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Cyprienne Morissette : Une vie au service des autres

Cyprienne Morissette en compagnie de Judi Richards, conjointe de l’humoriste Yvon Deschamps.

Par Yvon Thibodeau

 

Contrairement à certaines personnes qui donneront quelques heures de leur temps ou de leur argent, à condition que leur bénévolat soit dûment reconnu par leur communauté, en exigeant par exemple que leur photo soit publiée dans les médias, certaines autres préféreront travailler dans l’ombre, ce qui fait que leur travail aura encore plus de valeur aux yeux de ceux et celles qui bénéficient de leur don de soi. C’est notamment le cas pour madame Cyprienne Morissette.

Je vous avoue que j’ai dû user de tout mon pouvoir de persuasion afin de convaincre cette dame, qui aura 84 ans le 14 février prochain, jour de la Saint-Valentin, pour qu’elle me donne la permission de réaliser un reportage sur sa vie. « Il y a plusieurs autres personnes qui mériteraient cet honneur, car si j’ai décidé de consacrer plusieurs années de ma vie à aider les autres, je l’ai fait parce que j’aimais ça », m’a-t-elle avoué en début d’entrevue. Mme Cyprienne Morin, épouse de Marcel Morissette, est la filleule de Soeur Saint-Cyprien de Carthage (Emma Fortin), missionnaire en Inde durant 39 ans, et du Père Cyprien Fortin, de la congrégation du Sacré-Coeur, fondateur d’une Mission en République dominicaine. Delà lui vint probablement son prénom. J’ai eu le plaisir de faire la rencontre de « Cypi » lors des campagnes électorales, ou encore lors d’activités reliées à la Maison Catherine de Longpré. Chaque fois que je me rendais chez-elle, j’étais toujours étonné de constater que cette dernière était, ou bien en train de rédiger des lettres de remerciement aux bénévoles ou donateurs, ou encore occupée à préparer des activités pour les bénévoles de toutes catégories. La paperasse qui était présente sur sa table de cuisine constituait une preuve que cette dame n’arrêtait jamais, et je me demandais toujours où cette dernière puisait toute l’énergie qui l’habitait.

Mme Morissette en compagnie de quelques-uns des membres du Conseil d’administration ou du Bureau de direction, ou membres du personnel de la Maison Catherine de Longpré

 

Quand on aime faire du bénévolat

Si on prend comme exemple sa soeur aînée, qui a aujourd’hui 92 ans, nul doute que «Cypi» n’est pas prête à mettre fin à ses activités. Son implication sociale a débuté dès l’âge de 12 ans, lorsqu’on lui demanda de vendre des billets de loterie pour les Chevaliers de Colomb, ce qui fut probablement l’élément déclencheur qui lui donna l’idée de fonder la loterie de Catherine de Longpré 50 ans plus tard. Elle fit entre autres partie du mouvement des Croisées, des Lacordaires, de la Brigade de l’Ambulance St-Jean, des Filles d’Isabelle, et du Club de golf St-Georges en tant que présidente et capitaine de la section féminine. En 1984, elle fonda le Club Inner Wheel, lequel était constitué des conjointes des membres du Club Rotary. Elle fut également vice-présidente du comité des fêtes soulignant l’anniversaire de la fusion des deux villes pour former le grand Saint-Georges que l’on connait aujourd’hui.

Trois personnes sans qui la Maison Catherine de Longpré n’aurait peut-être jamais vu le jour: Louise Sévigny, ex-pharmacienne, Cyprienne Morissette, fondatrice, et le Dr Denis Breton, chirurgien.

Cette photo a été prise lors de la soirée-reconnaissance Casino, qui eut lieu le 29 janvier dernier, afin de rendre hommage aux nombreux bénévoles qui donnent beaucoup de leur temps, afin que la Maison Catherine de Longpré puisse continuer d’exister.

Mme Morissette fraya même dans le monde de la politique. D’allégeance fédéraliste, elle s’impliqua lors du référendum de 1980 dans le comité du NON, et en 1995 dans celui du OUI. Le monde municipal lui a également permis de se joindre à l’équipe de bénévoles des députés Hermann Mathieu et Paul-Eugène Quirion. Il en fut de même lors de l’élection à la mairie de celui qui deviendra plus tard ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil. Début 2000, elle fonda l’organisme CESSE, dont le but est de venir en aide aux enfants victimes d’abus sexuels ou physiques. Alors que son conjoint Marcel occupait le poste de Gouverneur du Club Rotary international, et en collaboration avec le Président de la République Dominicaine Salvador Jorge Blanco, et l’aide des Clubs Rotary, elle a aussi participé au projet ayant comme objectif de creuser 11 puits, destinés à alimenter plusieurs villages de ce pays.

Et Catherine parmi tout ça

« Comment en êtes-vous arrivée à fonder la Maison Catherine de Longpré »? « Le tout a débuté par une invitation faite par Inner Weel à Mme Yolande Désilets-Bonenfant, porte-parole de la Maison Michel Sarrazin. Lors de sa conférence, cette dernière nous fit part des problèmes reliés à la liste d’attente de cette résidence, dont le but consistait à donner des soins palliatifs aux personnes atteintes de cancer, qui étaient en phase terminale ». L’idée de fonder une telle maison pour notre région germa alors dans la tête de Mme Morissette, qui s’empressa de rejoindre la majorité des maires des localités environnantes, de même que les présidents des divers clubs sociaux, afin de leur demander s’ils seraient intéressés par l’éventualité de fonder une telle maison, et s’ils pouvaient par le fait même y apporter un soutien financier. La réponse ne se fit pas attendre, car tous avaient conclu à la nécessité de donner suite à ce projet. Les gens impliqués dans le processus visitèrent donc la Maison Michel Sarrazin de Québec, ainsi que quelques hôpitaux qui possédaient des unités de soins palliatifs, notamment le Royal Victoria et l’hôpital Notre-Dame à Montréal, ainsi que ceux de Sherbrooke et de Trois-Rivières.

Des gens impliqués

La participation de plusieurs bénévoles fut nécessaire, et parmi ces derniers, il ne faudrait surtout pas oublier le magnifique travail de Mme Louise Sévigny, ex-pharmacienne au CHBE, du Dr Denys Breton, médecin, des soeurs Augustines, ainsi que l’appui et l’aide du PDG du Groupe CANAM, M. Marcel Dutil. Lors de la Grande Corvée, ayant comme but de recueillir un montant d’argent destiné à mettre en branle ce projet, une somme de plus de 2 millions de $ fut amassée. Quant à la loterie annuelle, fondée par Mme Morissette, son succès est dû en grande partie aux responsables desservant 54 paroisses, et à la très grande générosité de la population. Cette loterie permet de réaliser des profits qui se chiffraient au début à 14 000 $, et avoisinant aujourd’hui les 150 000 $, lesquels servent à défrayer une partie du salaire des infirmières qui oeuvrent à la Maison Catherine de Longpré. Cette dernière a ouvert ses portes le 16 novembre 1989. Près d’une centaine de bénévoles donnent généreusement de leur temps afin d’aider le personnel infirmier, en donnant les soins de base aux patients, ou en travaillant à la réception. Même si elle a dû quelque peu ralentir ses activités, Mme Cyprienne Morissette continue de faire partie du Conseil d’Administration de cette Maison, qui a accueilli jusqu’à ce jour plus de 1 800 personnes. « Quel est votre plus grand désir » lui ai-je demandé en fin d’entrevue. « Je souhaite que la Maison Catherine de Longpré demeure en fonction aussi longtemps qu’il y aura des malades qui auront besoin de celle-ci, pour leur permettre de quitter ceux qu’ils aiment, sereinement et dans la dignité ».

Les photos sont l’œuvre d’Yvon Thibodeau

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