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Les trous noirs et les zones grises du pouvoir

« La démocratie ne dure, pour le peuple, que le temps d’aller de l’isoloir à l’urne. »

Grâce au télescope Hubble, les astronomes viennent de découvrir l’existence d’un trou noir à proximité de notre galaxie…  Il est étonnant que ces doctes savants cherchent si haut ce qu’on peut trouver ici-bas.  S’ils avaient seulement pris la peine de sonder notre région, ils y auraient découvert une multitude de trous disséminés au hasard de nos routes.  Mais ils nous diraient que les leurs exercent une force d’attraction telle, que toute matière qui s’en approche en reste prisonnière…  Et puis après?  Les nôtres engouffrent bien du bitume jusqu’à plus soif sans que jamais rien n’en ressorte!  Alors, comment expliquer cet engouement pour les trous sidéraux quand des trous gisent abondamment à nos pieds?  Comment expliquer aussi que les scientifiques qui veulent percer les mystères de notre monde ne se soient jamais penchés sur les trous de la planète?

Historique

Depuis la nuit des temps, l’homme cohabite malgré lui avec les trous.  S’il a réussi à en apprivoiser quelques-uns, il n’en reste pas moins qu’il les considère généralement comme dangereux, méprisables, sournois, voire même diaboliques.  Et pourtant, les paléontologues affirment que l’évolution de l’homme n’aurait pu se faire sans cette domestication.  C’est en façonnant ses premiers outils contondants que l’homme a découvert qu’il pouvait se défendre et que c’est avec les outils tranchants qu’il pouvait attaquer et trouer allegro ou piano ma non troppo son adversaire.  Il s’en est suivi le développement des armes perforantes tel l’épée, arc, flèche, lance et finalement mousquet et canon.  Côté pratique, c’est le trou qui a lancé la mode.  Car si on dit parfois en rigolant « Il n’a pas inventé le bouton à quatre trous », on oublie que jamais le bouton n’aurait pu être inventé sans la boutonnière…  Un bouton n’est rien d’autre qu’une plaque circulaire attirante de trous.

Mais en général, le trou est dénigré ou carrément ignoré. Les pacifistes s’opposent à son exploitation militaire.  Les écologistes l’ignorent souverainement.  À leur décharge, il faut dire que la zoologie est déficiente et que le trou, faute de répondre à des critères propres à en déterminer la race, échappe à toute classification dans le règne animal.  Car les trous sont des êtres vivants!  Ils respirent, ils se reproduisent et s’ils sont dépourvus de vision, remercions-en le ciel sinon Brigitte Bardot, furibonde, se porterait à leur défense en se faisant photographier à côté d’un petit trou chétif et au regard larmoyant!

Il existe un nombre infini de races de trous.  La domestication de certaines a été profitable à l’homme :  en rassemblant, par exemple, une infinie quantité de tout petits trous que l’on borde de fil métallique ou de nylon, on obtient la moustiquaire!  D’autres sont simplement mangés, tels les trous de beignes

Zoologie

On sait très peu des trous qui vivent à l’état sauvage sur nos routes.  Mais nous savons tout de même qu’ils se reproduisent en s’attirant des bosses qui, comme chacun le sait, ne sont que des trous à l’envers et qu’ils serrent de près en glapissant en écho.  La mise bas se fait en hiver sous la neige et la glace.  Si l’hiver est rude, le trou grossira à vue d’œil et deviendra précipice ou gouffre, à moins que ce ne soit une caverne qui finira par éclore au soleil par un beau jour de printemps.  Bitumivore, il ne dédaigne pas de se sustenter de ciment, de gravats ou, à l’occasion, de quelques pièces d’automobiles.  Son système de défense est passif :  si vous l’attaquez en lui bouchant un coin, il migrera à votre insu pour réapparaître plus loin au mauvais endroit et au mauvais moment.

De le science

Les savants, eux, tournent autour du trou, mais ils semblent éviter comme la peste de s’y engager à fond.  Et ceux qui s’y penchent sont de facto classés spécialistes de l’insignifiance.  Malgré tout, certains en ont effleuré le sujet, l’ont gratté en surface ou en ont fait un rapide survol, mais sans jamais obtenir de résultat probant.  Le mystère persiste et le trou continue d’offrir matière à réflexion.  Car il y a de grandes questions qui restent sans réponses :  qu’arrive-t-il lorsqu’on coupe un trou en deux?  Obtenons-nous deux trous ou deux demi-trous?  Dit-on deux demi-trous?  Est-on alors en mesure d’établir une différence entre un trou entier et un demi-trou?  Impossible, et si on répond par deux trous on va à l’encontre des règles mathématiques et de la loi des nombres entiers.  Si on affirme qu’un trou n’est rien, alors on se retrouve avec moins que rien.  Si on le divise en trois, on se retrouve avec trois fois rien, et pourtant, au départ, c’était un entier!  Car un trou est, mais n’existe pas.  Autre exemple :  peut-il y avoir un trou dans le vide?  Si les théories sur l’antimatière sont exactes de quoi les trous seraient-ils faits?  Définir un trou comme une absence de matière est paradoxal :  comment quelque chose pourrait-il exister par le vide ou l’absence de matière si justement celle-ci est essentielle à l’existence d’un tour?  Ces questions donnent le vertige!  Et on a pas abordé le rôle du trou dans l’antimatière ou dans les mondes parallèles ou paranormaux.  En quoi le trou influence la vie des  anges?

De l’humour

De leur côté, les humoristes ont exploité le sujet.  Rappelez-vous ce dessin animé où un personnage se promène avec un attaché-case plein de trous dont il se sert pour faire mille et un coups pendables :  coller un trou sur le mur d’une banque qu’il dévalise;  semer ses poursuivants en leur lançant un trou dans lequel ils tombent;  coller un autre trou sur un mur, puis passer à travers le mur et une fois de l’autre côté, récupérer le trou…

Des relations humaines

Les trous ont, au chapitre des relations humaines, des effets étranges.  Par exemple, un PDG à qui une jolie femme demande un rendez-vous impromptu découvrira comme par magie un trou dans son horaire.  Mais qu’un raseur se présente et il ne se trouvera pas une minute de libre et l’agenda s’avérera rempli pour des mois et des mois à venir.  Et combien de criminels se sont retrouvés derrière les barreaux ou à la potence à cause d’un trou dans leur alibi!

Questions de langue

Mais grâce à la linguistique, on réalise l’ampleur du phénomène qui nous incite à éviter le mot trou ou à en nier l’existence.  Ainsi, hormis les quelques exemples donnés ci-haut, on découvre que le trou, sitôt domestiqué, change de nom : le fossoyeur ne creuse pas un trou, mais une fosse;  un trou moyennement important devient excavation;  la couturière ne passe pas son fil dans le trou de l’aiguille, mais dans le chas.  Faites un trou, mettez-lui un fond et selon son usage et sa grosseur vous aurez un verre, une chaudière ou un panier.  Mais prenez garde au panier percé!  Par contre, si le trou est en tissu, on a une poche et s’il y a  un trou à cette poche on est en perte, ce qui prouve que la somme de deux trous donne un résultat négatif.  Ainsi, les exigences de la langue montrent que l’homme se sert des trous sans leur reconnaître d’existence.  En fait, on dénigre le trou de façon systématique et on nous inculque des notre plus jeune âge qu’il faut le craindre.  Qui, d’entre nous, ne s’est pas fait dire :  « Ne va pas jouer dans le trou » ou encore : « Attention au trou »! Puis plus tard :  « Ne fréquentes pas cet endroit, c’est un trou »! Une fois adulte, le citoyen ne voit plus dans le trou qu’un bouchon de circulation et un obstacle à sa liberté de circuler.  Mais il ne réalise pas qu’il est victime d’une propagande anti-trou savamment orchestrée par nos têtes dirigeantes qui s’assurent ainsi de rester au pouvoir ou tout au moins justifient leurs salaires.

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