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La chaleur du Chili au cœur de la Beauce

Elena Latrille

Elena Latrille, Chilienne d’origine, est arrivée au Canada en 1981, «ballottée» entre l’anglais et le français durant une vingtaine d’années, s’est établie dans la Beauce, plus précisément à Saint-Victor, grâce à un Beauceron qui décidait de revenir «au pays» après avoir travaillé au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

Mme Latrille avait quitté son pays natal en 1977, avec la petite famille parce que son conjoint souhaitait s’établir en Brésil. Ils y ont vécu durant un peu plus de quatre ans. Son époux disait souvent que «le paradis c’était au Canada».La famille est donc arrivée au Canada par Vancouver pour prendre la route de Montréal où tout le monde s’est mis à l’apprentissage du français grâce au Centre d’orientation et de formation des immigrants (COFI). Tout allait bien jusque-là, les enfants s’intégraient rapidement et même si c’était un peu ardu pour le couple, l’usage du français se faisait assez bien dans l’entourage immédiat, mais ce n’était plus du tout la même chose lorsque l’on partait à la recherche d’un emploi. Les employeurs exigeaient aussi la connaissance de l’anglais, même pour travailler dans une manufacture, où l’on fabriquait des petites boîtes à bijoux.

Le conjoint, ingénieur de formation, avait plus de difficulté à se trouver un emploi, surtout dans le domaine de sa formation. On prend donc la décision d’aller en Ontario, là où l’on n’exigera pas la connaissance de deux langues, mais, pour Ellana Latrille, le Canada c’était un pays bilingue d’un océan à l’autre. Elle constate donc rapidement que ce n’est pas la réalité. Alors, établi à Windsor, on se met à l’apprentissage de l’anglais.

Pour cette mère de famille, ce qui est le plus difficile c’est de toujours recommencer à «zéro»; tisser des liens d’amitié et s’enraciner dans un endroit pour ensuite repartir du début dans une autre ville. Ce qui la console, c’est de constater que les enfants s’intègrent facilement et se font rapidement des amis.
À la suite d’un accident, son conjoint est décédé. Mme Latrille se retrouve seule avec ses trois enfants qui sont dans la pré-adolescence. La question qui se pose alors pour elle, c’est de décider si elle reste au Canada ou si elle retourne dans son pays auprès de la famille, dont sa mère avec qui elle conserve des liens étroits.

Elle prend la décision de rester et se met à étudier pour terminer son secondaire en anglais, à Windsor tout en poursuivant des études en secrétariat. Elle fait du bénévolat avec la Croix-Rouge et aussi à l’école tout en travaillant à l’université.

C’est par un concours de circonstances, qui est aussi un concours oratoire auquel participe l’une de ses filles, qui alors une douzaine d’années, qu’elle fait la rencontre de Serge Bergeron, qui enseigne à Windsor. La fille de M. Bergeron participe aussi à ce concours oratoire qui se tient à Hamilton parce que c’est la finale provinciale. Les deux fillettes, qui ne se connaissent pas, fréquentent des écoles différentes.

C’est ainsi que «notre Beauceron», bon parleur, on le devine, tisse des liens étroits avec Mme Latrille qui se laissera conquérir. Peu à peu, on peut deviner facilement la suite, puisque ni l’un ni l’autre n’affectionne particulièrement la ville de Windsor, ils se fréquentent plus régulièrement. Bref, comme Serge Bergeron, qui est originaire de Saint-Éphrem, possède un chalet au lac Fortin, il invite Elena à venir visiter le pays de l’érable.

La suite ? C’est que M. Bergeron, prend sa retraite de l’enseignement en 2001 et invite sa nouvelle compagne à le suivre à Saint-Victor où ils partiront un journal mensuel «L’étoile du citoyen» , qui a fermé ses portes récemment. On peut relire l’article que nous avons écrit sur la fermeture du journal l’Étoile du citoyen.

C’est à Saint-Victor que Madame Latrille a été frappée par un cancer. Elle a combattu tout en s’acharnant à travailler, entre autres, comme infographe pour le journal de son conjoint.

À la présidence du Cercle des fermières de Saint-Victor
Elle a même posé sa candidature à l’élection municipale de novembre 2005, mais les électeurs ne l’ont pas élu. Peut-être qu’on n’était pas prêt à élire à ce moment une Beauceronne venue d’ailleurs. C’est M. Pierre Rochette, qui s’est retiré comme conseiller municipal, qui a défait Mme Latrille.

Elena Latrille ne peut rester là sans rien faire. Elle s’est intéressée à ce que les femmes de Saint-Victor et c’est au Cercle des fermières qu’elle s’est retrouvée alors que des liens se sont établis entre ses femmes grâce au tissage, que l’on soit en Amérique du Sud ou au Québec, la façon de tisser reste la même.

Aujourd’hui Elena Latrille est la présidente du Cercle des fermières de Saint-Victor et elle s’est aussi impliqué dans plusieurs activités dont dans l’association pour la protection de l’environnement du lac Fortin, la maison des jeunes, Trajectoire 150, lors du 150e anniversaire de la municipalité de Saint-Victor, comme bénévole au sein de la bibliothèque municipale ainsi que dans le groupe ICI (intégration communautaire des immigrants à titre de bénévole.

Au Cercle des fermières de Saint-Victor, Mme Latrille organise avec les membres diverses activités afin d’intéresser les jeunes aux divers métiers afin de s’assurer d’une relève.

Nous avons appris, ces jours-ci, que Mme Latrille venait d’être choisi secrétaire, au niveau région, des Cercles de fermières.

Avec son sens artistique, Elena Latrille, pour passer le temps, s’est mise à fabriquer de petits bijoux, comme des pendentifs, en recyclant des contenants pilules qu’elle faisait fondre, au four, pour leurs donner diverses formes et couleurs comme celui qu’elle tient dans sa main.

Aujourd’hui, les deux filles d’Elena Latrille travaillent et habitent à Windsor alors que son fils travaille en restauration à Québec.

Il est difficile de résumer le cheminement de quelqu’un en moins de trois pages, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’Elena Latrille a fait preuve de persévérance et de détermination à partir du moment où elle a quitté son pays il y a maintenant plus de trente ans et, en plus de sa langue maternelle, elle a dû s’adapter au portugais, à l’anglais et au français.

À cette Beauceronne venue d’ailleurs, nous lui souhaitons beaucoup de succès dans sa Beauce.

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