Ajoutez ce site comme page de démarrage

Sur un nuage

NOËL À LAMBEAU FIELD 3

Par: Joffre Grondin

Yves Charland en Cheesehead avec les couleurs des Packers de Green Bay

Un avion, un jet régional en l’occurrence, où des inconnus se demandent d’où ils viennent et se font la conversation, ce n’est pas banal. Quand on sait qu’une passion commune, une partie de football sur le terrain de leur équipe favorite, les Packers de Green Bay, les unit, ça s’explique.

Et justement, l’avion s’approche de Green Bay, et le pilote a un as dans sa manche. Le centre d’attraction de Green Bay est son terrain de football. La nuit est tombée. Le stade est illuminé et le pilote fait son approche en une vaste courbe dont le point central est le Lambeau Field illuminé. Les 50 passagers sont aux hublots. Les coeurs battent un peu plus vite. L’adrénaline est en vedette.

Atterrissage. Hôtel pas loin. C’est le temps de se « canter un’ aile », expression très beauceronne qui veut dire aller dormir.

Comme dans un film, on saute le lever, le déjeuner et la location de véhicule et on est rendu au lendemain matin, consacré à découvrir l’environnement. Comprendre ici les environs du stade. Nous retrouvons nos deux lascars dans un véhicule de location près du Lambeau Field, aux alentours de 11 h 30. C’est Noël. Non seulement c’est Noël, mais c’est le plus Joyeux Noël de tous qui est en marche.

Arrivé tôt lui aussi, un amateur pur et dur pose avec Marie-Claude Charland

Rappelons du bout des lèvres et avec une voix à peine audible que la partie entre les Bears de Chicago et les Packers de Green Bay n’aura lieu qu’à 19 h 20, ce qui nous donne le temps de nous demander pourquoi les Packers s’appellent les Packers. Je suis sûr que vous n’y pensiez justement même pas.

Le premier terrain où l’équipe a joué en 1919 était sur la propriété de l’employeur d’un des deux fondateurs, Curly Lambeau, la Indian Packing Company, qui empaquetait… de la viande. La compagnie a donné 500 dollars en commandite à la condition qu’il soit écrit Green Bay Packers sur les gilets. C’est maintenant le plus vieux nom de la ligue.

C'est dans les quartiers résidentiels autour du stade qu'ont lieu une bonne partie des Tailgates

Heureusement, c’était en anglais, parce que Les Empaqueteurs de Baie Verte, ça aurait comme manqué de punch.

Où sont-ils rendus ?

N’ayez crainte, nous n’avons pas perdu nos deux informés débrouillards. Ils savent pertinemment que le stationnement n’ouvre que quatre heures avant la partie, donc vers 15 heures. Mais pourquoi donc sont-ils en train de visiter toutes les petites rues dans un périmètre d’environ 500 mètres autour du stade ?

Ils sont en train d’explorer une « tradition consacrée » et encouragée qui s’appelle le party de hayon.

Un Tailgate Party, c’est au boutte !

Le hayon désigne l’ensemble lunette arrière/porte de coffre s’ouvrant ensemble. Personne au monde ne va faire un party de hayon évidemment. On utilise le terme américain Tailgate. Cette tradition du football américain consiste à apporter un BBQ, des chaises, des tables, des hot-dogs, etc., et des liquides variés, souvent dans des pickups, pour faire un party avec des amis avant la partie. On lève ou on baisse le tailgate hayon, on sort et on déballe tout ça, et c’est parti.

Il est à peine dépassé midi que plusieurs sont déjà là, et que les BBQ sont opérationnels

Plusieurs louent des stationnements près du stade où ils s’installent avec tout le saint-frusquin. Mais il n’y a pas de place pour tout le monde, alors, les propriétaires de maisons autour du stade vont louer leur terrain aux festivaliers du ballon ovale.

Nos deux larrons empruntaient les rues par cet après-midi frais et ensoleillé et voyaient les terrains privés graduellement s’emplir de gens arborant sourires, symboles et couleurs des Packers.

C’est dans cette atmosphère détendue et chaleureuse qu’ils flottent d’un groupe à l’autre.

Il est facile d’entrer en conversation pour échanger avec les amateurs dans une ambiance si conviviale. Le petit coussin Quebec Loves the Packers permet d’apprendre que plusieurs ne savent pas où est le Québec. Un propriétaire confie que louer son espace pour les huit Tailgates de la saison couvre les paiements de son hypothèque.

Père et fille sont d’accord dans leur description, « C’est comme la Fête de la Saint-Jean qui se répète 8 fois en automne ». Pas trop de musique, mais beaucoup de conversations.

Du français, oui monsieur.

Sans être exhaustif, il est difficile de passer à côté du fait que nos aventureux ancêtres sont passés par là. Rues et places rappellent leur passage : Fond du Lac, Racine, Eau Claire, La Croix avenue, Cormier Road, rue du Père (accent disparu), Grignon Street, Marquette Square (le père qui a accompagné Louis Joliette en Louisiane), Nicolet Drive (Jean Nicolet a été le premier à explorer le Wisconsin, et soudain un dénommé Lafont qui révèle que son grand-père vient de Sherbrooke.

La partie

Rencontré peu de temps après son retour encore à chaud, Yves avoue : « En mettant la main sur la poignée du stade, j’ai eu des papillons dans l’estomac ». On comprend qu’après une « mise en condition » de six à sept heures avec des inconditionnels du football, quand le moment vient d’entrer dans le Lambeau Field Atrium, le trajet de l’entrée aux sièges se fait dans un état second.

Avant et après la visite au Pro Shop. On ne verra plus la tête fromagée de la même façon

Dans l’Atrium, ouvert à l’année, par lequel il faut passer, on retrouve le Packers Pro Shop où on va tout de suite acheter les choses qu’on peut voir sur les phots, le Packers Hall of Fame et des salles de réunions de 15 à 1,500 personnes et, au deuxième étage, Curly’s Pub, qui est presque aussi long que le terrain de football.

Les sièges sont en fait de très longs bancs dont les places sont numérotées. Et oui, c’était une excellente idée d’apporter des coussins. Certains ont même des sortes de chaises sans pattes, mais avec dossier.

Très différent de la télévision

Les billets obtenus étaient près de la ligne des buts, à mi-hauteur. Un choix excellent qui a permis d’assister à trois des cinq touchés et de voir clairement l’action. Même s’il date des années 50, le stade n’a pas d’angles morts.

Comme tient à le mentionner Yves Charland, « Ce qui est remarquable quand on est dans le stade est que tu vois en trois dimensions. Quand il y a une passe, tu as le temps de voir les deux objets qui se déplacent ». Ça fait toute une différence par rapport à la télévision.

Autre point important. L’absence de commerciaux permet de ne pas couper le déroulement. « On a le temps de parler avec nos voisins. On s’est fait des amis ». On est beaucoup plus dedans.

C’est donc beau du beau jeu

Quoique la rivalité avec les Bears date des années vingt, les amateurs semblent autant apprécier la qualité du jeu que le fait de gagner, ce qui contribue sans aucun doute au plaisir de suivre le football. Entendre quelqu’un rouge comme un coq hurler à plein poumon « Tue-le le tabar… », ou des bagarres déclenchées dans les estrades ne portent pas nécessairement à la détente et à la régénération.

Yves mentionne d’ailleurs ne pas s’être fait demander s’il était content d’avoir gagné, mais s’il avait apprécié la partie.

Ça fait quand même un petit velours. Les Packers ont vaincu les Bears 35 à 21.

Un voyage de « tripeux ».

Nos deux partisans des Packers sont revenus sur un nuage. « Tout se passe au niveau des tripes, c’est comme si j’avais laissé le côté rationnel de mon cerveau à la maison », confie ce passionné des Packers. Un peu comme si les émotions vécues au cours de ce mémorable voyage qui fut presque un pèlerinage avaient agi comme un grand ménage intérieur. Nettoyage complet. Pour un ordinateur, ce serait équivalent à défragmenter le disque dur.

Lambeau Field Atrium. On va s'en rappeler longtemps

Chaque individu doit se trouver des moyens personnels pour arriver à détendre son mental et son système nerveux, un peu comme si on arrivait à faire un « reset » sur un être humain. Cela peut s’avérer simple ou compliqué, presque gratuit ou très dispendieux. Il appartient à chacun de trouver sa recette. Comme le reste dans la vie, il faut chercher si on veut trouver.

Cette mini saga était l’expérience de deux personnes qui ont cherché et trouvé leur recette. Bonjour chez vous !

Partie 1   http://beaucemagazine.com/?p=5563

Partie 2  http://beaucemagazine.com/?p=5573

http://en.wikipedia.org/wiki/Green_Bay_Packers  Plein de renseignements.

PBeauceville
CarteDanaki
St-Côme
Raymond Vachon
SHSartigan
CarteVetementsSevigny

Chercher dans les archives

Chercher par date
Chercher par catégorie
Chercher avec Google

Galerie photo