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LA TRISTESSE DE L’ÉTOILE

L’avez-vous vu ?

Par: Joffre Grondin

Steve Pruneau raconte, pendant qu'il neige sur le lac Mirage

Si vous l’avez vu, vous pourrez comparer les perceptions ; après tout, cent personnes, cent perceptions différentes, toutes défendables, toutes bonnes si vous voulez. Chacun est à l’aise dans sa tête. Nous parlons évidemment d’avoir vu l’un des spectacles La tristesse de l’étoile qui se sont déroulés à l’auditorium de la polyvalente Saint-Georges vendredi et samedi, 2 et 3 mars dernier.

Dès l’entrée, les trois écrans géants qui enjambent la scène attirent votre attention. Si vous lisez ceci, vous n’avez pas fait de mauvaise chute en prenant votre siège. Les yeux sont attirés par le générique et le rideau gris qui ondule au vent électronique. Avec des étoiles qui tournent et dont on peut même voir l’ombre sur le « rideau ».

Le conteur

Steve Pruneau non seulement nous raconte une histoire, mais campe à lui seul tous les personnages, il y en a au moins 13, et leur donne vie. Que ce soit par un timbre de voix, une posture, une mimique, une attitude caractéristique, il recrée pour nous les dialogues des personnages en prenant leur place, et en les faisant soudain disparaître pour soudain redonner au conteur son rôle de tisseur d’intrigue.

Une des vues du village

Sans perdre le fil. Et sans que l’audience ne le perde non plus. Comme confiait d’ailleurs un ami aux sourcils froncés d’un air songeur à l’intermission, en songeant aux méandres de l’intrigue dont les arabesques sont parfois difficiles à chevaucher : « Faut suivre ».

Essayez de chevaucher une arabesque, et ses ondulations, et ses replis et ses volutes dans toute sa flexuosité pour voir. Si vous êtes un villageois de Saint-Parlabas, y’a rien là.

Steve Pruneau nous raconte pendant 160 minutes. Faut être bon.

« Faut suivre »

Paroles plus songées qu’elles en ont l’air, car de la façon dont est utilisée l’écriture, les thèmes, les mots, l’humour, et on pourrait presque y ajouter l’intrigue, tout est pensé plus dans le but que le spectateur se laisse entraîner dans un monde un peu féérique, s’y laisse flotter sur un nuage en abandonnant sa logique au vestiaire.

L’auteur connaît sa structure et ses moyens et la logique sous-jacente est solide et planifiée, mais inutile d’essayer de comprendre. Ce serait essayer de voir l’armature du divan sur lequel vous êtes assis. Ne vous inquiétez pas, il est solide, l’important est d’apprécier le confort.

La sagesse de Molaire racontée... à tous.

En utilisant le temps, la vie, la mort, l’amour, la peur, la sagesse et la folie traités avec un sérieux digestible et des clins d’oeil d’humour, la fin du conte nous révèle ce qu’était la tristesse de l’étoile.

Avant d’y arriver, on a droit à des proverbes de Saint-Parlabas dont « Quand les i deviennent majuscules, ils perdent la tête », et une innovation technologique importante de Molaire, croquemort et psychologue de son état qui a inventé le « cercueil rembourré et insonorisé avec GPS intégré ». Vous allez être tranquilles et on va savoir où vous êtes en tout temps.

Le visuel

Il y a des paysages de toutes sortes reliés à Saint-Parlabas, des montagnes impressionnantes derrière les bâtiments en briques, en bois de toute beauté. Les lustres se balancent dans les pièces, une étoile filante de temps à autre passe dans le ciel.

Le cimetière, les aiguilles de montres pour l’épisode qui traite du temps, la neige sur le village, neige qui remonte avec le temps, le lac Mirage, presque un vrai lac et les étoiles omniprésentes, tout est extrêmement bien fait. Qui plus est, les effets spéciaux fusionnent complètement avec le conte. Rien n’est montré qui n’a pas un sens précis.

Même une photo ne rend pas vraiment l’effet, car tout est en mouvement constant, et n’a pas le temps de tout voir, car il faut aussi écouter. C’est mieux d’en avoir plus que d’en manquer.

Ce décor multimédia venait de Joël Proulx Bouffard avec Philippe Veilleux au son et à l’éclairage.

Michelle Lambert, Johanne Aubé et Mélanie Gilbert

Le trio de Saint-Parlabas

Les courts intermèdes musicaux étaient assurés par Michelle Lambert, piano et percussions, Johanne Aubé à la guitare et aux voix avec Mélanie Gilbert. Et comment la performance de ces dames était-elle reçue ? Je vais vous répondre par la bouche de mes deux exemples.

Avant l’intermission, le trio nous a offert un extrait de la version française de The Impossible Dream  tirée de The Quest, dont Robert Goulet a pratiquement fait une carrière. Il y a une émotion spéciale qui se dégage de cette chanson. La chanson était particulièrement bien choisie pour ce conte, car la version française parle d’une quête pour atteindre l’inaccessible étoile.

La pièce s’éclaire quelques secondes après les dernières notes, et on entend une dame tout près qui avoue, dans un murmure à sa voisine, « moi aussi, je pleurais ».

Séchez vos larmes, voici l’autre. Je n’invente rien. Préambule. À la polyvalente, il y a beaucoup d’activités différentes le soir. La conversation était entre quelqu’un qui était au spectacle et un de ses amis qui faisait autre chose, pas trop loin de l’auditorium.

Entendu dans les toilettes. Inconnu #1 : « salut !…bla, bla, bla… c’est ma matante qui chante » Inconnu #2 « Ah oui ! Tu y diras qu’à chante fort ta matante ».

Comme vous pouvez le constater, le spectre des auditeurs qui ont fortement apprécié cette chanson est assez large et s’exprime assez différemment.

Pieds nus, Johanne Aubé; en talons hauts, Michelle Lambert; en talons plats, Mélanie Gilbert . En tennis haut de gamme : l'auteur Alain Lessard, le conteur Steve Pruneau, à l'éclairage, Jason Turcotte et au décor multimédia, Joël Proulx Bouffard, en bottes de sept lieues.

Et c’était quoi la tristesse de l’étoile ? Ça, c’est un secret de Saint-Parlabas. C’est comme ça.

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