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UNE PREMIÈRE QUI NE SERA PAS LA DERNIÈRE

Les revenants de Cumberland

Par: Joffre Grondin

Les deux redoutables gardiens gardaient les grilles jusqu’à l’arrivée du Portier qui allait nous guider dans les royaumes de l’ombre. Bou!

Il n’est vraiment pas commun de passer une soirée sous la sombre clarté des bois à errer dans un cimetière hanté par les revenants qui poussent des gémissements d’outre-tombe. Et d’adorer l’expérience. C’est pourtant ce qui est arrivé à la centaine de personnes qui se mouvaient en « rangs très serrés » (prononcé avec les r à l’anglaise) ce vendredi deux novembre de l’an deux mille douze par une soirée humide, sans lune et très fraîche du 2 novembre.

Un temps idéal pour un revenant. Le Portier, celui qui guidait le groupe, était je pense, un revenant. Le maquillage aurait pu laisser croire qu’il était un humain déguisé, mais tout porte à croire que c’était un revenant déguisé en humain déguisé en revenant. Ça donne froid dans le dos. Heureusement que la petite horde d’humains présente se déplaçait en « rangs très serrés pour ne pas trop trembler ».

Pour le président et auteur de la mise en scène, Yvan Poulin, de la Corporation de la Conservation du Patrimoine de Saint-Simon les Mines et son équipe, c’était un défi qui a été brillamment relevé, avec l’appui de la quinzaine de comédiens faisant partie de la distribution, en plus du soutien efficace d’une équipe technique assez brave pour aller créer des effets spéciaux dans un des lacs par cette température.

 

L’action se déroule vers 1920 successivement sur le site du Jardin anglais Harbottle, du cimetière et finalement dans l’église St-Paul, et met en scène certains des personnages que l’on retrouve dans la maintenant célèbre féérie de Noël, Maggie Smith, retrouvée dans un puits, Freddy, parti à la guerre, le radin Sam Miller, Ida Miller, la centenaire, et d’autres.

Sans couper les punches, on peut révéler que le parcours est parsemé de ce qu’on qualifierait de caméos. L’auteur des textes, Yvan Poulin, serait-il un admirateur d’Honoré de Balzac, le créateur du genre en littérature, avec sa technique des personnages secondaires réapparaissant dans la Comédie humaine.

Flanqué de ses deux gardiens, le Portier (André Mercier) guident les visiteurs.

Le Portier

Postés à l’entrée du jardin, deux gardes portant des torches montent la garde, pendant que les gens arrivent et s’attroupent devant les grilles, en attendant l’arrivée du portier qui prendra en charge tout ce beau monde pour les guider à travers le parc et les apparitions diverses, jusqu’au cimetière, puis dans l’église.

Le Portier est joué, interprété, animé ou incarné par André Mercier, qui en quelque sorte donne vie au personnage, si on peut dire ça d’un revenant. Il le fait avec un talent qui n’a rien à envier à celui d’un professionnel. Le défi était grand, car tout gravite autour de ce personnage. Son excellente performance donne du support à la crédibilité de tout le reste.

Du côté des simples mortels

Facilité par le lieu et le temps, le parcours physique a été très bien exploité, incluant effets spéciaux, bruits et plein de revenants. Les textes de Yvan Poulin méritent des félicitations pour la connaissance de son sujet et l’exploitation astucieuse de l’historique du lieu. En se rendant d’un lieu à un autre pour entendre les récits, le spectateur se transforme en participant qui est plus « dedans » en quelque sorte.

Scott Mitchell dans la peau d’un Sam Miller aussi vrai que nature.

Plusieurs arrêts sont prévus, à la fois à la montée et à la descente, entrecoupés par une pause dans l’église qui permet d’introduire La revenante, de Vanessa Paradis, interprétée par Maggie Smith (Marie-Claude Bolduc) et Ida Miller (Lucie Paré) dans une interprétation de La centenaire de Lynda Lemay.

L’accompagnatrice au piano était celle qui a rempli cette tâche pendant toute sa vie, Eva Taylor revenue d’outre-tombe en Jacqueline Mathieu.

Il faut mentionner les costumes et le maquillage, l’art de faire beaucoup avec peu, et une équipe technique efficace et fidèle.

J’en ai vu un vrai. Je savais que vous ne me croiriez pas, alors je l’ai photographié quand il ou elle s’est approché de la fenêtre.

Avec 115 inscriptions, cette première représentation aurait facilement pu être suivies d’autres, et le sera sûrement l’an prochain. C’était un succès sur toute la ligne.

Remarquons deux choses en terminant : l’une, que l’événement n’était pas attaché à l’Halloween, mais au mois des morts ; l’autre, que l’auteur passe le message dans ses textes que le spectateur doit devenir un protecteur du lieu, et non un profanateur, comme il est malheureusement déjà arrivé par le passé !

À l’an prochain. On assiste peut-être à l’établissement d’une tradition. Les revenants ne sont pas pressés, ils vous attendront.

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