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Paul-Henri Lacasse: 20 ans plus tard

Par Yvon Thibodeau

Le 4 novembre 1990, Paul-Henri Lacasse était élu Premier maire de la nouvelle «Ville de Saint-Georges»  C’est avec une majorité de 1 350 voix sur son plus proche rival, Richard Busque, que le Doc Lacasse ainsi que 5 membres de son équipe de candidats qui militaient sous le vocable «l’Action municipale» ont remporté l’élection leur permettant de diriger les destinées des deux anciennes villes fusionnées. Deux décennies se sont écoulées depuis, et même s’il s’intéresse encore à la politique, ce dernier a fait le choix de ne pas intervenir publiquement concernant les décisions des nouveaux élus, estimant que son temps était fait, et qu’il se devait de laisser les autres prendre leurs responsabilités. Je suis allé rencontrer celui qui a eu 76 ans en décembre dernier, et que ses amis surnomment amicalement… «P.-H.» ou encore…«le DOC»

Pour ceux qui ne l’auraient pas revu depuis quelques années, je peux vous dire qu’il affiche encore son petit sourire taquin, camouflé quelque peu par sa généreuse moustache, qu’il avait choisi de raser, mais qu’il a décidé de laisser repousser, suite aux conseils de son épouse Nicole. J’ai eu le plaisir de côtoyer cette dernière lorsque j’exerçais la fonction de préposé aux bénéficiaires au Soleil de l’Enfance, alors qu’elle y oeuvrait comme infirmière. J’avais alors dit à l’épouse de celui qui avait été maire à Saint-Georges Ouest durant 16 ans que si son conjoint décidait de se représenter, je serais intéressé à me joindre à son équipe de bénévoles.

Paul-Henri Lacasse, dit « Le doc » a eu  76 ans le 21 décembre dernier et malgré quelques problèmes de santé, l’ex-maire de Saint-Georges continue d’apprécier chaque moment passé en compagnie de son épouse Nicole, ses enfants Serge et Geneviève, leurs 3 petits-enfants, ainsi que…Couga, le petit caniche.

Cette suggestion n’était pas tombée lettre morte, puisque le soir même, je reçois un téléphone de P.-H. qui me dit: « Yvon, tu va être mon organisateur dans le quartier B-4, et tu vas faire élire mon candidat Benoît Courtemanche !!! » Je vous avoue que ma pression a dû monter de quelques chiffres, car je ne m’attendais pas du tout que mon implication se serait traduite en acceptant ce travail.  Bien, croyez-le ou non, mon candidat fut élu avec une forte majorité, et j’ai appris qu’en politique, une élection, « Ça se gagne en travaillant très fort, et en allant chercher un vote à la fois ! »

En me présentant chez lui, j’ai bien senti à la lueur que je voyais dans ses yeux que ma présence lui faisait plaisir. Dès que je lui ai demandé s’il acceptait de me donner un petit interview, j’ai retrouvé le vieux politicien aguerri des années passées, qui n’a pas vraiment changé. « Dis-moi P.-H. , quelles furent tes plus belles réalisations à toi et ton équipe lors de votre passage au Conseil de ville » lui ai-je demandé en tout début d’entrevue. « Ses yeux s’illuminèrent lorsqu’il me dit: « la réfection du boulevard Dionne, la canalisation du réseau d’aqueduc et des eaux usées, l’entrée nord de la ville et le pont de la Famine, l’aménagement de quelques parcs, notamment le parc Pomerleau et celui qui porte aujourd’hui mon nom, l’enfouissement du ruisseau Jérôme, etc. » Ruisseau Jérôme, çà je l’apprécie, que je lui dis, car ma résidence est presque entièrement bâtie sur ce ruisseau, qui inondait le terrain de mon père dès qu’il pleuvait durant quelques heures. Imaginez ce qui se serait produit avec les pluies que nous avons connues récemment! De plus, il ne faudrait pas oublier que c’est Paul-Henri Lacasse et son équipe qui ont procédé à tout la négociation qui a dû être faite, afin que l’ancien Couvent des Soeurs du Bon Pasteur devienne en 1995 le Centre culturel Marie-Fitzbach.

Cette photo fut prise en 1961, alors que le Capitaine Paul-Henri Lacasse faisait partie des Casques bleus stationnés à Rafah, en Égypte. On le voit ici recevant la Médaille des Nations Unies, pour services rendus à sa patrie.

Peu de gens sont au courant qu’avant de se lancer en politique, le fils de Roméo Lacasse de St-Victor de Beauce, et d’Alexandrine Rodrigue de Beauceville, a fait une brillante carrière dans les Forces armées canadiennes, en tant  que Lieutenant-colonel et médecin. Après avoir fait ses études en médecine et servi dans la Bande de Gaza,  il obtiendra son diplôme en 1960 et il séjournera en Égypte une autre année, en compagnie des Casques bleus. Il rencontrera alors le roi Hussein de Jordanie et le militaire et homme politique israélien Moshe Dayan.  Par la suite, il reviendra passer un an au Manitoba, dans la ville de Shilo, après quoi il reprendra du service en Allemagne, où il s’établira à Soest, avec les Forces de l’OTAN. Et la politique dans tout çà? À son retour d’Europe, en 1967, le comité des loisirs de St-Georges Ouest lui demande d’accepter d’être le président de la campagne de souscription ayant comme but d’amasser des fonds pour la construction d’une nouvelle piscine au Parc des Sept-Chutes. Suite au succès de cette levée de fonds, on lui demande en 1970 de se présenter à la mairie de la même ville, face au candidat Marie-Louis Morin, qui se désistera, ce qui permettra au futur maire d’être élu…par acclamation!

Lors de notre rencontre, j’y suis allé de quelques questions en rafale:

Qu’elle a été ta plus grande déception en tant que maire?

« J’aurais bien aimé que la population ne s’oppose pas à mon projet de mettre en chantier une piste d’hébertisme, près de l’École Trinité. Nous avons alors perdu une subvention de 600 000 $, incluant la promesse du gouvernement de la financer durant 10 ans. »

Tout bon ex-politicien doit continuer à s’intéresser à ce qui se passe dans le monde. Même s’il a décidé de ne pas s’immiscer dans les décisions prises par les nouveaux élus de notre ville, Paul-Henri Lacasse se tient bien informé des événements qui font partie de la scène municipale, provinciale, fédérale et…mondiale.

Que penses-tu de notre système de santé?

« Attendre plus de 3 mois pour obtenir un rendez-vous chez un médecin, ça me dépasse! Avec les départs des médecins et infirmières qui se sont faits, çà va prendre entre 15 et 20 ans avant que la situation s’améliore. J’attends personnellement depuis 2 mois pour rencontrer un spécialiste, et je ne me servirai certainement pas de mon titre de médecin pour accélérer les choses. D’un autre côté, il faut aussi savoir que les gens satisfaits et qui ont reçu de bons soins ne le disent pas assez. »

Quel est ton point de vue sur l’euthanasie?

« Je suis contre le fait de mettre à mort une personne sous prétexte qu’elle le demande. Par contre, en tant que médecin, je ne m’opposerais pas ce qu’une médication soit prescrite afin de soulager des douleurs extrêmes, même si cette médication pourrait avoir comme effet de réduire la durée de vie du patient. »

Parle-moi de Stephen Harper

« Il a une force morale qui fait en sorte que souvent, il va envers et contre tous. Il n’a pas peur de ses prises de position, même si elles sont parfois impopulaires. Il va droit au fond des choses. Mais il présente des lois qui plaisent à..l’ouest du pays. »

Et la politique telle qu’elle se présente de nos jours

« Parlons de la commission Bastarache; je pense que çà va finir en queue de poisson et qu’on ne saura probablement jamais la vérité, sauf peut-être dans …40 ans. Même si je pense que Jean Charest a fait son temps, et que ça prend du sang neuf, tout ça me fait penser qu’il s’agit d’une sorte de vengeance à l’endroit du premier ministre. Je crois que Marc Bellemarre est un peu frustré de ne pas avoir réussi à faire passer sa loi, et il n’a pas apprécié son passage en politique. Quant au témoignage de Charest, je lui fais confiance et je pense qu’il a dit la vérité. »

La fameuse désinstitutionnalisation

« Ça aurait pu être excellent pour certaines personnes de retourner dans la société, si seulement on avait investi les dollars dans les équipes qui auraient pu s’en occuper. Je regarde ce qui se passe actuellement, et je vois beaucoup de souffrance parmi ceux qu’on a sortis des institutions. Il y en a qui pouvaient sortir, mais pour certains, c’était vraiment impensable. Ces derniers encombrent les urgences des hôpitaux, et le personnel en place ne sait plus quoi faire, car ceux qui y travaillent n’ont pas été formés pour s’occuper de ces personnes. » ( NB: Le docteur Paul-Henri Lacasse a oeuvré durant plus de 18 années comme médecin au Sanatorium Bégin, qui abritait plusieurs centaines de personnes souffrant de maladies mentales. Suite à un grave infarctus, il a dû prendre sa retraite.)

En terminant, que penses-tu des ….journalistes?

« Je constate que de nos jours, les journalistes ont accès à tout, en vertu de la loi sur l’accès à l’information. Ils découvrent des choses que plusieurs députés ignorent. Certains journalistes sont avides de scandales et tentent de se faire un nom de cette manière. Ils critiquent sans jamais apporter de réponses. Ils ne disent jamais quand quelque chose est bon. Avec les nouvelles chaînes de nouvelles continues comme RDI ou LCN, les journalistes doivent trouver de la nouvelle! »

Reportage et photos couleur : Yvon Thibodeau

Je tiens à remercier Paul-Henri Lacasse et son épouse Nicole de m’avoir permis de mieux faire connaître celui qui a consacré la majeure partie de sa vie au service de ses concitoyens.

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