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L’AVOCAT PORTAIT LE NOM DE JOHN DIEFENBAKER

Une cause de francophone catholique, défendue par un avocat anglophone

Par: Rolland Bouffard

Adeline Bouffard et Léger Boutin

Léger Boutin possédait une ferme agricole dans le rang Bélair à Saint-Jean-Chrysostôme, voisin de l’endroit où est situé l’aéroport actuel. Il était marié à Adéline Bouffard. Tous deux natifs de Saint-Isidore-de-Dorchester, paroisse où ils se sont mariés. Elle, était la sœur de mon grand-père et la marraine de mon père.

Au début des années 1900, ils vendent la ferme et partent avec armes et bagages pour aller s’installer sur un homestead à Saint-Isidore-de-Bellevue, au nord de la Saskatchewan. Cette région est située à une soixantaine de kilomètres au sud de Prince Albert et une centaine de kilomètres au nord de Saskatoon. Territoire d’abord établi par les Métis, il est habité par des familles d’origine ukrainienne, scandinave, anglaise, mais principalement francophone.

 

Léger Boutin et Rémi Éthier (un francophone qui a habité quelques années au nord des États-Unis et s’est installé lui aussi à Bellevue) se retrouvent commissaires d’école.

La loi sur l’enseignement

La loi de  la Saskatchewanprévoit que le français est la langue d’enseignement en première année et que l’on enseigne le français une heure par jour dans les autres classes. L’enseignement de la religion est offert durant la dernière demi-heure de la journée et peut être enseigné en anglais ou en français.

Église de Saint-Isidore-de-Bellevue, Saskatchewan (PHOTO: Rolland Bouffard – mai 2007)

Comme la majorité des résidents de la région sont francophones, les deux commissaires demandent à l’enseignante d’allonger la période d’enseignement en français, ce qui donne naissance à une polémique.

Tiré d’un extrait de “The teaching of french in Saskatchewan Public Schools”. Un certain anglophone protestant du nom de William Mackie se plaint au premier ministre que le français est utilisé en Saskatchewan ce qui n’est pas décent.

Quelque temps plus tard, le ministère de l’Éducation informe le premier ministre qu’un inspecteur a déjà été envoyé à l’école et que selon cet inspecteur, l’enseignante, Mlle Marie-Annette Houle, dirige son école selon la Loi sur l’éducation. Le premier ministre est également informé que le conflit semble être le résultat de bataille de familles.

Informé des résultats de l’enquête de l’inspecteur, Mackie indique au premier ministre que l’inspecteur doit être catholique pour avoir admis une telle affaire. Mackie se rend alors à Wakaw, Saskatchewan, en janvier 1922 et dépose une plainte, devant un juge de paix, contre les deux commissaires d’école Rémi Éthier et Léger Boutin.

L’accusation portée contre les deux hommes est d’avoir permis l’enseignement de la religion à différents moments avant la dernière demi-heure de la journée et d’avoir permis au français d’être utilisé comme langue d’enseignement autrement que dans la première année.

Le jugement et la défense

Le 11 février 1922, Rémi Éthier et Léger Boutin se présentent devant le juge de paix à Wakaw. Ils sont jugés coupables et condamnés à payer une amende de 15.00 $ chacun en plus des coûts du procès.

L’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan, l’Association des commissaires d’école franco-canadiens de la Saskatchewan et le Patriote de l’Ouest se portent à la défense des deux commissaires d’école. Ils acceptent de payer les frais pour faire appel du jugement. Les deux accusés retiennent alors les services d’un jeune avocat anglophone, originaire du nord-ouest de l’Ontario, récemment installé dans le village de Wakaw, pour mener leur cas devant la Cour d’appel.

Entrée de la ville de Wakaw, en Saskatchewan

Les bureaux, à l’époque, de John Diefenbaker

Celui-ci décide de baser la défense sur deux points: d’abord que les allégations contre ses clients sont fausses et que même si elles étaient vraies, il n’y a eu aucune violation de la Loi sur l’éducation.

L’appel est entendu à Wakaw le 23 mai 1922. Après avoir reçu des témoignages des élèves de l’école et de l’enseignante, le juge Doak conclut que les allégations, contre les deux commissaires, sont justifiées. Mais, ont-ils violé la Loi sur l’éducation ?

Grâce à l’habileté du jeune avocat, le juge rejette la condamnation de Rémi Éthier et Léger Boutin, bien qu’il croyait qu’il ait eu “une flagrante violation de la Loi sur l’éducation”.

Le jeune avocat est John Diefenbaker devenu par la suite premier ministre du Canada…

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