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Souvenirs scolaires

Par: Yvon Thibodeau

Prestation donnée lors de la fête des Mères de 1959, par les élèves de 3e année de la classe de Mère Sainte-Louise de France, à la salle paroissiale de Saint-Georges. De gauche à droite: Réjean Grégoire, Luc Busque, Claude Roy, Yvon Thibodeau, Robert Bolduc, Renaud Poulin, Luc Thibodeau, Régis Beaudoin, Michel Jacques, Marcel Poirier. ( non visibles sur la photo Bernard Cliche et Roger Bourque )

Ceux qu’on appelle les «Babys boomers», qui sont nés au début des années 50, comme c’est mon cas, et qui ont fréquenté les établissements scolaires dont il est fait mention dans ce reportage, se rappelleront peut-être avec un brin de nostalgie les anecdotes auxquelles je fais référence dans ce texte. Je vous fais une petite rétrospective de mes années passées à l’école primaire.

Première année: École élémentaire (devenue École Mgr Beaudoin) située près du Parc des Vétérans. Je me souviens encore de ma première journée d’école, en septembre 1956, alors que les parents des élèves, les mères dans la majorité des cas, accompagnaient leur progéniture, pour par la suite repartir en laissant cette dernière aux mains d’une personne qui prendrait la relève. Pour certaines « moumans », habituées de couver leur fils, il arrivait qu’elles retournent à la maison en versant quelques larmes. En ce qui me concerne, je dois avouer que cette étape nécessaire dans la vie d’un élève s’est très bien déroulée. Par contre, je me souviens que certains camarades braillaient comme des veaux sevrés qu’on enlève à leur mère, n’acceptant vraiment pas de voir cette dernière repartir seule.

Personnellement, ma mère m’avait très bien préparé pour faire face à cet événement. Mon enseignante s’appelait Mme Émile Dulac, une gentille dame aux cheveux blancs qui demeurait non loin de chez-moi, et qu’il m’arrivait d’aller visiter la fin de semaine. Cette personne, qui n’avait jamais eu d’enfant, considérait ses élèves un peu comme les siens, et savait utiliser un gant de fer dans une main de velours. N’étant alors âgé que de six ans, je vous avoue que je n’ai plus en mémoire d’anecdotes qui auraient pu se produire au cours de cette année scolaire. Par contre, je me rappelle que la classe qui juxtaposait la nôtre, qui prenait place au rez-de-chaussée de l’école, près de la grande salle, était une « classe d’anglais ». Une dizaine d’élèves dont les parents étaient pour la plupart d’origine irlandaise recevaient un enseignement dans leur langue. Le fait de recevoir une formation dans la langue de Shakespeare ne constituait alors pas une menace pour la langue française, comme certains tentent de nous le faire croire de nos jours.

Deuxième année: Même école

L’enseignante s’appelait Mademoiselle Veilleux,  (je tais son nom par respect pour sa famille). Cette célibataire avait une humeur changeante qui ne portait cependant pas ombrage à son désir de voir ses élèves bien performer. Par contre, je me souviens d’un incident qui, s’il s’était produit à notre époque, aurait valu à cette dernière de possiblement perdre son emploi, ou à tout le moins de se voir suspendue pour plusieurs mois. Nous devions dessiner 8 mitaines sur une feuille de papier à dessin, pour ensuite colorer ces dernières de la couleur de notre choix. Plutôt que d’y aller délicatement avec le crayon rouge, j’avais eu la terrible idée d’appuyer fortement sur ce dernier, ce qui avait eu comme effet de laisser un fini brillant sur le dessin, ce qui avait mis en colère celle qui m’avait alors asséné une de ces gifles à la figure, geste dont je me souviens encore!

Quelle fut la raison qui avait motivé ce geste totalement irréfléchi de la part de cette vieille fille frustrée ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais plus de 50 ans après que cette agression fut commise, je dois vous dire que même si cette dernière est aujourd’hui décédée, je suis incapable de me résigner à lui pardonner ce geste, que j’attribue à celui commis par une « vieille chipie », qui avait peut-être connu une frustration, et qui avait décidé de « passer sa rage » sur un de ses élèves parmi les plus dociles de sa classe. Voilà! Après vous en avoir fait part, je viens d’avoir ma revanche et après tout, je devrais peut-être prendre la sage décision de lui pardonner sa connerie passagère!

Troisième année: Même école

Une religieuse qui portait en ce temps-là le nom de Mère Sainte-Louise de France, enseignait dans la classe située près de l’entrée de l’école. Comme les visiteurs jetaient bien souvent un regard dans la classe, on avait demandé aux parents de vêtir la trentaine d’élèves d’un pantalon gris, une chemise blanche munie d’une cravate style papillon, ainsi que d’un chandail bleu marin à motifs rayés. Je dois vous dire qu’ainsi accoutrés, nous aurions ainsi pu passer pour des élèves de Harvard, ou encore pour des acteurs tout droit sortis d’un film de Harry Potter.

La directrice de l’école s’appelait mère Marie Joseph-Edmond, et était surtout reconnue pour la sévérité qui la distinguait des autres religieuses. De très petite taille, elle avait cependant un regard qui vous glaçait lorsqu’il vous était adressé. Un de mes anciens compagnons de classe, qui se prénommait Nelson, avait eu la malencontreuse idée, dans le but de faire rire les autres élèves, de « cracher par terre ». Damnation éternelle pour le pauvre Nelson, qui avait dû passer quelques heures dans la petite armoire servant à déposer les vadrouilles et les balais, et que les élèves appelaient le « cachot ». Avant de faire son entrée dans cet endroit, dont on avait bien sûr éteint la lumière, ce dernier avait été aspergé d’eau bénite, afin de chasser le démon qui l’habitait.

Un beau souvenir dont je me rappelle concernant cette période, celui de la cérémonie du « Salut au drapeau », qui se déroulait le vendredi. Un camarade qui s’appelait Claude Roy, facteur retraité, agissait en tant que porte-drapeau. Quant à moi, je devais en compagnie de Claude et d’un autre élève dont j’ai oublié le nom, marcher du fond de la salle, traverser cette dernière où étaient réunis, d’un côté les élèves masculins, et de l’autre les élèves féminines, qui devaient se tenir à l’attention. Et c’est alors que la cérémonie débutait. Après chaque phrase que je lançais, tous les élèves devaient répéter cette dernière. Quant aux élèves qui transgressaient cette règle, ou qui riaient durant la prestation, une enseignante se chargerait plus tard de leur dire d’aller rencontrer….Mère Marie Joseph-Edmond! Vraiment spécial que je me souvienne encore très bien des paroles que j’avais apprises et dont je vous livre le contenu: « Salut au drapeau! Drapeau de ma province Salut! À toi mon respect, ma fidélité, mon amour! Vive ma province! Vive son drapeau! » Une fois ce préambule terminé, un tourne-disque sur lequel on avait déposé un « record » diffusait la musique du « Au Canada », que tous devaient chanter haut et fort. Moi et mes compagnons quittions par la suite la scène, pour amorcer notre retour au fond de la salle, afin d’y déposer le drapeau dans le cachot, résidence secondaire de notre ami Nelson! Un autre petit souvenir de cette époque: Un jeune homme aux cheveux blonds, dont le père était médecin, et qui s’appelait Bernard Cliche, avait emporté un jour une mini-ferme qu’il avait reçue comme cadeau de Noël, avec tous les animaux, ce qui avait vraiment fait plaisir à toute la classe.

À moins de me tromper, Bernard exerce encore la profession de médecin. Sans oublier le couteau de scout de mon ami Onil Poulin, qui était muni de plusieurs gadgets comme une fourchette, un tire-bouchon, une cuillère, et bien sûr une lame. Maudit que j’aurais aimé en posséder un comme celui-là. Autre beau souvenir: Lors de la fête des Mères, notre enseignante Mère Sainte-Louise avait monté une pièce de théâtre, que nous avions présentée à la salle paroissiale, remplie de parents qui avaient beaucoup apprécié notre performance. La religieuse avait confectionné des collets et des manchettes qui s’ajustaient à nos chemises à l’aide d’aiguilles, et qui imitaient l’uniforme porté par les matelots de la Marine. J’ai encore en mémoire le refrain et quelques paroles de la chanson: « Beaux matelots voguant sur l’eau, fendons les ondes………le tour du monde! Autre beau souvenir: les petites séances de cinéma du vendredi. À l’aide d’une sorte de projecteur et d’un rouleau de film, on nous présentait durant une heure des images destinées avant tout à nous inculquer la bienséance, mais qui savaient cependant nous faire plaisir. Nous étions loin d’Internet et des portables! Assez bonne mémoire le vieux bonhomme de 60 ans, ne trouvez-vous pas? 

Classe de 4e année 1959-1960 Micheline Roy

Première rangée de gauche à droite: Yvon Thibodeau, Louison Thibodeau, André Caron, Gaétan Vachon, Luc Thibodeau, Robert Poirier.

Deuxième rangée: Luc Busque, Richard Paquet, Louison Poulin, Roger Poulin, Daniel Labrecque.

Troisième rangée: Nelson Carrier, Richard Poulin, Roger Turcotte, Michel Roy, Raymond Mathieu, Berthier Rancourt.

Quatrième rangée: Michel Beaudoin, Berthier Boutin, Jean-Pierre Landry, Jean-Louis Fortin, Michel Fecteau, Gilles Rancourt.

A gauche: Micheline Roy, enseignante. (Photographe: Wilfrid Beaudoin)

À ma connaissance, un seul élève est décédé, soit: Jean-Louis Fortin.

Quatrième année: Collège des Frères de la Charité (Devenu École Dionne) 6e avenue

Je me souviens qu’on appelait cette classe « la classe de carton », car elle était faite de panneaux de carton rigides, qu’on avait installés dans la salle du Collège situé sur le boulevard Dionne. L’institutrice s’appelait Micheline Roy, était originaire de St-René, et je peux affirmer que c’est l’enseignante féminine dont je conserve le plus beau souvenir. Dotée d’une gentillesse exemplaire et d’un don de soi comme on en retrouve rarement, au point de venir faire passer à la maison les examens d’un élève qui, comme moi, avait dû rester à la maison pour cause d’oreillons. Après plus de 50 années, je continue de tisser avec elle des liens d’amitié grâce à Internet, et je lui transmets les « liens » de mes reportages, en lui avouant souvent que si je rédige des textes qui semblent plaire à la majorité des lecteurs, le mérite en revient ex æquo à M. Denis Poulin, qui m’a enseigné au secondaire, ainsi qu’à Micheline Roy, qui l’a fait au primaire, car ils m’ont appris l’art de la conjugaison et de la rédaction de textes.

Classe de 5e année 1960-1961 Cécile Quirion

Première rangée de gauche à droite: Yvon Thibodeau, Michel Jacques, Gaétan Talbot, Bernard Cliche, Réjean Grégoire, Nelson Carrier, Daniel Labrecque, Christian Drouin.

Deuxième rangée: Régis Beaudoin, Roger Bourque, André Ferland, Michel Beaudoin, Jean-Marc Lévesque, Jacques Turcotte, Marcel Veilleux, Bernard Fortin.

Troisième rangée: Roger Turcotte, Jean-Yves Fecteau-Lessard, ???? Talbot, Jean-Yves Roy, Jean-Luc Quirion, Fernand Doyon, Michel Fecteau, Renaud Poulin.

Cécile Quirion, enseignante. (non présente sur la photo) (Photographe: Wilfrid Beaudoin)

À ma connaissance, cinq élèves sont décédés, soit: Gaétan Talbot, Roger Bourque, André Ferland, Jacques Turcotte, Jean-Yves Roy

Cinquième année: Collège des Frères de la Charité (Même école)

Mme Cécile Quirion, dont je n’ai jamais réentendu parler, et qui était originaire de Beauceville, était également une enseignante qui aimait bien ses élèves. Je me souviens qu’elle nous avait montré une photo de son futur mari, un enseignant détenant plusieurs diplômes, et j’avais été déçu de constater qu’il paraissait beaucoup plus âgé qu’elle, au point de passer pour son père, elle qui était tellement jolie.

Première rangée de gauche à droite: Yvon Thibodeau, Renel Veilleux, Lévis Côté, Luc Toulouse.

Deuxième rangée: Marcel Poirier, Gaétan Talbot, Richard Poulin, ???? Maranda, Fabien Roy, inconnu, Onil Poulin.

Troisième rangée: Jacques Vachon, inconnu, George Paquet, Roland Leclerc, Michel Létourneau, Paul Busque, Jacques Poulin.

Quatrième rangée: Jean-Luc Quirion, inconnu, Michel Fecteau, Fernand Doyon, inconnu, Ghislain Boutin.

A gauche: Mérielle Lacroix, enseignante. (Photographe: Wilfrid Beaudoin)

À ma connaissance, trois élèves sont décédés, soit: Gaétan Talbot, Jacques Vachon, Michel Létourneau

Sixième année: Collège des Frères de la Charité (Même école)

Mérielle Lacroix n’a pas marqué ma jeunesse en tant qu’enseignante. Probablement très correcte, mais aussi bizarre que je puisse m’en souvenir, je ne conserve en mémoire aucune anecdote à son sujet. Je sais qu’elle demeurait près du CSSSB, et je ne l’ai jamais revue.

Classe de 7e année 1962-1963 Frère Stanislas

Première rangée de gauche à droite: Claude-Denis Veilleux, Luc Toulouse, Nelson Veilleux, Carl Trudel, Louison Thibodeau, Yvon Thibodeau.

Deuxième rangée: Régis Beaudoin, Patrick Pépin, inconnu, inconnu, Pierre Allen, Jacques Vachon.

Troisième rangée: Jacques Poulin, Bernard Fortin, Michel Létourneau, Jean-Marie Talbot, Yves Veilleux, Ghislain Boutin, inconnu.

A gauche: Frère Stanislas, enseignant. (Photographe: Wilfrid Beaudoin)

À ma connaissance, cinq élèves sont décédés, soit: Claude-Denis Veilleux, Nelson Veilleux, Jacques Vachon, Michel Létourneau, Yves Veilleux. (Frère Stanislas, décédé)

Septième année: Collège des Frères de la Charité (Même école)

Que dire du Frère Stanislas, frère de la Charité? Craint comme la peste par les élèves, je dois cependant vous dire que je n’ai jamais eu à formuler la moindre critique à son égard. Bien-sûr qu’il était très sévère, si on le compare aux autres frères qui enseignaient et qui avaient toujours un beau sourire. Je me souviens qu’au tout début de l’année, alors que tous les élèves étaient réunis dans la grande salle, et qu’un enseignant lisait la liste de ceux qui feraient partie de la classe du frère Stanislas, un gros soupir de soulagement s’était fait entendre dans la salle, venant de la part de ceux qui ne feraient pas partie de sa classe. Il faut dire que ce dernier n’était pas toujours d’excellente humeur, surtout lorsque nous avions de la difficulté à gober tout ce qu’il tentait de nous dire. On pouvait alors l’entendre vociférer en criant: « Vous ne comprendrez jamais…Rrrrguien » !

Épisode peu reluisant à son crédit: Parce que des élèves n’avaient pas obtenu les notes qu’ils souhaitaient, il avait fait avancer ces derniers en avant de la classe, leur avait demandé de se pencher, et leur avait asséné un coup de règles sur les foufounes, geste qui lui vaudrait aujourd’hui, tout comme celui de Mlle Veilleux, de devoir répondre lui-aussi de ses actes devant les Tribunaux. Seul un élève qui s’appelait Robert avait eu l’audace de lui lancer: « Vous n’avez pas le droit de faire çà », ce qui lui avait permis de s’en tirer sans avoir les fesses aussi rouges que la figure du frère qui avait été décontenancé par cette phrase!

Jamais je n’ai revu le frère Stanislas, mais j’ai appris il y a quelques années que ce dernier avait été hospitalisé, et qu’il était décédé à l’urgence d’un hôpital sans qu’on se soit préoccupé de lui. Triste fin pour une personne qui, malgré la dureté de ses actes, n’était en fait que le produit d’une époque où l’enseignement était délivré par des personnes dont quelques-unes n’étaient peut-être pas les mieux placées pour le dispenser. Est-ce mieux de nos jours? Après avoir permis le tutoiement durant quelques années, on souhaite ardemment revenir au vouvoiement. Puis on commence à se rendre compte que de plus en plus d’élèves terminent leurs études sans pouvoir maîtriser d’une façon correcte la langue française. Finalement, il faut arriver à l’évidence que ceux et celles qui firent partie de nos vies, et qui nous ont inculqué les bonnes manières, l’ont fait selon les méthodes du temps, et que la grande majorité l’ont fait au meilleur de leur connaissance. Malgré les erreurs commises, nous nous devons de leur adresser nos remerciements les plus chaleureux. Malgré que pour certaines, mes remerciements seront un peu moins sincères! Que Dieu ait votre âme, mademoiselle Veilleux!

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