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SÉANCE EXTRA ORDINAIRE DU CONSEIL

Le plan triennal adopté à Saint-Georges

Par: Joffre Grondin

Manon Bougie et le maire Fecteau : deux visions différentes

Parlant tout de go d’un « budget cohérent et responsable » afin de « poursuivre le développement de la ville en respectant la capacité de payer des citoyens » le maire Fecteau, contrôlant quand même assez bien son excitation et aidé de 23 acétates projetés sur des écrans, a arrosé les deux spectateurs présents d’un tsunami de chiffres concernant les trois années à venir. On visait à être sous la barre de l’IPC à 3,4 % et on avait atteint 2,2 %. Certains édiles devaient retenir avec peine leurs larmes de joie ?

C’est donc un budget de 41 700 000 $, qui a été adopté. On avait demandé aux employés municipaux une réduction de 3 % dans les dépenses compressibles, soit 336,000 $, ce qui fut fait. On peut noter que cela équivaut à 0,805 % du budget total.

L’imposition passe de 0,94 $ du cent dollars à 0,97, excepté pour le secteur de Saint-Jean de la Lande qui part de 0,92 $ pour aller à 0,97 $.

Tôt ou tard, on paie.

Le plan est passé à la majorité. Cependant, il est clair que deux visions s’affrontent. Trois personnes ont exprimé leur dissidence : Manon Bougie, Jean Perron et Marie-Ève Dutil. La gestion de la dette était une préoccupation qui semblait centrale à leur dissidence. La conseillère Dutil a d’ailleurs souligné représenter « les jeunes travailleurs ».

Quand on constate le niveau d’endettement des services publics à tous les paliers de gouvernance, il est facile de comprendre que « les jeunes travailleurs » soient inquiets. Ce sont eux qui vont payer après tout. Il faut dire que le nombre de jeunes travailleurs à la table du conseil est assez limité. Simple constatation.

Deux points de vue

La conseillère Manon Bougie a très bien présenté un de ces points de vue. Une vision qui vise à premièrement cesser d’augmenter la dette pour ensuite la diminuer, et graduellement l’éliminer pour finalement mettre de l’argent de côté pour les projets à venir.

Manon bougie: un argumentaire clair

Voici des extraits de l’argumentaire de Manon Bougie qui, nous pensons, exprime l’essence de son propos.

« Si on va de l’avant avec le Triennal proposé, on s’est fait dire qu’en 2015, le service de la dette serait augmenté de près de 69 % »

« En 2010, la portion d’un compte de taxe représentant la dette était de 258 $, en 2015 ce serait 435 $ si le service de la dette augmente de 69 % »

« Je pense qu’on le laisse croître (le service de la dette) à un rythme très élevé, et je ne suis pas à l’aise avec ça.  Avec ce budget, la dette totale de la ville pourrait s’élever à 57 ou 63 millions (brut ou net). On prévoit emprunter 10 millions chaque année. Ce qu’on rembourse de nos dettes chaque année est 4,5 millions… Ce que je constate est que ça ne baissera jamais ».

La dette totale pourrait être de 77 millions $ bruts d’ici 2015.

Des millions payés par qui ?

Manon Bougie nous informe qu’en 2009, le plan triennal prévoyait emprunter 5 millions en 2012, 4 millions en 2013 et 4 millions en 2014. En 2010, changement. C’était maintenant 8 millions en 2012, 10 en 2013 et 5 en 2014. En 2012, ce qui est prévu est 8 millions en 2012, 10 millions en 2013 et encore 10 millions en 2014.

La conseillère conclut. « Je crois qu’on doit faire le point sur l’endettement, et je tiens à spécifier que ce n’est pas juste ici, c’est une question de société… se faire un plan de financement avant de débuter un projet… mettre de l’argent de côté pour éviter d’emprunter substantiellement et d’augmenter notre dette ».

Et pour achever de rentrer le clou, « Il faut commencer à trouver des solutions parce qu’on est dans un océan d’endettement ».

Suite aux dissidences de Manon Bougie, de Jean Perron et de Marie-Ève Dutil, les autres membres ont tour à tour pris la parole, essentiellement pour défendre le plan. Marcel Drouin a parlé avec emphase de « l’excellente santé financière » de Saint-Georges, Lionel Bisson « qu’il faudrait avoir une gestion très serrée, et c’est ce qu’on s’est donné ».

Nous rapportons celle d’Irma Quirion qui, sans être complète, semble représentative de l’autre point de vue.

La conseillère Irma Quirion

Madame Quirion a énuméré les secteurs de la dette d’une façon assez complète et sa conclusion a été en gros : « Je pense que les dépenses sont tout à fait justifiables, c’est bien géré et je suis totalement satisfaite de la gestion qui est faite de la dette à la ville, et on s’aperçoit que le pourcentage de service de la dette baisse à chaque année »

La conseillère Quirion a quand même été la seule à souligner que l’état des régimes de retraite était très préoccupante. Le maire a rappelé que la loi oblige les municipalités à injecter les montants qui manquent et que la ville a versé 300,000 $ et que des démarches sont faites auprès du gouvernement pour des améliorations.

Le budget pour les nuls

Essayons d’y voir plus clair. Il faut savoir au départ que d’une année à l’autre tout est supposé monter. C’est sûr, que considéré objectivement, on pourrait contester, mais les économistes les plus influents et les gouvernements ont décidé que cela était bon que tout monte. Donc, le citoyen paie et se tait. Le gouvernement canadien, comme les autres, a même fixé un pourcentage à viser pour contrôler la montée, pour ne pas que ça monte trop.. Entre deux et trois pour cent d’augmentation et tout va bien, qu’y disent. C’est supposé être normal. On appelle ça l’inflation.

L’inflation est une baisse durable de la valeur de la monnaie. Le même argent achète moins de produits. On évalue la valeur de l’argent à partir des variations des prix à la consommation des biens et services, mesurée à quantité et qualité égales.

L’inflation est évaluée au moyen de l’indice des prix à la consommation (IPC). Ce dont il s’agissait au premier paragraphe. Si l’inflation est de 2 %, le dollar achète 2 % de choses de moins que l’année d’avant. Et le consommateur est censé consommer de plus en plus avec un dollar qui vaut de moins en moins.

Au bout de vingt ans, ton dollar ne vaut pas grand-chose. Mais c’est une autre histoire.

Pour réussir à consommer de plus en plus, on a trouvé un moyen fabuleux: s’endetter. Une expression imagée dit « pelleter par en avant ». Envoyer la neige sur les côtés correspond à payer ses dettes et s’endetter à envoyer la neige vers l’avant.  Essayez ça dans votre entrée de cour cet hiver. Attendez une grosse bordée. Tout deviendra clair.

Il y a quelques années, on pouvait encore feindre d’ignorer que les dettes se paient tôt ou tard. On préférait tard, en ne voulant pas faire face à la réalité.

Le temps est maintenant venu où supporter les intérêts de la dette devient intolérable. Il faut se mettre en mode solution au plus vite.

Les plus riches deviennent plus riches, les plus pauvres restent pauvres et la classe moyenne… prenez des photos d’ici deux ou trois ans avant qu’elle ne disparaisse.

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