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LE MUSÉE DE L’AVIATION

A visiter deux fois plutôt qu’une

Par: Joffre Grondin

Leonardo di Caprio, un Sopwith Camel et Sainte-Marie. Trouvez le lien

Il faut regarder autour, dans le milieu et même au plafond quand on visite le musée de l’Aviation à Sainte-Marie. Y’en a partout. Beaucoup de maquettes d’avions à toutes sortes d’échelles, mais aussi des présentoirs avec des artéfacts, des photos et des textes racontant la vie de ces pionniers beaucerons de l’aviation qui ont vécu les premières étapes de la conquête de l’air.

On y retrouve notamment les frères Vachon, surnommés « les Chevaliers de l’air » et les Fecteau, des pilotes de brousse qui transportaient passagers, matériel et courrier. Des monographies très intéressantes de l’ethnologue Nicole Dorion donnant un portrait plus complet de leurs vies aventureuses sont disponibles pour les plus passionnés.

La première fois

La présidente de la Société Historique de la Nouvelle-Beauce, Pauline Jacques-Vachon. Dix-sept ans pour réaliser un rêve.

On comprend facilement qu’un projet qui a pris 17 ans à se réaliser ait une certaine ampleur et que l’inauguration réunisse beaucoup de ce beau monde qu’on voit dans les inaugurations, députés, maires, officiels, invités spéciaux, tous ceux qui ont travaillé des années au projet et qui en sont avec raison très fiers, des amis proches… et finalement des journalistes à l’affût qui flashent partout.

Et tous pratiquent cette activité merveilleuse grâce à laquelle nous sommes sortis des cavernes : parler, jaser, placoter, informer, s’informer, échanger. Le meilleur aspect de l’humanité en somme. Ça détend.

Maquette du Bremen. Le nom de Roméo Vachon devint célèbre quand il vola à sa rescousse en 1928

Évidemment, dans ces occasions, il y a les discours. Les discours d’inauguration ne sont pas tous… mettons enlevants. Il est parfaitement compréhensible qu’inaugurer un bout d’asphalte ne fournisse pas un enivrant souffle poétique à un orateur. Mais un musée pour les pionniers de l’aviation…

… le souffle était là. Incroyablement, tous les discours étaient simples, bons, sincères et intéressants. On aurait juré que c’était le jour où tout le monde laisse sa langue de bois à la maison. Jour à marquer d’une pierre blanche.

Raquettes pour neige molle et profonde qui servaient aussi à…

…marcher sur la piste pour taper la neige pour les décollages et atterrissages. Se débrouiller avec les moyens du bord c’est ça.

Le député de Beauce-Nord Janvier Grondin, enflammé, déclarait qu’il ne fallait pas oublier que des « gens de la Beauce ont fait la cartographie du Grand Nord ».

L’histoire n’était pas que sur les murs. Quelques minutes auparavant, un vieux monsieur s’avançait, qui semblait très considéré par les gens qui l’accompagnaient. Informations prises, il s’agissait de l’un de ceux dont la photo apparaissait dans les pionniers de l’air, Monsieur Thomas Fecteau, 86 ans, l’oeil alerte et la répartie juste.

Oubliez le GPS, les signaux sont faits sur le sol avec des branches de sapin.

Derrière lui, un petit homme qui se tient très droit, portant un veston dont l’écusson indique son statut de pilote, il s’agit de Gilles Lamontagne, pilote de guerre, ancien maire de Québec, lieutenant-gouverneur, etc. Son veston est bleu… Royal évidemment, mais quand un tel monsieur entre dans sa 93e année, l’heure n’est sûrement pas à la politique et au jugement. « Walk A Mile In My Shoes » chantait Elvis.

Comme une impression de voir l’histoire en marche.

Un des côtés de l’hélice s’est courbée sous l’impact lors de l’écrasement. Ouch !

En regardant les photos et les différents objets du musée, il devient un peu stupéfiant de penser qu’il n’a fallu que moins d’un siècle pour passer de l’étape où l’on devait « taper » la neige des pistes avec des raquettes pour que l’avion puisse atterrir, sortir trépied et lunette pour prendre les mesures et arriver à des satellites qui nous montrent n’importe quel point sur le globe — Google Earth — en quelques clics.

La deuxième fois

Dans tout ce brouhaha de gens et de conversations en mouvement, il n’y avait pas eu suffisamment de temps pour se concentrer sur le musée lui-même. Quelques jours plus tard, les circonstances font que j’y rencontre un couple d’amis. Les pionniers ont oeuvré en grande partie dans le Nord du Québec, mes amis ont habité de nombreuses années dans des endroits dont les noms finissent par ik ak et uk et sont très intéressés par les propos de notre guide.

Sophie Poulin, souriante, une des guides pour l’été au musée de l’Aviation

Oui, pendant l’été le musée offre des visites guidées. La jeune fille qui est notre guide, Sophie Poulin, va au CÉGEP et elle est guide pour la deuxième année au musée de l’aviation. Grâce à Jeunesse Canada au travail, le musée peut fournir trois guides et 2 assistantes guides.

Pendant la visite on peut constater que Sophie a absorbé non seulement l’information, mais également une partie de l’atmosphère de l’époque. Ses descriptions ajoutent une autre perspective aux objets. « Cette belle jeunesse » ! comme disait un ami.

On apprend des choses

On apprend en voyant la petite réplique du Bremen, que l’équipage qui tentait de faire la traversée de l’Atlantique à partir de l’Europe s’est échoué. C’est à ce moment que le nom de Roméo Vachon est devenu célèbre à l’échelle mondiale, en allant à la rescousse des naufragés, le 15 avril 1928.

Le Sopwith Camel du film, vu d’un angle différent. Les amateurs de bandes dessinées se rappelleront que Snoopy sur sa niche pilotait un Sopwith Camel. Les vrais pilotes portaient également le foulard pour essuyer l’huile qui venait parfois du moteur. Merci Sophie.

La relation entre le poster du film « The Aviator » sur la vie de Howard Hugues, as du développement de l’aviation, rôle joué par Leonardo di Caprio et un modèle 3/4 de Sopwith Camel accroché au plafond n’est pas évidente jusqu’à ce que notre guide nous révèle que « CE » modèle a été utilisé pour le film. Leonardo di Caprio s’est assis dans ce modèle. Soupirs féminins inclus ici.

La publicité pour le film The Aviator

La Société Historique de la Nouvelle-Beauce avait développé l’embryon du musée de l’Aviation au deuxième étage de la Maison Dupuis. Après avoir persévéré 17 années à réaliser sa vision, elle était fière d’inaugurer son nouveau local qui est maintenant le seul musée de l’Aviation français au Canada.

Il faut souligner l’apport indispensable de Pauline Jacques-Vachon, qui a réussi par son acharnement à conserver actuel les réalisations d’un temps passé qui nous a menés au présent, pour que les actions faites avec les moyens du bord et leur immense débrouillardise nous inspirent pour le futur.

Si elle est absente, ne vous inquiétez pas, Ginette Dufour, directrice adjointe administrative et responsable du musée est sûrement au poste.

Un autre temps

Le musée de l’Aviation nous fait réaliser combien brutale la transition a été entre le mode de vie de nos pères et le nôtre.

Articles de première nécessité pour un autre temps : cigarettes et gin de Kuyper

Comparé à toute autre époque de l’histoire humaine, il n’y a rien d’équivalent. Et ce n’est pas fini.

Il y a toujours des fins de semaine ou on se demande quoi faire. Prenez un temps de pause pour visiter le musée de l’Aviation. Ensuite, tant qu’à y être, continuez sur la rue Notre-Dame, rincez-vous l’oeil. Prenez un petit café. Bonne journée.

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