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LA SOCIÉTÉ LYRIQUE DE BEAUCE

Des « Mélodies de France » classiques, pour vous.

Par: Joffre Grondin

France Bellemarre, Odette Desrosiers et Dominique Roy interprètent avec brio la Chanson des trois cousines, extrait de La Périchole, d'Offenbach

Odette Desrosiers, Dominique Roy et France Bellemarre  interprètent avec brio la Chanson des trois cousines, extrait de La Périchole, d’Offenbach

Ce vendredi soir, la Société lyrique de la Beauce donnait son premier concert printanier. Salle pleine évidemment. Cela se passait dans l’église de Notre-Dame-des-Pins. Le maire Pierre Bégin, un connaisseur, y était, le ténor Pierre Verreault y est entré discrètement, parmi beaucoup d’autres fins goûteurs qui ont graduellement rempli l’espace de dégustation musicale. Voici les impressions « à chaud » de cette soirée.

Aussi bien vous donner tout de suite la conclusion : c’était bon. Je veux dire bon, bon, ou bon, bon, bon. Du bonbon quoi !

Un concert dans une église est très différent de la même performance dans une salle de concert. C’est pourquoi il arrive une drôle de chose quand on pénètre dans l’église où se donne le concert de la Société lyrique de la Beauce, surtout dans celle de Notre-Dame-des-Pins, intime, chaleureuse et à qui les murs en bois confèrent une acoustique dont rêvent les artistes.

C’est un peu comme entrer en résonance avec l’atmosphère laissée par toutes ces personnes qui se sont recueillies dans ces lieux et qui lui donnent une vie propre. Même si vous n’aimez pas follement le classique et que vous penchez pour le pop, le retro ou même le country, rien n’y fait, il est trop tard, les choristes défilent déjà pour remplir complètement le choeur, et dès les premières notes, comme tous vos voisins, vous tombez sous le charme de cette ambiance créé par ces harmonies englobantes.

La soliste invitée, France Bellerarre. L’audience était tout ouïe, et les hommes n’avaient d’yeux que pour elle ! Que c’est romantique !

La soliste invitée, France Bellemarre. L’audience était tout ouïe, et les hommes n’avaient d’yeux que pour elle ! Que c’est romantique !

Puissance vocale

On peut comprendre que l’église est relativement petite, mais dès la 3e pièce, le premier solo, nos cheveux semblent flotter vers l’arrière comme dans une bande dessinée. Il s’agit de l’Air des bijoux, de Gounod, immortalisé sans un son, il faut le faire, par les livres de Tintin avec la célèbre cantatrice inventée, Bianca Castafiore.

Pour le cas qui nous occupe, la voix de la soliste invitée, France Bellemare, emplit agréablement (mieux vaut le spécifier après avoir cité la Castafiore) et complètement l’espace, et ce n’est pas une exagération. Ceux qui étaient là vous le confirmeront : on ne rigole pas avec l’Air des bijoux, hiboux, poux, genoux, de Faust. Bon en diable!

Toutes ses prestations seront d’ailleurs remarquables.

Coup de coeur

Il y a souvent une pièce particulière qui nous chatouille le coeur. Ce n’est qu’à la fin que l’on constate en rétrospective que c’était LE morceau : une barcarolle de l’opéra Lakmé, en duo, avec France Bellemarre et Odette Desrosiers. À l’écoute, on se demandait si l’église allait tenir, ou si elle allait se fendre pour laisser monter toute l’assistance directement au paradis.

L’animateur efficace et discret de la soirée à droite, M. Pierre Guillemette, et à gauche, homme sérieux à l’extérieur, mais qui a un grand sourire de fierté à l’intérieur, M. Antoine Bellemarre, père de la soliste, un pair de France quoi!

L’animateur efficace et discret de la soirée à droite, M. Pierre Guillemette, et à gauche, homme sérieux à l’extérieur, mais qui a un grand sourire de fierté à l’intérieur, M. Antoine Bellemarre, père de la soliste, un pair de France quoi!

L’ordre

L’ordre d’alternance entre les pièces est choisi avec un goût finement ciselé. Comme un ami dirait, « celui qui a fait ça, c’est pas un deux de pique! » L’effet voulu est atteint. Vers la fin de la première partie, avec « Les chemins de l’amour » de Poulenc, marque un changement d’ambiance. L’audience est visiblement suspendue aux lèvres de la soliste. Pour tout dire, on se sent devenir tout mou en dedans. Ça doit être ça la détente ultime.

La Société lyrique de la Beauce, soyons-en fiers.

La Société lyrique de la Beauce, soyons-en fiers.

La première partie se termine avec trois extraits de Carmen, avec une ouverture instrumentale. Un programme vraiment bien balancé. La chorale. Qu’en dire sinon que la fusion des voix est à point. En cuisine, c’est le steak cuit à la perfection, les pâtes al dente, les… vous avez l’idée.

L’orchestre

Trois violons, un violoncelle et un piano. Qui en Beauce peut se permettre des musiciens d’une telle qualité ? Peu. Combiné au choeur et servi par une acoustique exceptionnelle, le son laissait croire à une plus vaste formation.

Intermission

Notes : La qualité du programme que l’on nous remet à la porte est impressionnante, autant par les couleurs que par le contenu. Avant un spectacle, il est toujours intéressant de prendre quelques instants pour se mettre dans l’ambiance en lisant le programme.

La simple feuille insérée dans ledit programme qui donne des détails sur chaque pièce est une délicatesse sûrement appréciée du public et qui en même temps pallie à quelques manques dans l’érudition du journaliste.

L’animation

Réduite au minimum. L’inséré fournit les détails. L’animation minimaliste de Pierre Guillemette n’en est que plus appréciée. Parlez peu, parlez mieux, auraient dit les Cyniques. Difficile de faire mieux. Une animation minimale, mais de classe, qui se fond tellement bien avec le reste. Bravo! Souhaitons que tous vous imitent.

La pianiste Josée Tardif et le premier violon Philippe Amyot, dans un des courts moments de pause.

La pianiste Josée Tardif et le premier violon Philippe Amyot, dans un des courts moments de pause.

Avec une fleur

La merveille de l’inséré. Les choristes entrent et déposent une fleur dans un panier. ?????????? Si vous ne connaissez pas le livret de l’opéra de Saint-Saëns, le petit texte informatif vous permet de mieux apprécier le spectacle.

Personne ne vous accusera non plus d’être un Béotien si vous ne connaissez que vaguement la Périchole d’Offenbach, mais les mélodies sont familières. Un seul trio dans le spectacle, judicieusement choisi, celui des cousines, avec France Bellemarre, Odette Desrosiers et Dominique Roy. Quelles voix!

Bref

L’acoustique de la petite église, combinée à la qualité du choeur et des solistes, sans oublier les musiciens, a rendu la soirée mémorable. On a profité de l’occasion pour souligner les 20 ans dans le choeur de la pianiste Josée Tardif et du directeur musical, Vincent Quirion.

Le maestro, Vincent Quirion, dirige des musiciens très attentifs.

Le maestro, Vincent Quirion, dirige des musiciens très attentifs.

Spectacle bien balancé, léger et entrainant, solos, duos et trios féminins superbes, pièces instrumentales et choeurs. Aucune longueur. Les titres ne sont pas toujours présents à l’esprit, mais les airs sont connus. Une ambiance joyeuse, très loin de ceux avec un côté religieux, qui est fatalement plus sombre. Cette exploration du répertoire français a, de toute évidence, énormément plu à la salle. Bravo!

Il vous reste ce soir, samedi 11 mai, pour vous payer la traite à l’église de Saint-Georges.

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