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CE QUI POURRAIT ARRIVER À SAINT-GÉDÉON

Le scandale du gaz de schiste : un livre

Par: Joffre grondin

Un livre à lire. Pour savoir ce qui arrivera peut-être à Saint-Gédéon, comme c'est arrivé ailleurs

Les choses qui nous paraissent lointaines se rapprochent quelquefois à grande vitesse. Il en est ainsi pour le gaz de schiste. On aurait pu croire que le célèbre Infoman en avait fait un spectacle amusant qui ne nous atteindrait pas vraiment. La réalité a frappé. Il y a un forage en cours à Saint-Gédéon. Un peu comme à Saint-Marc-sur-Richelieu avec Molopo, une gazière australienne.

Des citoyens lèvent la tête. David devra une fois de plus regarder Goliath dans les yeux. C’est pourquoi, le 6 décembre 2011, une première assemblée publique de la Coalition citoyenne gaz de schiste s’est tenue à Saint-Gédéon. Pas besoin d’être voyant pour prédire que ce ne sera pas la dernière.

Qu’en est-il des gaz de schiste ?

Pour un peu faire le tour du problème et essayer de mettre les cartes sur la table, ce qui n’est pas facile, deux journalistes se sont attaqués à la tâche et ont produit un document fouillé et documenté qui apporte un éclairage bienvenu.

En un peu plus de 150 pages, ce petit livre, sorti le 14 novembre 2011, est une enquête essentielle sur la situation actuelle du gaz de schiste. Les journalistes Philippe-Vincent Foisy et Julien McEvoy éclairent « les problèmes écologiques, politiques et éthiques qui suscitent à bon droit le mécontentement populaire » comme ils l’affirment sur le plat verso. Mieux vaut le dire, le lecteur doit s’attendre à être atterré par cet exposé.

À quoi peut-on s’attendre à la lecture de ce livre ?

Commençant par le commencement, on y aborde la loi des mines qui date de 1880, dont on mentionne l’article 235 qui stipule que « sur les terres concédées ou aliénées par l’État à des fins autres que minières…, le titulaire de droit minier… peut acquérir, à l’amiable ou par expropriation, tout bien nécessaire à l’accès au terrain ou à l’exécution de ses travaux d’exploration ou d’exploitation ».

Ce qui veut dire que la compagnie qui a un « claim » peut faire ce qu’elle veut avec le terrain et qu’elle a priorité sur toutes les autres lois.

L’expertise avant et après

On y parle de l’expertise que le Québec avait développée avec la création en 1969 et l’expansion de la Société québécoise d’initiative pétrolière, la SOQUIP jusqu’à son démantèlement par Lucien Bouchard en 1996. On remarque les passages du secteur public au privé.

Mai 2006, Stratégie énergétique du PLQ

En mai 2006, la publication de la stratégie énergétique du Parti Libéral du Québec a lancé les compagnies à « claimer » le Québec. La vieille loi permet à quiconque de se porter acquéreur du droit exclusif sur le sous-sol, un droit de propriété qui domine tous les autres, incluant celui du terrain. Douze entreprises ont acheté 121 permis d’exploitation, presque tous sur des terrains privés sur 20,000 km carrés. Payés entre 10 cents et 2,50 $ et hectare par année. Pas cher, pas cher. L’industrie réplique que la recherche coûte très cher.

APGQ

Ayant acheté tout et le peuple n’en sachant rien, l’Association pétrolière et gazière du Québec est fondée en avril 2009 : un puissant lobby dont André Caillé est président. Il sera remplacé en 2011 par Lucien Bouchard. On constatera au cours des chapitres que ce sont de vieilles connaissances.

De nombreux ex-ministres et hauts fonctionnaires proches du parti libéral sont également mentionnés, en gravitation autour des puits.

Le parfait petit kit pour fracturer

Pour extraire le gaz de schiste, il faut fracturer, casser, briser, faire exploser la roche. Selon la compagnie Questerre Energy, une gazière albertaine, chaque puits nécessite environ 11,5 millions de litres d’eau, 30,000 litres d’additifs chimiques et 12,000 tonnes de sable. Les produits chimiques sont un secret commercial. Voyez le livre à la page 27 pour voir ce qu’on en dit. Le livre dit que l’eau serait puisée dans nos lacs et rivières.

La quantité d’eau nécessaire n’a pas l’air d’être un problème pour les gazières.

Dangereux, polluant ?

Les arguments des gazières pour réfuter ceux qui prétendent que ce pourrait être polluant sont simples. Michael Binnion, président de Questerre affirme qu’il « n’y a eu aucun expert crédible pour corroborer les mythes qui ont été présentés », Lucien Bouchard balaie du revers de la main les inquiétudes de Marc Durand, un ingénieur en génie géologique à la retraite.

Quoi que l’on dise, l’industrie se défend en répondant que ce sont des cas marginaux ou ce ne sont que des exceptions.

La palme revient probablement à André Caillé qui a déclaré, « Je serai présent sur le terrain avec des experts crédibles afin d’écouter, de consulter et d’expliquer tout en répondant avec honnêteté et transparence aux questions des citoyens et de leurs élus ».

Les gazières font également des petits cadeaux aux municipalités. L’Albertaine Talisman Energy donne 2000 dollars pour un terrain de jeu, 5000 dollars à la bibliothèque et le porte-parole de la compagnie débite le plus sérieusement du monde à Radio-Canada que « des investissements communautaires, ça fait partie du processus que l’on met en place pour l’acceptabilité sociale en plus de maximiser les retombées économiques locales ».

Extrait du gouvernement

Le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune publie, en 2002, un document de 20 pages traitant du gaz de schiste.

Dans tout ça, le gouvernement reprend fondamentalement les arguments des gazières.

Le peuple

Que ce soit à Saint-Jude, à Saint-Marc-sur-Richelieu, à Saint-Hilaire ou dans d’autres municipalités ailleurs au Québec, tel Saint-Gédéon dans notre région, ce qu’on appelait autrefois le peuple et que l’on nomme maintenant mouvement citoyen, est en branle.

Petite citation finale

Il y a évidemment le côté monétaire. Voici ce que l’on en conclut après plusieurs pages. « Non seulement le gaz de schiste n’a pas le potentiel de rétablir les finances du Québec, mais l’industrie bénéficie de généreux crédits d’impôt et autres avantages fiscaux pour se développer ».

Si les Québécois n’ont rien à gagner là-dedans, qui va partir avec le pot ?

Un livre pas nécessairement facile à lire. Cet article n’en est pas un résumé, mais seulement pour en donner une idée. Cependant, on peut dire que c’est un livre de base, et avec les autres ouvrages qui sont mentionnés à l’intérieur, quelqu’un peut avoir une très bonne idée de la problématique pour se faire une idée.

Prix : entre 11.21$ et 15$ Partis Pris Actuels, VLB Éditeur

Raymond Vachon
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St-Côme

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