boulet : la clé

Julie Boulet s’est avérée être la personne politique clé dans le dossier de l’autoroute. Depuis 2003, Julie Boulet était ministre déléguée aux Transports, fonction qu’elle occupa jusqu’en 2007 pour être ensuite ministre jusqu’en 2010. Elle connaissait donc très bien le dossier de la 73.

En novembre 2007, quelques personnes, des maires entre autres, eurent une rencontre privée avec la ministre au restaurant Le Journel, à Saint-Joseph. Il y eut sept engagements, dont nous n’avons pas les détails, mais qui auraient été respectés à la journée près. Le septième présente le plus grand intérêt.

Pas le 7e ciel, mais quand même !

Ce septième engagement promettait que sitôt les constructions et travaux terminés pour permettre d’encercler le fameux engorgement du pont de la Famine, la route serait ouverte à la circulation, même si les autres sections ne l’étaient pas. Ce n’était pas rien. Autrement dit, si le Nord ne peut rejoindre le Sud, le Sud va rejoindre le Nord.

Grâce à cette entente, il aura fallu 6 ans pour avoir une route de contournement. Six années, c’est long, mais sans cette négociation réussie, qui sait combien d’années d’attente auraient été nécessaires !

C’est pourquoi souligner la chose aurait semblé évident.

Décongestion partielle en vue

Grâce à cette vision, une voie sera offerte aux usagers pour éviter d’être pris dans la congestion. De la façon dont le système routier est fait à Saint-Georges, du Sud au Nord, tout converge vers le pont de la Famine. En effet, tous les véhicules arrivent fatalement à cet endroit, provoquant la congestion sur les heures de pointe.

« Ce premier tronçon facilitera les déplacements de nombreux automobilistes et aura, j’en suis convaincu, un impact sur la fluidité de la circulation sur la portion Nord du boulevard Lacroix », affirmera le député Robert Dutil, par communiqué, le jour de l’ouverture.

Notons que le ministère des Transports tient des statistiques précises sur les mouvements de véhicules. Dans quelques mois, on peut s’attendre à des statistiques qui fourniront un éclairage sur l’impact qu’aura cette voie de contournement.

Remerciements mérités

En plus de Julie Boulet, il faut dire bravo au ministre actuel, Sylvain Gaudreault qui, malgré le changement de gouvernement, a respecté intégralement les engagements de Julie Boulet.

Il faut aussi mentionner une jeune femme « grosse comme le poing » dira notre source, la technicienne en charge du projet, Sylvie Lessard. Sans Sylvie Lessard le projet ne serait pas là où il est. Elle a réglé chaque problème qui s’est présenté. Il faut la remercier. N’oublions pas de mentionner toutes les personnes qui ont oeuvré à la construction de ce très beau parcours, du débroussaillage à l’asphaltage.

Beaucoup plus que l’ouverture de quelques kilomètres de route, le jeudi 21 novembre 2013 a été une « grosse grosse journée » dans l’histoire de l’autoroute. Plus qu’un fragment, c’est un point de départ nouveau. Saint-Georges n’est plus un point d’arrivée, mais un futur point de rencontre qui est en mouvement. Fini la passivité, la 73 s’élance vers sa complétion.

Nous remercions monsieur Roger Carette, qui n’a jamais lâché le dossier, une des mémoires vivantes de ce chantier pour les précieuses informations fournies.

Un jour…

Un jour, l’autoroute 73 sera complétée. Après toutes ces années, la Beauce pourrait dédier une journée complète pour fêter l’ouverture en grand, et féliciter tous ceux, morts et vivants qui ont mis la main à la pâte, chacun à sa mesure.

Quand ce jour sera venu, espérons aussi qu’il y ait un passionné d’histoire et d’autoroute qui colligera toutes les péripéties de la saga de la 73 dans un volume, pour édifier nos descendants qui se demanderont avec stupeur pourquoi tant d’efforts et de temps ont été requis pour relier la Beauce à Québec.

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