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DOSSIER CLINIQUE INFORMATISÉ

Par: Joffre Grondin

Daniel Paré, président-directeur-général de l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches était fier de présenter le projet

Daniel Paré, président-directeur-général de l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches
était fier de présenter le projet

« L’informatisation du réseau au niveau régional est maintenant réalité » clamait Daniel Paré, président-directeur-général de l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches(ASSSCA) le 31 janvier à l’hôpital de Saint-Georges, alors que l’Agence donnait officiellement le coup d’envoi à un projet régional novateur visant à mettre en place un vaste réseau électronique, qui permettra une meilleure circulation et le partage des données cliniques entre tous les centres de santé et de services sociaux (CSSS) de la région.

Le Dossier Clinique Informatisé (DCI) se veut l’équivalent électronique du dossier papier, dossier que les personnes autorisées pourraient consulter presque instantanément. C’est « une priorité régionale »

Le DCI a des avantages indiscutables, car tout y est. Il ne manque rien. Il favorise l’intégration et la circulation de l’information clinique pour assurer la qualité et la sécurité des soins et des services. Les différents points de service peuvent accéder à l’information sur l’usager. Autrement dit, l’information suit la personne.

Réduction de l’attente pour obtenir de l’information clinique, accès du portrait complet de la condition clinique de l’usager, accès simultané à un même dossier par un ou plusieurs intervenants, prise en charge plus rapide, élimination de reprise de tests, d’examens, et surtout à la répétition d’information que l’usager doit donner : tous sont gagnants.

Sécurité et avantages

La circulation sécuritaire de l’information est également un gain considérable pour les organisations. Comme l’affirme Marie-Claude Bélanger, directrice générale du CSSS de Beauce, « tous les travailleurs de la santé l’utiliseront, où qu’ils soient… dans le respect de la confidentialité ». Comme dans énormément de programmes informatiques dans différents domaines, il y a différents niveaux d’accès et tous n’ont pas nécessairement le même niveau.

Marie-Claude Bélanger, directrice générale du CSSS de Beauce

Marie-Claude Bélanger, directrice générale du CSSS de Beauce

Certains sceptiques demanderaient si c’est 100 % sécurisé. Rien dans ce bas monde ne l’est entièrement. Les dossiers seront sécurisés au maximum possible, mais les avantages du dossier électronique sont immenses.

Vous allez passer un test quelconque à l’hôpital : échographie, radiographie, coloscopie, aussitôt que le test a été interprété par le professionnel, les résultats sont versés au dossier et immédiatement accessibles.

Les témoignages des utilisateurs actuels, dont M. Pierre Guillemette, médecin à la Clinique médicale du Carrefour et membre du GMF des Abénaquis, un site pilote pour le DCI ont été enthousiastes. M. Guillemette a notamment souligné que sa clinique, maintenant entièrement informatisée, avait un « gain important de productivité » et a bien résumé la situation en déclarant qu’il « faut y mettre du temps, et c’est payant ».

Et les dossiers papier ?
On peut se demander ce qui va arriver aux dossiers papier existants. Brigitte Poulin, directrice des ressources informationnelles informe que « les dossiers papier demeurent » et que « le but n’est pas de les numériser ».

Il faut savoir qu’à la clinique du Carrefour, le docteur Guillemette nous informe que les dossiers ont été numérisés dès 2007.

Il est aussi possible que d’autres cliniques le fassent. À la Clinique Médicale de l’Ouest, par exemple, la numérisation serait en cours. Il faut comprendre que le projet actuel entrepris consiste à informatiser tous les nouveaux dossiers.

En Chaudière-Appalaches
Le projet est réalisé par une collaboration entre l’Agence (ACCCCA) et les 5 CSSS de Chaudière-Appalaches, donc de Beauce, des Etchemins, de Montmagny-L’Islet, Alphonse-Desjardins et de la région de Thetford. Ils ont mis en commun leurs ressources financières, humaines, matérielles et technologiques, leurs efforts et leurs expertises.

Financement

Le projet de 10 millions est financé par la région. Ce n’est pas du nouvel argent, assure Stéphane Langlois, directeur régional des ressources financières, matérielles et informationnelles de l’ASSSCA, « on a priorisé ». Questionné sur l’échéancier, le directeur prévoit « finir en 2015 de déployer le projet en Chaudière-Appalaches ». Actuellement, « on est à 40 % ». Ce serait la première région où un tel système serait fonctionnel, car « un système intégré n’existe pas au Québec actuellement », lance Stéphane Langlois.

Stéphane Langlois, directeur régional des ressources financières, matérielles et informationnelles de l’ASSSCA

Stéphane Langlois, directeur régional des ressources financières, matérielles et informationnelles de l’ASSSCA

Logibec, un leader québécois et canadien dans le domaine des progiciels et services informatiques pour le secteur de la santé et des services sociaux est associé au projet.

Le triste Dossier santé Québec

En gros, l’informatisation du dossier patient entrepris quelque part vers 1999 n’a pas abouti et coûté très cher. Le dossier santé au complet aura fait disparaitre un milliard quatre cents millions. Quelques précisions.

Le dossier GIRES,  un système de gestion intégrée des ressources lancé par le PQ, abandonné en 2003 par les Libéraux, et jamais utilisé a coûté 400 millions aux Québécois, sans aucun résultat. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Index/nouvelles/200309/30/012-gires-abandon-rb.shtml

Le rapport du Vérificateur général, Renaud Lachance en mai 2011 était dévastateur. Le 5 mai, Radio-Canada titrait Le dossier de santé est un « échec ». Voici des extraits de l’article :

Si l’on tient compte des coûts d’implantation des Dossiers de patients électroniques (DPE), soutient M. Lachance, la facture totale du projet risque de s’élever à au moins 1,4 milliard de dollars, une augmentation de près de 900 millions par rapport à la somme de 563 millions prévue en 2006. 

…Nous considérons que le projet sous sa forme définie à l’origine n’existe plus et, en ce sens, est un échec ». On peut trouver l’article au complet ici :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/05/04/001-verificateur-rapport-dsq.shtml

Succès ou échec !

Malgré le parcours on ne peut plus cahoteux du dossier, on peut souhaiter que Chaudière-Appalaches devienne la première région où le dossier patient informatisé soit implanté partout et pleinement opérationnel. Cependant, le logiciel employé sera-t-il adopté par les autres régions ? On ne peut que souhaiter qu’au moins le DCI soit implanté en région.

À tous ceux qui travaillent à la réussite du projet une pensée de Confucius semble à propos, en espérant supporter leur motivation.

Un projet collectif

Daniel Paré, PDG de l’ASSCA , Patricia Fecteau, travailleuse sociale, Pierre Guillemette, médecin; Émilie Bernier et Sylvain Poulin, inf. et de Marie-Claude Bélanger DG du CSSSB. Un projet collectif qui les enthousiasme

« Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi ceux qui voulaient faire la même chose, ceux qui voulaient faire le contraire et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire ».

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