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LA BELLE TOURNÉE 2013

L’aventure partie 1 : Johanne Maheux et Lise Bernard

Par: Joffre Grondin

Johanne Maheux, artiste peintre, croquée dans son atelier durant La belle tournée 2013.

Johanne Maheux, artiste peintre, croquée dans son atelier durant La belle tournée 2013.

Tenu dans la première fin de semaine de septembre, il fallait envisager cette 6e belle tournée d’un autre angle. Trouver quelque chose pour tenter d’aller au-delà des oeuvres, sans les négliger bien sûr. Mais comment faire pour ce faire ma chère ? Pourquoi ne pas s’enquérir de l’évolution personnelle de chaque artiste au cours de l’année ? Après tout, le monde évolue à une vitesse folle (on ne sait trop vers où), les artistes qui sont des gens très perceptifs doivent être en évolution constante. 

Qu’y a-t-il eu de nouveau cette année ? Quels sont les facteurs qui ont amené le changement ? Consciemment ou inconsciemment ? Le filon semblait intéressant à explorer. Il le fut.

Et c’est parti ! 

Étant pratico-pratique, il était irréaliste de penser visiter les 20 artistes et de risquer une overdose d’arts. Donc, on se concentre. La méthode employée était plutôt la proximité géographique qu’autre chose, ainsi qu’une certaine connaissance de la production de l’artiste. Nous avons donc visité Johanne Maheux à Saint-Georges, côté ouest, pour ensuite mettre les voiles pour Saint-Benoit près du lac où réside Lise Bernard. Une route de campagne romantique nous a menés à Beauceville chez Gaétane Boucher pour ensuite lever l’ancre et remonter la rivière pour Notre-Dame-des-Pins et Diane Pomerleau, pour terminer la journée de dimanche avec une pizza et une bouteille de vin, mais ça, c’est une autre histoire.

Avouons que…

En se lançant dans la recherche de ce qui avait causé le changement de direction ou la nouveauté, le journaliste s’est aperçu plus tard qu’il avait utilisé son intellect en s’éloignant du fonctionnement réel de l’artiste. Les quatre personnes ne s’étaient pas posé la question du quoi et du comment ; ils avaient simplement suivi leur inspiration. Le plaisir n’étant pas d’analyser, mais de créer.2JohanneMaheux246

Par contre, les réponses montraient qu’elles examinaient ce qu’elles avaient déjà réalisé un peu en observatrices, une introspection, comme si elles découvraient une autre facette de leurs réalisations, après coup.

L’artiste, quel que soit son médium d’expression, fait du surf non seulement sur ses perceptions, mais sur la vie tout autour, et suit son inspiration tel un cavalier sur son coursier. Il analyse ensuite, et nous soupçonnons, seulement si on lui demande, car l’oeuvre parle d’elle-même. Les réponses menaient sur quatre planètes différentes.

Premier arrêt : Johanne Maheux

Johanne Maheux utilise l’acrylique comme moyen d’expression. De nombreux professeurs lui ont transmis leur savoir ; elle a de nombreuses expositions solos et collectives dans son portfolio et a même été marraine de concours d’oeuvres d’art.

Entre autres projets, elle a mis 6 années à réaliser l’impressionnante collection Femme un jour, femme toujours, qui rassemblait 365 portraits de femmes pour la cause du cancer du sein. L’exposition avait d’ailleurs rapporté plus de 8,000 $ à la cause.

Déjà un très beau parcours pour une artiste, dont la route, s’étend encore très loin en avant.3JohanneMaheux249

Espace rempli à plein d’espace

Que s’est-il passé cette année ? On apprend au tout départ qu’elle ne participe à La belle tournée que tous les deux ans, c’est sa 3e fois, pour justement avoir quelque chose de nouveau à présenter. Il y a deux ans, les personnages en gros plan prenaient toute la place sur la toile. « J’avais exploré ce thème pendant plusieurs années », confie l’artiste, et j’ai réalisé que « le tour du jardin » était fait. « Tout d’un coup, j’ai eu besoin d’avoir de l’espace… et les personnages prennent moins de place, sont plus petits ».

La série de tableaux produite avec ce nouveau point de vue a été nommée « Passages éphémères ». Il y a souvent une valise qui fait référence au changement, des couleurs vives, beaucoup de bleus, de verts et d’orangés, avec les éléments souvent disposés dans un format allongé, horizontal ou vertical. L’observateur par en voyage dans le tableau et décide de la destination.

Y’a-t-il des événements attachés à ce changement ? « À 40 ans, on commence à vivre plein de changements autour de nous, les enfants qui partent de la maison, des collègues qui partent à la retraite, beaucoup de transition, de mouvement, de changement de chum, de travail… » Le tourbillon de ces passages semble avoir happé Johanne Maheux en donnant une nouvelle dimension à son pinceau. Pour combien de temps ? « Dans deux ans, je serai peut-être ailleurs. On ne le sait pas d’avance ».

Un étrange adon

Elle avoue candidement que l’oeuvre derrière elle a été terminée environ une semaine avant la tragédie de Lac-Mégantic et que de plus, elle n’avait jamais peint le monde ferroviaire auparavant.

On peut croire ce qu’on veut, mais il faut réaliser que les artistes ont de l’intuition.

Le voile est un peu levé. Suivez-la dans son évolution pour découvrir un aspect de la beauté qui se dévoilera à vous. Entre deux belles tournées, vous pouvez visiter le site de Johanne Maheux sur www.johannemaheux.artacademie.com

Cocktail explosif, oeuvre originale de Lise Bernard inspiré par le printemps arabe. Notez que l'artiste y a déjà faite des déchirures "artistiques". L'oeuvre va servir à une expérience que vous verrez se dérouler.

Cocktail explosif, oeuvre originale de Lise Bernard inspirée par le printemps arabe. Notez que l’artiste y a déjà faite des déchirures « artistiques ». L’oeuvre va servir à une expérience que vous verrez se dérouler.

Lise Bernard

Un atelier avec vue sur un lac, un rêve pour certains, une réalité pour d’autres. Un autre monde. Il faut descendre avec précaution les marches de pierres qui mènent à l’atelier. À moins que vous n’ayez 4 ans. À ce moment vous descendez presque en courant en criant « grand-papa, grand-papa, ‘garde l’eau, l’eau, un lac… un grand lac », parce que vous êtes déjà en bas.

On descend donc avec précaution pour trouver une Lise Bernard souriante qui décrit aux visiteurs ses plus récentes créations.

Quelques personnes sont déjà passées. Ça pendouille!  L'artiste accueille un nouveau contingent de personnes qui vont passer à l'attaque à leur tour.

Quelques personnes sont déjà passées. Ça pendouille! L’artiste accueille un nouveau contingent de personnes qui vont passer à l’attaque à leur tour.

Avec maintenant une dizaine d’années de peinture à son actif, Lise Bernard aime montrer la force de l’être humain et utilise l’acrylique et des techniques mixtes. On peut donc voir apparaître sur une toile différents matériaux tels mortier, fibres, sable, fils métalliques, verre ; elle avoue sa préférence pour les couleurs chaudes.

L'oeuvre "pendant l'attaque au couteau".

L’oeuvre « pendant l’attaque au couteau ».

Il faut aussi dire qu’elle travaille de façon intuitive, et affirme qu’elle « fait une oeuvre à la fois », qu’elle développe jusqu’à satisfaction. Si elle veut exprimer la force vive de l’être humain, elle appuie son mouvement surtout pour montrer la force des femmes.

Lise Bernard s’intéresse à « l’autre », si différent et si semblable, car « les aspirations profondes sont les mêmes ».

Changements

L’an dernier, sa production était sur des matériaux rigides avec beaucoup de rouge ; cette année, les visiteurs ont immédiatement noté une prédominance du jaune. Au lieu de surface rigide, ce sont maintenant des toiles tendues, révèle l’artiste. En ce qui concerne la couleur jaune, elle lance : « j’ai un besoin de joyeux ».

Opération expérimentation… on aurait pu penser destruction

Ceci dit, en revenant au lac, la madame avait décidé d’expérimenter en prenant une de ses oeuvres « Cocktail explosif » qui était terminée et qui avait été inspirée par ce qu’on a appelé le printemps arabe. Expérimenter comment.

"une autre attaque!" Que restera-t-il?

« Une autre attaque! » Que restera-t-il?

Elle nous conduit donc à un petit cabanon où la toile est montée. Nous y voilà donc, et voici qu’en regardant de plus près, il semblerait qu’un sale type (qui d’autre oserait) a sauvagement coupé la toile. Y’a des morceaux qui pendent tristement.

L’artiste explique qu’ en réaction aux évènements, elle avait déjà elle-même provoqué certaines déchirures de la toile au moment de sa création, mais que ce qui pendouille maintenant est le résultat de sa demande aux visiteurs. Et il y aura plus de «dégâts» car d’autres personnes sont présentes.

Un couteau intuitif, pas facile

Il nous faut donc intervenir intuitivement, mais armé d’un couteau, et de rien d’autre, sur cette création.

Quelqu’un se lance. Il faut quand même « du front » pour oser massacrer un tableau à coup de couteau. Les oeuvres d’art sont d’habitude exposées sur des murs de galeries, et totalement inaccessibles, sauf du regard.

Et en ce moment, on nous demande, armé d’un couteau, de « mettre une parcelle de votre énergie pour donner un second souffle, redonner de l’espoir », ce qui mènera à une nouvelle création. Impressionnant!

Une personne se retire, incapable de modifier ce qu’elle considère, avec raison, une oeuvre d’art. D’autres saisissent le couteau pour faire leur marque.

Lise Bernard prend des photos, et assure qu’elle saisira ce second souffle accordé à sa création pour aller quelque part… et qu’elle nous enverra une photo de l’oeuvre finale.

Je me vois déjà déclarer à un critique d’art que « le coup de couteau là, c’est moi qui l’ai fait ». Moi et Michel-Ange on était presque des potes !

Finalement la toile s'en est assez bien tirée. Voici ce que l'artiste aura comme nouveau point de départ.

Finalement la toile s’en est assez bien tirée. Voici ce que l’artiste aura comme nouveau point de départ. Précision de l’artiste. Les cercles à gauche sont des hommes portant turbans vus du dessus, et les cercles à droite sont des femmes portant burquas, vues de face. Futées ces artistes.

Madame Bernard, que nous saluons bien bas, complétera le tableau a partir des modifications apportées, et la photo de l’oeuvre finale pour avoir joué du couteau sera publiée, lorsque complétée. En attendant, vous pouvez consulter le site de Lise Bernard ici : www.lisebernard.com

Étant donné la longueur imprévue qu’a prise cet article, le volet Gaétane Boucher et Lise Pomerleau fera l’objet d’une autre publication.

La belle tournée 2013 est une série de 3 articles que vous pouvez trouver ici :

L’aventure partie 1 : Johanne Maheux et Lise Bernard http://beaucemagazine.com/?p=12184

Partie 2, Gaétane Boucher, de plus en plus lumineuse.   http://beaucemagazine.com/?p=12340

Partie 3 : Diane Pomerleau, des pays en peintures http://beaucemagazine.com/?p=12406

 

Raymond Vachon
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