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Une étude en contrastes

RETOUR AU CENTRE-VILLE

Gratuit pour les enfants

OPINION

Cet article pourrait s’intituler : Le Retour au centre-ville, perçu par les yeux et les oreilles d’un ainé, mais une étude en contrastes semblait assez descriptif. On peut affirmer sans se tromper que tel qu’il est conçu, le Retour au centre-ville en après-midi et le Retour au centre-ville le soir, c’est littéralement le jour et la nuit.

Exception faite du lieu physique, on pourrait dire que les deux n’ont pas de rapport l’un avec l’autre, ou plus précisément qu’ils se complètent.

En après-midi, un orchestre occupe l’extrémité nord, le milieu est parsemé de tables diverses et d’un manège tandis qu’à l’extrémité sud, une petite tente accueille deux musiciens folkloriques en face d’une terrasse ; une file s’allonge devant un dernier manège absolument superbe.

Tout ça disparaitra quelque part en fin d’après-midi, excepté la terrasse, pour laisser place, vers 17 heures à différents orchestres et plus tard à un genre de « disco-mobile » super équipée à l’extrémité nord. L’espace sera envahi par une faune nocturne noyée dans le bruit d’une musique que l’on entend à un kilomètre ou plus, côté ouest.

L’après-midi : grand succès

Avec la pleine participation de mère Nature, qui s’est surpassée en fournissant même des palmiers, des badauds de deux mois à quatre-vingt-deux ans se sont donné rendez-vous sur un bout de la première avenue pour savourer un début d’été qui n’en finit plus d’arriver.

Un manège pour les enfants

L’atmosphère est festive en ce samedi après-midi frais, mais ensoleillé et le calme, la détente et le repos sont les grands vainqueurs.

Pendant qu’à une extrémité, un groupe formé de quelques jeunes gens qu’on a aucune difficulté à entendre se laisse joyeusement aller dans un style qu’ils maitrisent très bien à un volume qu’ils maitrisent un peu moins bien, plus au sud, côté feux de circulation, en face de la terrasse bordée de palmiers, un duo de style country se produit tout aussi joyeusement pour le bonheur des danseurs. Pour le moment, ce sont des ainés qui occupent la piste pour une danse en ligne appelée « pinto », que vous pouvez voir en action ci-dessous.

Hé oui, les organisateurs ont aménagé une piste de danse de couleur vert gazon qui s’harmonise avec les palmiers. Ce sont des palmiers paisibles. Remarquez comme lesdits palmiers sont de la hauteur idéale, parfaits pour être admirés et appréciés sans le moindre danger. Au contraire des palmiers paisibles, les palmiers de film sont très hauts et semblent toujours laisser planer une possibilité de recevoir une noix de coco sur la tête, causant un stress inutile. Le choix des organisateurs est donc judicieux. Ils pensent vraiment à tout.

Le long du parcours, Grand Hôtel avec terrasse ajoutée, Dooly’s,  Mondo Resto-Bar,  Au Vieux Saint-Georges, le Phénix, La Chambre Noire et la Société Micro-Brasserie offrent leurs produits ; on y voit des tables, des kiosques, des manèges pour les enfants et des bars pour les vieux enfants. Il y a même un chien qui, pas bête, s’est couché à l’ombre d’un palmier.

Pas bête ce chien

Le soir

Il est bon de souligner que la circulation demeure assez fluide ; les préposés à la circulation font de l’excellent travail, tout comme dans l’après-midi d’ailleurs. Mon côté froidement calculateur ne peut s’empêcher de se demander qui va payer pour ce service qui semble demander une main-d’oeuvre supplémentaire. Ça doit être prévu dans ce qu’ils appellent « les retombées économiques ».

Le soir, disparus les manèges et les danses de lignes country, on change de contexte. Sous l’oeil vigilant des gilets bleus du service d’ordre à l’entrée, les gens s’égrènent en petits groupes du sud au nord jusqu’à se masser près de l’origine de la musique. Le boum boum boum boum de la grosse caisse et le niveau sonore ne semblent affecter personne négativement. Une étude furtive et discrète de la foule me permet d’affirmer que personne ne saigne du nez et tous semblent s’amuser. C’est résistant quand c’est jeune.

C’est dans de tels moments qu’on s’aperçoit qu’on est moins résistant au bruit quand on vieillit. En effet, après une dizaine de minutes d’exposition à ce bruit, c’est comme si mon cerveau s’engourdissait et que quelques connexions neuronales décidaient, on l’espère, provisoirement de se déjanter ou de faire la grève.

Moment amusant

En retournant vers mon auto sur l’avenue Chaudière, je note des effets secondaires, d’étranges et inhabituelles pensées me chatouillent les neurones. « Peut-on prendre une décision éclairée dans le noir ? », « Si vous voulez complètement définir un non-autochtone, de combien de pages aurez-vous besoin, en considérant qu’il est aussi non-enrhumé, non-japonais, non-chômeur, non-yéménite, etc. ? », « Si un blanc rit jaune, est-ce qu’un chinois rit blanc ou brun et s’il rit brun, est-il plus nutritif pour un cannibale ? », « Quelqu’un a-t-il déjà été frappé par un éclair au chocolat un soir d’orage ? », « Si un neuf n’a pas de jaune, mais qu’un oeuf a deux jaunes, quel est l’âge du chauffeur de l’autobus ? »

Et les résidents du Jasmin ?

La dernière pensée dissociée a été pour se demander si le bruit affectait les résidents du Jasmin. L’acoustique du bâtiment est à toute épreuve ou ils sont sourds, ou ils aiment ça parce que ça fait changement dans leur vie, ou c’est le soir de leur voyage et ils sont partis ou ils sont tous aux fenêtres et ils dansent. Les effets secondaires se sont soudain dissipés et je me suis retrouvé dans mon auto.

Jasmin se porte bien, merci

De nouveau bien portant le lendemain, j’ai rencontré deux résidents du Jasmin qui relaxaient sur un banc. L’un m’a expliqué que tout était normal, comme d’habitude. Le son reste au niveau de la rue. Si on l’entend dans Saint-Georges Ouest, c’est qu’il n’est pas étouffé par les bâtiments de la première avenue qui forment un corridor. Notre informateur demeure au quatrième étage et a très bien dormi. Satisfaction.

Et finalement

J’ai bien aimé l’après-midi. Pour la soirée, le seul léger, mais vraiment très léger détail serait le volume, mais c’est probablement parce qu’on devient parfois bougonneux en vieillissant que j’écris ça.

Il reste quand même qu’un décibel mètre serait très utile pour pouvoir ajuster le volume. C’est pas cher et très efficace. Et puisque je m’adresse à des ainés, je pense que je peux citer Confucius qui affirmait : « Ce n’est pas la masturbation qui rend sourd, mais le bruit ».

 

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